Transfèrement de Simone Gbagbo: Les 2 scénarios qui coincent Ouattara

La Cour pénale internationale ( Cpi) semble peu disposée à relâcher la pression sur le gouvernement ivoirien s'agissant du cas Simone Gbagbo, dont elle réclame le transfèrement à La Haye.

Mardi 11 Décembre 2012 - 07:29


Transfèrement de Simone Gbagbo: Les 2 scénarios qui coincent Ouattara
 En témoigne le débarquement en terre ivoirienne d'une délégation de cette juridiction internationale, la semaine dernière. Le séjour en Côte d'Ivoire, de ces émissaires de la Cpi, on s'en doute, n'est pas étranger au cas Simone Gbagbo.

Recevant ces collaborateurs de Fatou Bensouda le 5 décembre dernier, le ministre de la Justice et des Droits de l'homme, Gnénéma Coulibaly, a trahi tout l'embarras du gouvernement relativement au dossier Simone. « Nous donnerons bientôt la position officielle du gouvernement », a-t-il déclaré à ce sujet. 

Pratiquement le même propos tenu au lendemain de l'annonce de la levée des scellés sur le mandat d'arrêt émis contre l'épouse de Laurent Gbagbo. Depuis ce 22 novembre où la Cpi a pris sur elle de rendre public ce mandat d'arrêt jusque-là gardé secret, les autorités ivoiriennes semblent à l'évidence gênées aux entournures. D'où cette impression que le gouvernement bégaie quand il est interpellé sur la question.
Du ministre de la Justice et des Droits de l'homme, Gnénéma Coulibaly à Alassane Ouattara lui-même en passant par le Premier ministre Daniel Kablan Duncan, tous paraissent coincés par le cas Simone. «  Il faut qu'on ne se presse pas et qu'on laisse le temps au temps, que l'on voie toutes les conséquences avant de prendre une décision », s'est montré réservé Duncan.

Quand le chef de l'Etat déclarait pour sa part qu'« elle peut être jugée en Côte d'Ivoire ». Des propos qui en disent long sur la valse hésitation des autorités ivoiriennes, visiblement désarçonnées par la publication du fameux mandat d'arrêt contre l'ex-première dame. Et le retrait inattendu du projet de loi sur le statut de Rome,  texte fondateur de la Cpi, en rajoute à cette impression de balbutiement du gouvernement, preuve qu'il est en bien mauvaise posture. C'est qu'en balançant le mandat d'arrêt contre Simone, la Cpi ne laisse pas à Ouattara une grande marge de manœuvre.

A la vérité, elle ne lui laisse qu'une alternative : livrer l'épouse de Laurent Gbagbo actuellement en détention à Odienné ou s'opposer à son transfèrement. Dans l'un  ou l'autre cas, il devra en subir les conséquences. S'il lâche l'ex-première dame entre les griffes de Fatou Bensouda, il devra se résoudre à laisser suivre tous les autres dont les noms sont inscrits sur la liste noire de la Cpi ; notamment les personnalités de son camp qu'on dit être sous le coup des mandats d'arrêt en préparation. Prendre le risque d'ouvrir la boîte de pandore, c'est assurément s'exposer aux incertitudes que pourrait engendrer la grogne des partisans des futurs pensionnaires pro-Ouattara de la prison de Schveningen.

Refuser de livrer Simone à la Cpi, c'est courir le risque de vexer les décideurs de cette Cour, qui pourraient soit engager un bras de fer avec Abidjan, soit tirer toutes les conséquence de ce refus, relativement au dossier Laurent Gbagbo. Il n'est pas exclu qu'en réaction à ce deux poids deux mesures des autorités ivoiriennes, la Cpi décide de se débarrasser de la patate chaude que lui ont filée Ouattara et la communauté internationale quelques semaines après les violences post-électorales. Le chef de l'Etat verrait par ailleurs sa crédibilité mise à mal, lui qui se défend d'instaurer une justice des vainqueurs. La meilleure preuve, n'est-ce pas de faire juger Simone par la Cpi comme son époux, Laurent ?

Assane NIADAS

Source: L'Inter.



 




 





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