Torturé et transféré au camp pénal de Bouaké, hier Le Cdt Séka Séka au bord de la folie

Après des traitements inhumains et dégradants subis dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire, qui l’ont plongé dans un piteux état, le Commandant Séka Séka retrouve un autre univers carcéral avec son régime particulier.

Mercredi 30 Avril 2014 - 06:22


Le Cdt Séka Séka au bord de la folie
Le Cdt Séka Séka au bord de la folie
Le commandant Anselme Séka Yapo, ancien aide de camp de Simone Ehivet Gbagbo, a été déféré au camp pénal de Bouaké en début de matinée d’hier lundi. Après une détention au secret qui a duré trois ans. Selon des sources proches du ministère de la Justice, l’officier supérieur de la gendarmerie était méconnaissable. Amaigri physique- ment, portant des haillons et dégageant une odeur pestilentielle de sécrétions corporelles, il présentait des troubles de mémoire. En d'autres termes, il paraissait au bord de la folie.    Le corps de Séka Séka, poursuivent nos sources, cachait difficile- ment des séquelles des tortures – perpétrées pour lui arracher de force des aveux – qu’il a endurées dans sa cellule de la Direction de la surveillance du territoire (Dst), où il a été privé de visite depuis son kidnapping le 15 octobre 2011 à l’aéroport inter- national Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan Port-Bouët. L’ex-aide de camp de Simone Gbagbo, révèle-t-on, éprouvait également des difficultés pour se déplacer convena- blement à l’aide de ses deux membres inférieurs tant ses tendons ont été amochés par ses tortionnaires.      Dans une interview accordée au confrère  Notre Voie, le 3 mai 2013, le père de l’officier supérieur de l’armée ivoirienne, Emmanuel Atsé Séka, indiquait qu’il n’avait aucune nouvelle de son fils depuis les images que l'ensemble des Ivoiriens ont pu voir sur la RTI première chaîne juste après son arrestation. «Au départ, j’ai tenté de le voir. Mais on ne nous a pas permis de le voir. On ne nous donne pas une seule occasion pour l’approcher. Jusqu’à ce jour, je ne sais pas où il se trouve. Je me demande où on l’a amené. Au niveau de sa famille, personne ne sait dans quel camp ou dans quelle prison il est gardé. Depuis son arrestation, je lutte pour voir mon fils, mais je n’ai aucune trace (…) Quand j’ai effectué toutes les démarches sans le voir, j’ai effectivement contacté un avocat. Ce der- nier fait tout ce qu’il peut, mais il n’arrive pas à voir le commandant Séka Yapo Anselme. Moi, je n’ai pas de pouvoir pour demander à l’Etat de Côte d’Ivoire de m’autoriser à voir mon fils. S’il est en prison, qu’on me dise où il est détenu et qu’on me permette de lui rendre visite. Face à cette diffi- culté, j’ai contacté l’Onuci pour m’aider dans mes démarches», a révélé le père de l’ex-aide de camp de Simone Gbagbo. Espérons que maintenant que son lieu de détention désormais connu – dans une prison officielle –, Emmanuel Atsé Séka pourra obtenir une autorisation de visite à son fils. L’officier de gendarmerie a été pré- cédé, 48h plus tôt au camp pénal de Bouaké, par son frère d’armes, le Commandant Jean-Noël Abéhi, et Jean-Yves Dibopieu de la galaxie patriotique.    Le procureur militaire Ange Kessi avait indiqué que le procès d’Anselme Séka Yapo et Jean-Noël Abéhi se tiendrait entre le 2 et le 30 octobre 2013. Mais il n’a pas eu lieu à cette date. Ange Kessi Kouamé a alors décliné sa responsabilité dans le maintien en détention prolongée et abusive d’ex-Fds emprisonnées par le régime Ouattara. «Quand j’arrête un militaire ou un policier, j’ai 10 jours pour le juger. Si sa détention doit être prolongée, il faut que son ministre de tutelle – Alassane Ouattara, Paul Koffi Koffi et Hamed Bakayoko – m’en donne l’au- torisation», a-t-il révélé dans une tribune que lui a accordée abidjan.net TV le 5 septembre 2013. Le Commandant Séka Séka est poursuivi par le pouvoir Ouattara pour, entre autres  «génocide, crime contre la population civile, meurtre, assassinat, crime contre les prisonniers de guerre, coaction et tentative de ces infractions et voies de fait, dégâts volontaire à la propriété mobilière d’autrui».

Par Benjamin Silué

Source: Le nouveau Courrier N° 1018 Du Mardi 29  Avril 2014




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