Situation sociopolitique, Une Ong internationale prévient Ouattara : « L'exclusion des pro-Gbagbo produira les mêmes effets »

Deux ans après l'arrestation de l'ancien président Laurent Gbagbo, la situation sociopolitique en Côte d'Ivoire reste fragile, selon l'organisation internationale Crisis Group.

Vendredi 26 Avril 2013 - 07:07


Situation sociopolitique, Une Ong internationale prévient Ouattara : « L'exclusion des pro-Gbagbo produira les mêmes effets »

Dans un article paru sur le site www.rue89.com, l'analyste principal de cette Ong internationale, Rinaldo Depagne, estime en effet que la chute du régime Gbagbo n'a pas mis fin aux dissensions au sein de la classe politique ivoirienne. Dressant le bilan des deux années de gestion du pouvoir par Alassane Ouattara, il note que « le président Ouattara a redonné confiance aux bailleurs de fonds ».

Toutefois, déplore-t-il, les bons points économiques enregistrés par le pays pourraient être remis en cause par une situation sociopolitique peu rassurante. « L'arrestation de Gbagbo n'a pas réglé la crise », fait en effet observer cet expert de Crisis Group. Et Rinaldo Depagne d'étayer sa lecture de la situation en Côte d'Ivoire par une analyse du contexte politique qui prévaut depuis la fin de la guerre post-électorale.

Selon lui, les fractures sociales et politiques qui ont conduit aux violences post-électorales sont toujours présentes. Il en veut pour preuve le dialogue politique entre le pouvoir et l'opposition, qui, selon lui, s'apparente davantage à «  deux monologues ». Il déplore au passage la propension du régime Ouattara à vouloir museler les pro-Gbagbo en les réprimant. « De son côté, le pouvoir concède peu et réprime beaucoup, plaçant sur le même plan les combattants, les militants et les électeurs du camp adverse », fait-il remarquer.

Une attitude qui tend à frapper d'exclusion cette frange de la population. D'où cette mise en garde de l'Ong internationale Crisis Group : « L'inversion de l'exclusion produira les mêmes effets ». Autrement dit, l'exclusion des pro-Gbagbo risque de conduire à une implosion sociopolitique comme celle des partisans de Ouattara avait engendré les crises à répétition qu'a vécues le pays ces dernières années. Ce qui lui fait dire que « la présidentielle de 2015 est déjà porteuse d'inquiétudes ».

Mais tout en mettant en garde Ouattara contre les erreurs commises par son prédécesseur, Rinaldo Depagne n'en déplore pas moins le manque de volonté du Fpi de faire le deuil de l’ère Gbagbo, ce qui contribue à perpétuer la fracture de la classe politique. « Le FPI se complaît dans une position de victime et peine à réinvestir la réalité. Ses dirigeants refusent de reconnaître leur écrasante responsabilité dans la guerre qui a suivi la présidentielle de novembre 2010. Ils rêvent d'un retour « miraculeux » de Laurent Gbagbo, détenu par la Cour pénale internationale », fait-t-il en effet remarquer.

 

Assane Niada


Source: L'Inter du vendredi 26 avril 2013

 




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