Traque des pro-Gbagbo: Dramani vend les exilés ivoiriens à Ouattara

Les arrestations successives les Ivoiriens refugiés au Ghana sont venues donner un coup de froid dans le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire.

Jeudi 7 Février 2013 - 00:46


Traque des pro-Gbagbo:  Dramani vend les exilés ivoiriens à Ouattara
Soro Guillaume avait bien prévenu qu’après l’élection de John Dramani, les choses allaient évoluer dans le sens souhaité par les nouveaux dieux d’Abidjan. Le temps lui a donné raison. Depuis la confirmation de John Dramani dans le fauteuil présidentiel par l’onction populaire en décembre 2012, le harcèlement des exilés ivoiriens sur le territoire ghanéen a pris une tout autre allure : ils sont désormais livrés pieds et mains joints par les autorités ghanéennes à leurs homologues ivoiriennes. Ainsi, après la grosse prise qu’a été l’arrestation de Charles Blé Goudé le 22 janvier dernier, c’était hier au tour du syndicaliste Jean-Yves Dibopieu, ex- secrétaire général de la Fédération scolaire et estudiantine de Côte d’Ivoire (Fesci) et du très redouté Abéhi, ex-commandant du camp Agban qui, lui, troublait sérieusement le sommeil du président-ministre-de-la Défense Dramane Ouattara. Si pour l’instant, l’on n’a aucune nouvelle précise sur le lieu et les conditions de détention de ces derniers, l’on sait en revanche que ces « livraisons à domicile » sont le fruit d’une franche collaboration entre le Bureau national of investigation (Bni) et Interpol. De là à affirmer que si deal il y a eu, c’est certainement entre Dramane et Dramani, il n’y a qu’un pas que l’on pourrait allègrement franchir sans risque de se tromper.  Sinon comment expliquer la parfaite coïncidence entre les déclarations de Soro Guillaume qui assurait que les choses allaient évoluer du côté d’Accra si M. Dramani était élu et ses arrestations en cascade ? A cette allure, il ne faut pas s’étonner que les Koné Katinan, Assoa Adou, Damana Pickass et consorts soient extradés et présentés tels de vulgaires bandits comme ce fut le cas des Lida Kouassi, Séka Séka, Blé Goudé et autres. Le Ghana ou le piège bis du Pergola Le voisin de l’Est ivoirien est devenu une souricière pour les exilés qui croyaient y avoir trouvé refuge. Le piège s’est refermé sur eux. La précaire sécurité qu’offrait le pays de Nkrumah était certainement et uniquement due à la présence rassurante de John Kufor, homme d’Etat fort humaniste et très attaché aux lois de son pays. Le pouvoir ayant changé de main, ceux qui ont fui la barbarie de l’armée pro-Ouattara, baptisée pour les besoins de la cause Forces républi- caines de Côte d’Ivoire (Frci), sont désormais à la merci du régime déshumanisés d’Abidjan. C’est en quelque sorte l’histoire qui se répète. En effet, lors de la guerre post-électorale, les collaborateurs et partisans du président Laurent Gbagbo ont cru bon se mettre à l’abri dans le camp des soldats onusiens basés à l’Hôtel Pergola. C’est ainsi qu’ils se sont rassemblés dans cet espace, encouragés qu’ils sont par l’Onuci, la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire. Croyant être en sécurité, ces derniers seront malheureusement livrés par les Casques bleus de l’Onu censés les protéger à leurs bourreaux. La suite, on la connait. Autres cieux même réalité. Les exilés au Ghana ont cru, encore une fois, être à l’abri du harcèlement du régime Ouattara. Ils s’étaient fiés aux déclarations du président intérimaire John Dramani lorsque l’affaire Katinan battait son plein. « ...Je ne suis pas en charge du dossier, je ne suis pas juriste, je suis historien et communicateur de formation. Ce que je souhaite est que l´on laisse la justice de mon pays faire son travail. Cette affaire relève de la justice ghanéenne et tous ceux qui veulent la ramener sur le terrain politique auraient dû se rendre à l´assemblée générale des nations unis où nous avons parlé de l´état de droit. Je pense qu´ils auraient beaucoup appris ! », avait répondu M. Dramani en novembre 2012 alors qu’il était accusé par ses adversaires de servir de paravent aux exilés ivoiriens. Erreur d’appréciation ! Car une fois confirmé dans son fauteuil, voici que M. Dramani montre un autre visage jusque-là inconnu. Les uns après les autres, ceux qui ont fui la furia des Frci, sont en train de « rentrer au pays » de la façon la plus humi- liante possible. Hier Blé Goudé, aujourd’hui Abéhi et Dibopieu. Demain à qui le tour ? Le président John Dramani doit s’expliquer sur ces livraisons qui sèment la psychose au sein des refugiés qui croyaient avoir trouvé la sécurité chez lui.

Gérard Koné

Source: Le Nouveau Courrier N°719 du Mercredi 06 Février 2013




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