Soro Guillaume soumis à la dictature du faux

Jeudi 21 Mars 2013 - 01:29


Soro Guillaume soumis à la dictature du faux
L’ex-chef de guerre et auteur de «  Pourquoi je suis devenu rebelle  » semble avoir transformé ses interminables missions parlementaires, en un véritable combat contre Le Président Laurent Gbagbo. Ce combat qu’il mène courageusement, n’a jamais convaincu les observateurs avertis de la scène politique tant il pue le faux. Parachuté, par violation de la Constitution, au sommet du parlement ivoirien (en quête de légitimité) Soro Kigbafori a une fois de plus donné raison à tous ceux qui pensent, à raison, qu’il est soumis à la dictature du faux. Récemment face aux députés congolais, le chef du parlement ivoirien a déçu le monde par des propos qui s’écartent outrageusement de la vérité historique.

                         Sa théorie de la démocratie, une dictature du faux.


Ceux qui découvrent pour la première fois Soro Guillaume risquent de tomber sous le charme du «  rapport très intime  » qu’il entretien avec la démocratie. Selon lui en effet, «  la démocratie économise les vies humaines, émancipe et intègre les dominés, stimule l’inventivité des hommes…  » Autrement dit, la démocratie est salvatrice, elle élimine les disparités et libère les énergies créatives. Pour y arriver semble-t-il conclure, il faut une «  loi juste incarnée par la constitution démocratique  » (Sic). On aurait demandé à chacun d’applaudir des deux mains si ce cours venait de Montesquieu ou d’Abraham Lincoln. Mais venant de Soro Guillaume l’on doit le considérer comme une farce inacceptable. Sa personne et son discours sont antinomiques. Considérons premièrement la loi dont il parle. Il est fait obligation à chaque citoyen de respecter la loi et de façon plus large, de respecter les institutions de son pays. Une telle obligation s’étend bien entendu aux normes frappées de certaines imperfections. Et ces normes n’étant pas des «  tentes dressées pour le sommeil  » peuvent être modifiées soit par une pression de la classe politique soit par l’action de la société civile. Jamais les lois n’autorisent un citoyen, fut-il le plus frustré ou le plus intelligent, à prendre des armes pour exiger que la constitution soit «  démocratique  ». Dès lors qu’un citoyen s’autorise cette voie, il ne peut être regardé comme un repère en matière de respect des lois. En cédant à ses pulsions guerrières, Soro Guillaume a montré à tous qu’il accordait peu d’intérêt à la loi et au respect des institutions. Deuxièmement, intéressons-nous à sa fameuse démocratie qui économise les vies. Notons d’emblée qu’il serait faux de croire que seul le gouvernant a l’obligation d’être démocrate. Ceux qui s’opposent à lui et qui comptent exercer le pouvoir, doivent aussi ingérer les valeurs démocratiques. Lorsque Soro parle de la démocratie, il nous renvoie indubitablement à la gouvernance Gbagbo qu’il qualifie de non démocratique. Automatiquement, il trouve une certaine «légitimité  » à sa rébellion. Or en sa qualité d’opposant au Président Gbagbo il avait le devoir d’être un démocrate. Malheureusement il ne l’a pas été tout comme il ne fait pas l’effort de l’être aujourd’hui. Partant de ce fait, on peut se demander de savoir qui est-ce qui n’a pas été en mesure de respecter le jeu démocratique. La réponse est claire comme l’eau de roche  : Soro Guillaume, au lieu d’«  économiser les vies humaines  », les a liquidées par carence démocratique. Qui est donc ce super démocrate qui forme une bande armée, tue, égorge, éventre des citoyens innocents, met en coupe réglée une partie du territoire? Un démocrate peut-il déifier ses prouesses par la mise sur le marché d’un ouvrage intitulé «  Pourquoi je suis devenu rebelle  »  ? Un démocrate qui attaque par les armes les institutions de son pays n’en est pas un. Dire le contraire, serait couronner tous les impénitents rebelles téléguidés par les impérialiste et qui pillent impunément l’Afrique.


Sa présentation de la crise postélectorale, une dictature du faux


Le discours de Soro au parlement congolais a aussi porté sur le vainqueur des élections présidentielles de 2010. Laurent Gbagbo serait, à ses yeux, celui qui «  n’a pas accepté le verdict des urnes et s’est arrogé, de façon arbitraire et unilatérale, le droit de se soumettre au verdict des urnes  ». Faut-il en rire  ? Voici un démocrate qui intègre la fraude, la violence, dans ses méthodes de conquête de pouvoir. Comme il le dit si bien,   la «démocratie émerge de la force morale du compromis…  ». Si cela est vrai quelle est la morale de la fraude électorale  ? Devront-nous codifier la fraude pour le plaisir de ceux qui en font leur moyen d’accession au pouvoir? Comment pourrons-nous expliquer aux générations futures que dans un Etat, la voix des institutions est plus forte que celle d’un individu  ? En Côte d’Ivoire, tous savons que lors des élections, le nord a été braqué par les rebelles de Soro Guillaume. La fraude a été telle que le logiciel de l’entreprise Sils, (entreprise chargée du décompte électronique) s’est vu obligé de rejeter des procès verbaux pour non-conformité. Par une extraordinaire opération du saint esprit, le nombre de votants s’est trouvé être supérieur au nombre d’inscrits. D’où les scores soviétiques obtenus par Ouattara dans ces zones. Par ailleurs différentes missions d’observateurs avaient noté des cas graves de violence dans la zone sous contrôle rebelle. Seul le camp Ouattara dit n’avoir pas entendu parler de fraudes au nord. Quoi de plus normal  ! Si nous devons considérer que la fraude contribue à la prise du pouvoir, Ouattara a bel et bien gagné les élections. Mais comme cette donne est rejetée et le rôle de l’institution chargée du contentieux électoral est renforcé alors «  la victoire  » de Ouattara est l’expression de la dictature du faux. Quel est donc ce vainqueur qui fait proclamer ses résultats dans son quartier général (un hôtel), hors délai, par un individu agissant seul, face à des caméras étrangères…  ?  Ce coup d’état électoral a déclenché des violences. Pour Soro, «  L’ancien Président est le seul responsable et coupable de la crise postélectorale et ses dramatiques conséquences pour les populations  ». Il se comporte ainsi comme Fatou Bensouda appelée à charger Laurent Gbagbo et à aussi le considérer comme co-auteur direct et/ou indirect de crimes commis au Kenya. Il y a de la part de Soro, un profond désir de ne point se défaire de la dictature du faux. Comment peut-on logiquement considérer que la partie attaquée lors d’un conflit, est la seule responsable des crimes qui en ont résulté  ? A considéré que Soro Guillaume soit dans le vrai, qui serait le responsable des crimes commis par les hommes de Ouattara  ? En effet, le rapport de la Commission Nationale d’Enquête estime à 727 personnes, les victimes des hommes de Ouattara. A supposé qu’il se soit défait de la dictature du faux, qui serait le responsable et coupables de tous les fatwas lancés (depuis le golf) contre les institutions?  Bref, n’allons pas plus loin pour comprendre que le dogmatisme dont parle Soro est bien cultivé par les défenseurs de Ouattara.

                        Discours sur la xénophobie, une dictature du faux


Soro guillaume a salué de grands combattants qu’il met en opposition avec le Président Laurent Gbagbo. Par pudeur, il n’a pas osé pousser le pion loin pour dire qu’il ressemble à ceux dont le combat a été salué. Heureusement  ! Si Laurent Gbagbo n’est pas Um Nyobé ou Lumumba, selon Soro c’est parce que Gbagbo voulait «  expulser de son sol tous les étrangers..  » Gbagbo n’est donc pas un panafricaniste y compris « ces ivoiriens qui ont massacré le burkinabé et le malien.» Premièrement Soro se trompe de cible. A la vérité, le chasseur d’étrangers est bien Ouattara qui a instauré, lorsqu’il était à la primature, une carte de séjour. Soro peut-il nous dire que Ouattara entendait embrasser tous ceux qui ne détenaient pas leurs titres de séjour? Non. Il a fallu Laurent Gbagbo pour supprimer cette carte jugée injuste. En outre, sous Gbagbo, il n’a jamais existé un plan de rapatriement massif des étrangers vers leurs pays. Bien au contraire, la Côte d’Ivoire a tellement été bien accueillante qu’au plus fort de la crise ivoirienne, des étrangers affluaient vers les frontières ivoiriennes. Le seul plan de chasse aux étrangers existait dans les fantasmes des hommes de Ouattara au point où ils ont sollicité les services d’un sulfureux sociologue auteur de «  Côte d’Ivoire poudrière identitaire  ». Le fameux Benoît Schoer tombé dans l’oubli. Deuxièmement, Soro discrimine entre les victimes. La victime malienne ou burkinabé est-elle plus importante que la dépouille de Phillipe Rémond ou de monsieur tout le monde  ? Lorsque Soro parle de «  ses  » victimes, il ne fait que rendre hommage à tous ces mercenaires maliens et burkinabés qui ont combattu pour Ouattara et dont certains ont intégré l’armée ivoirienne. Que viennent chercher ces burkinabés et maliens dans une crise ivoirienne  ? La récente naturalisation massive de milliers de burkinabés répond à cette question essentielle. Ce discours sur la xénophobie, qui sonne totalement faux, vise à créer un désert autour de Gbagbo. Quelle tâche  ! Le camp de Soro est dépassé par les soutiens que recueille le Président Gbagbo. Il pense ainsi réussir là où les puissants réseaux françafricains ont échoué. Ce que Soro oublie c’est que la mémoire collective l’a catalogué dans le registre de ceux qui déconstruisent l’Etat.  Et au fur et à mesure qu’il accumule les médailles, il lui parait difficile de s’affranchir de la dictature du faux.


Par Alain Bouikalo




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