Traque et persécution des militants de l’opposition:Le régime procède désormais à des enlèvements

Lundi 21 Mai 2012 - 23:34


Traque et persécution des militants de l’opposition:Le régime procède désormais à des enlèvements
Suite aux rumeurs de tentatives de coup d’Etat et d’opérations de reprise de prisonniers évadés qu’il fait officiellement circuler pour tromper la vigilance des organisations des droits de l’homme, le régime d’Alassane Ouattara poursuit son épuration au sein de la population ivoirienne.
Dans la matinée du dimanche 20 mai, le fédéral FPI de Duékoué, Sina Anicet, réfugié à Abidjan, précisément à Port- Bouët (Adjouffou), après avoir échappé aux massacres de Duékoué, a été rattrapé par des ravisseurs au niveau du supermarché Discount de son quartier de résidence.
Descendus d’un véhicule de type 4X4 aux vitres teintées, des individus, en tenue militaire et en tenue civile, identifiés par des témoins comme étant des éléments des Frci et des militants Rdr, ont intercepté ce responsable local du Fpi qu’ils ont conduit vers une destination inconnue. Au moment où celui-ci, en compagnie de son épouse, s’apprêtait à emprunter un taxi pour rejoindre son domicile. «Tu as fini d’envoyer les armes à Duékoué et puis tu es venu te cacher ici», lui ont-ils d’abord lancé au visage avant de l’embarquer dans leur véhicule stationné à la hauteur de la victime. L’épouse du fédéral s’accroche à lui mais est violemment repoussée. Elle a dû assister, la mort dans l’âme, à l’enlèvement de son conjoint avec qui elle a échappé aux massacres de Duékoué perpétrés par les forces pro-Ouattara qui l’ont emmené vers une destination inconnue. Jusqu’à ce que nous mettions sous presse, Sina Anicet restait introuvable. Il y a quelques semaines, le même scénario s’est produit à Yopougon où des éléments des Frci, accompagnés d’indics Rdr, ont repéré et enlevé le responsable de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) de la cité «U» de Williamsville, le général Brico, qui croupit actuellement à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Depuis que le ministre Hamed Bakoyoko a lancé l’opération d’envergure de rafle générale dans tout le district d’Abidjan pour reprendre les prisonniers évadés, alors que lui-même avait dit, après les évasions de la Maca, qu’ils avaient été repris quelques heures seulement après leur fuite, l’on assiste à de véritables traques, enlèvements et tortures d’une catégorie d’Ivoiriens bien ciblée. Notamment les militants et sympathisants du parti de Laurent Gbagbo. Avec l’aide de certains militants du Rassemblement des républicains (Rdr) vivant dans les quartiers et ayant bien identifié «les pro-Gbagbo» de ces quartiers.
Selon de nombreux témoignages de leurs parents, les victimes enlevées sont conduits soit dans le grand camp de la Brigade antiémeute (Bae) de Yopougon soit dans la forêt du Banco. Une fois à ces endroits, ils sont soumis à toutes sortes d’humiliations inhumaines, notamment la torture, afin de leur arracher des aveux que le régime compte brandir comme preuves de tentative de déstabilisation. Le Nouveau Courrier, dans sa parution du week-end dernier, avait également fait cas d’une «liste noire» dont une copie se trouve également aux mains de la coalition «Frci-militants Rdr» qui agit en toute quiétude dans le district d’Abidjan. Une liste sur laquelle sont répertoriés des responsables politiques, de la société civile et des responsables de presse dont les fréquentations dans le cadre de l’exercice de leur métier sont suivies de très près par les hommes de Ouattara.
Depuis que cette opération de rafle qui cache mal une volonté de chasse aux sorcières a été lancée, une peur panique s’est emparée de la population abidjanaise, notamment dans les communes de Yopougon et de Port-Bouët, victimes également de braquages d’éléments Frci.
Par Gilles Naismon
Source: Le Nouveau courrier du lundi 21 05 mai 2012
 
Rafles généralisées Plusieurs personnes arrêtées aux Deux-Plateaux
 
Après la commune de Yopougon, les arrestations dans le cadre des rafles généralisées ont touché Cocody. Ainsi ce vendredi 18 mai, ce sont au total 242 personnes qui ont été raflées aux Deux- Plateaux et à Angré avant d’être conduites au camp de gendarmerie d’Agban. Au nombre de celles-ci, on note des enseignants, des élèves qui revenaient de l’école, des taximètres, des garagistes, etc. Appréhendés vendredi dernier par vagues successives entre 19 heures et 3 heures du matin, c’est samedi sous le coup de 16 heures qu’ils seront relaxés. Après que les FRCI ont procédé à des vérifications des
empruntes digitales qui, selon toute vraisemblance, n’ont rien donné. Il n’y avait donc pas parmi les personnes arrêtées d’évadés; motif qui a servi à lancer cette opération. A Agban, les infortunés ont dû passer la nuit à la belle étoile, exposés à la fraicheur en ces temps de pluie. Le lendemain, c’est lorsqu’il pleuvait qu’ils ont été retirés dans la salle de conférence pour s’abriter. Mercredi déjà, les Frci avaient investi les Deux-Plateaux dans le cadre des rafles généralisées.
Anderson Diédri
Source: Le Nouveau courrier du lundi 21 05 mai 2012
 




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