Souveraineté et renaissance africaine: Edem Kodjo, ex- SG de l’Oua et Premier ministre togolais :‘‘Soyons patrons chez nous’’

Vendredi 22 Juin 2012 - 07:29


Souveraineté et renaissance africaine: Edem Kodjo, ex- SG de l’Oua et Premier ministre togolais :‘‘Soyons patrons chez nous’’
L’ancien Secrétaire général de l’Oua et Premier ministre togolais, Edem Kodjo séjourne à Abidjan dans le cadre de la sortie du livre-portait : «Edem Kodjo, un homme, un destin» écrit par Venance Konan, DG du groupe Fraternité Matin. Hier mercredi en matinée, le héraut panafricain a profité de la tribune littéraire de Frat-Mat, consacrée à ce livre, pour parler de politique, de sport et de culture.
 
‘‘Nous les Africains devrons être patrons chez nous. Ne nous laissons pas téléguider. C’est lorsque nous aurions cette mentalité que nous réussirons à aller de l’avant.» Edem Kodjo a tenu ses propos en réponse à une question sur la souveraineté des Etats africains.
L’homme politique togolais était l’invité spécial de la tribune littéraire de Frat Mat dénommée «La fraternité du livre m’atteint», consacrée à la sortie du livre portait : «Edem Kodjo, un homme, un destin ou le parcours politique d’un intellectuel africain». Le panafricaniste redira, comme il l’a défendu tout au long de sa carrière à l’Oua et comme il l’explique à Venance Konan dans de larges parties du livre, qu’il n’y a que l’unité africaine qui pourra faire le bonheur du continent. De divers sujets politiques, concernant son parcours politique au Togo, comme au sujet de la situation en Côte d’Ivoire, l’ancien Premier ministre de Gnassingbé père (en 1994) puis du fils, Faure (en 2005), a parlé à coeur ouvert. Par exemple, sur la situation actuelle au pays d’Houphouët-Boigny, son «père», il «espère que la crise est en grande partie derrière nous.» Et que «ce qui reste à faire sera fait pour que le pays retrouve la paix définitive.» «Il faudrait que la Côte d’Ivoire retrouve un système normal. Que l’opposition s’oppose et que la majorité gouverne. Et que les conditions soient réunies pour que la CDVR aille de l’avant. Nous, nous pourrions qu’apporter notre contribution», a-t-il soutenu. Concernant l’image du continent dans la géopolitique mondiale actuelle, Edem Kodjo pense que l’Afrique est mieux considérée de nos jours, avec «sa diplomatie, mieux affinée, (ses) ressources qui sont indispensables, l’UA qui tape régulièrement du poing sur la table...» Non sans se désoler, sur ce point, des énormes dissensions qui entourent la désignation du nouveau président de la Commission de l’UA, opposant le candidat sortant Jean Ping à la candidate sud-africaine. Il ne voit surtout pas sous de bons auspices la prochaine rencontre des Chefs d’Etat sur cette question. Un livre qui vient combler un manque Edem Kodjo a ainsi parlé. Avec beaucoup d’expérience d’ailleurs. Une expérience acquise de sa riche et tumultueuse carrière politique qui l’ont fait passer de SG du RPT de Eyadéma père (peu après sa prise de pouvoir en 1967), au poste de ministre des Finances. Sans oublier ses succès diplomatiques en tant que ministre des Affaires étrangères. Cela lui a valu l’estime de bon nombre de pays africains qui ont fortement milité pour qu’il devienne SG de l’Oua en son temps. Edem Kodjo, pour les jeunes générations qui n’ont que «bossé» le nom du SG de l’Oua, dans leurs leçons d’histoire et qui ne savent pas d’autres pans de sa vie, c’est une «épique» cohabitation politique, en tant que partisan ou opposant de Gnassingbé Eyadéma, l’homme fort du Togo de 1967 à février 2005. Edem Kodjo c’est également l’homme énormément cultivé. Avec pour passion, le sport (le vélo, le foot), la musique. Qui dit, par ailleurs, ne pas apprécier cette mode d’artistes qui entrent en politique. Estimant, qu’on en sortait avec l’image totalement massacrée… Charles Konan Banny, Président de la Cdvr, parrain de la cérémonie de dédicace qui a eu lieu 24 heures plutôt à la salle Houphouët-Boigny du District d’Abidjan, a salué l’homme pour son parcours politique, mais bien plus pour son «afro-optimisme par lequel il se distingue». Il s’est en outre réjoui d’avoir des attaches communes avec l’homme : la culture, le foot, en plus de la même admiration qu’ils ont pour Abdoulaye Fadiga, le premier Gouverneur de la Bceao. Pour Venance Konan, ce livre répondait au constat qu’il n’y avait pas assez d’écrits sur les grands hommes
politiques de l’Afrique. Le résultat de cette première expérience biographique
de l’auteur est fort limpide et bien renseigné. Offrant une clarté de lecture, c’est aussi un livre plein de suspense, mené à la façon d’un thriller politique par moment. «Edem Kodjo, un homme, un destin» a été coédité par Frat Mat Editions, NEICEDA et Présence Africaine.

Par Franck-Harding M’Bra

Le Nouveau courrier N°545 du jeudi 21 juin 2012
 
 




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