Sous le règne du totalitarisme en Côte d’Ivoire/ Après Douati et Akoun, à qui le tour?

Lundi 27 Août 2012 - 07:19


Sous le règne du totalitarisme en Côte d’Ivoire/ Après Douati et Akoun, à qui le tour?
«Il appartient aux autorités ivoiriennes d'engager une lutte sans merci contre ces adeptes de ce fondamentalisme politique nocif et nihiliste. A l'instar des pays à travers le monde qui ont sur leur territoire ce type d'organisation, l'État ivoirien doit se donner les moyens de combattre avec détermination et abnégation le fpi. Nous n'avons plus à faire avec un parti politique ordinaire. Le fpi est une organisation terroriste et cela, nos autorités doivent s'en convaincre. C'est le lieu donc d'appeler à l'union sacrée pour éradiquer, une fois pour toutes, le fléau fpi. Cela, au nom de l'humanité.» Ainsi s’exprimait Soro Guillaume. Son projet d’«éradication» du Front populaire ivoirien, a été annoncé le 21 août 2012 sur son blog dans un article dont le soin de la signature a été confié à son Conseiller Félicien Sékongo. Quelques jours après, le quotidien du RDR, Le patriote, s‘est fait l‘écho de cette annonce, livrant une partie de la stratégie, dans sa parution N° 3827 du jeudi 23 août 2012. L’on pouvait lire à la Une de ce quotidien: «Démasqués, pourquoi Akoun, Amani et les autres vont rejoindre Douati à la Maca.» L’homme qui joue depuis le 11 avril 2011 le rôle de vrai chef suprême des armées en Côte d’Ivoire, sinon des FRCI, ne parlait pas en vain. Il a passé ses menaces à exécution. Le FPI est en passe d’être éradiqué, si possible, par ceux qui ont attaqué le 19 septembre 2002 le régime issu de lui. Soro est donc dans sa logique. Il est constant dans ces actes de nuisance contre le parti de Laurent Gbagbo. Pourtant, celui-ci, le considérant comme un frère ivoirien, avec qui il fallait discuter pour retrouver la paix dans le pays, est allé à toutes les discussions. Des discussions qui malheureusement, ont été finalisées par la signature d’accords infructueux.
Pendant que les militants et sympathisants du FPI sont traqués, arrêtés, torturés, humiliés, et emprisonnés dans les villes et villages, s’ils ne sont pas sommairement exécutés, l’on assiste depuis une semaine à l’arrestation des leaders du FPI restés au pays et qui jouissaient encore d‘une petite parcelle de liberté. Tout cela, conformément à la menace de Soro Guillaume.
Après l’arrestation de Douti Alphonse, il y a une semaine, Akoun Laurent vient d’être arrêté. Nous prévoyions cette arrestation dans un article publié le vendredi dernier. En réponse à RFI qui soutenait que Laurent Akoun était «sous haute protection de l’ONUCI, de la police et de la gendarmerie ivoiriennes», nous affirmions plutôt qu’il était sous leur contrôle. Un contrôle, soutenions nous, qui devrait faciliter sont arrestation le moment venu, une fois que l’ordre sera donné dans ce sens. L’arrestation de Laurent Akoun par la Gestapo d’Alassane Ouattara vient confirmer nos propos.
Après Douti et Akoun, à qui le tour? sommes nous en droit de nous interroger. Car la machine à éradiquer le FPI est bel et bien en marche et n’est pas prête à s’arrêter de si tôt pour faire plaisir à qui que ce soit. Le pays est entré depuis quelques jours, si ce n’est depuis le 11 avril 2011, dans une ère totalitaire. Le refus de toute opposition organisée, le règne par la terreur et la négation des libertés, sont des traits marquants du totalitarisme. Et le quotidien des ivoiriens en est profondément et tragiquement marqué. Des camps de concentration, comme sous le totalitarisme des nazis, sont tenus dans le pays en des lieux secrets. Des rescapés de ces camps ont déjà eu à témoigner. Jusqu’où iront-ils dans leur logique totalitaire?
Le RHDP et sa branche armée le MPCI avaient rêvé de voir le FPI mourir d’une douce et lente mort aux lendemains du 11 avril 2011. Leur rêve se fondait sur les emprisonnements de certains responsables influents du parti et l’exil auquel d’autres ont été contraints, face à la barbarie et à la cruauté d‘un régime bâti sur du sang. Mais ils ont dû faire face à l’illusion de leur prévision. Le FPI ne donne aucun signe de mort ni d’agonie, malgré l’emprisonnement de Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, Aboudramane Sangaré, Affi N’Guessan, etc.., et l’exil d’Assoi Adou, Don Mello, Damana Picass, etc. Face à cette réalité, il ne faut donc pas être surpris par cette rage d‘« éradiquer une fois pour toute le fléau FPI», qui anime Soro Guillaume et son «père» Alassane Ouattara. Cette entreprise d’éradication ne consiste pas seulement à réprimer les militants de ce parti et à leur faire subir toutes sortes de violations des droits l‘homme. Elle consiste aussi à «couper» les têtes qui tiennent encore le gouvernail du navire FPI. Après Douati et Akoun, Koua Justin, Amani N’Guessan Michel, Miaka Oureto, pourront l’un après l’autre séjourner à la MACA, via la DST. Tous ne seront pas que des prisonniers politiques. Ils seront de vrais otages dont la vie est en danger, comme le sont les prisonniers politiques de Bouna, de Korhogo...

ZEKA TOGUI




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