Transfèrement de Blé Goudé à la Haye: Des arguments qui ne valent pas un clou

Ouattara a donné hier (jeudi 20 mars 2014) son accord offi- ciel pour transférer Charles Blé Goudé à la Cpi. Une décision fondée sur des arguments bien spécieux.

Samedi 22 Mars 2014 - 07:00


Le gouvernement ivoirien réuni hier, jeudi 20 mars 2014, en conseil des ministres en présence du chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, a officiellement donné son accord pour le transfèrement de l’ex-ministre et président du Cojep, Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale (Cpi) à La Haye. On se souvient que la Chambre préliminaire I de la Cpi avait ordonné, le 2 décembre 2013, au greffe de ladite cour de réitérer à la Côte d’Ivoire, la demande de transfèrement de Blé Goudé ainsi que de rappeler au gouvernement Ouattara, son obligation d’exécuter cette demande. Le régime Ouattara s’était empressé de déclarer son entière coopération avec la Cpi. La Chambre préliminaire I avait fixé au 13 janvier 2014, la date butoir de l’exécution de cette demande. Les avocats du régime Ouattara ont fait parvenir, à  cette date, un document à la Cpi dans lequel ils demandaient un sursis de trois mois pour l’exécution du transfèrement de Blé Goudé. Le temps d’achever l’instruction pour les poursuites engagées contre la même personne au plan national. En réponse à cette requête du gouvernement ivoirien, la Cpi a réagi en soutenant qu’il faudrait d’abord que le régime Ouattara assure qu’il transfèrera Charles Blé Goudé à La Haye. Depuis hier, le régime Ouattara a fait droit à cette exi- gence de la Cpi. Pour justifier son acte, le gouvernement ivoirien, à travers son ministre de la Justice, Coulibaly Gnénéma  avance des arguments spécieux. « C’est Blé Goudé qui a introduit la violence dans les Universités ivoiriennes à travers la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci). En 2007, c’est lui qui a fermé plusieurs entreprises en s’en prenant aux coopérants (...) En 2010, c’est lui qui a demandé que les véhicules de l’Onuci soient caillassés.
Charles Blé Goudé incarne en soit la violence et la douleur. Nous estimons que le tort causé à la communauté internationale fait que cette communauté peut le juger », soutient Coulibaly Gnénéma cité par l’Afp. De toute évidence, de tels arguments ne devraient pas justifier le transfèrement d’un citoyen devant une justice internationale qui se dit sérieuse, impartiale et dont la vocation est de plancher sur des crimes contre l’humanité. Est-ce un crime contre l’humanité que de caillasser des véhicules, qu’ils soient de l’Onuci ou pas ? Au quel cas, tous ces syndicalistes français qui saccagent des véhicules lors des manifestations de protestation à Paris devraient tous répondre de leurs actes devant la Cpi. Idem pour les manifestants à Bunia (en Ré- publique démocratique du Congo) qui s’en sont pris, en février dernier, aux véhicules de la mission de l’Onu au Congo (Monusco). Le régime Ouattara est-il sûr que c’est Blé Goudé qui a fait fermer des entreprises françaises en Côte d’Ivoire ? Est-ce là encore des crimes contre l’humanité passibles d’une condamnation par la Cpi ? Ce que l’on retient à l’analyse des propos du ministre ivoirien de la Justice, c’est que Charles Blé Goudé constitue une sorte de victime expiatoire d’une haine entretenue par communauté internationale. Charles Blé Goudé étant, selon le régime Ouattara, un « ennemi » de la communauté internationale, c’est à celle-ci de le « guillotiner ». Et la Cpi, en tribunal aux ordres, constitue cette guillotine. Pitoyable tout simplement !

Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

Source: Notre Voie N°4672 du vendredi 21 mars 2014
N.B: Titre de l'article modifié par civox.net




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