Situation socio-politique: Le président Ouattara pris entre plusieurs feux

Déjà 24 mois à la tête de l’État ivoirien que le président Alassane Ouattara n'échappe pas aux dures réalités du pouvoir. Critiques sévères par-là, attaques contre son régime par-ci, le numéro 1 ivoirien est pris entre plusieurs feux. S'ils ne sont pas vite éteints, ils pourraient déteindre sur son pouvoir et le tenir dans une posture bien inconfortable quand sonnera l'heure de rendre compte à ses concitoyens, de son mandat.

Mercredi 20 Mars 2013 - 08:00


Situation socio-politique: Le président Ouattara pris entre plusieurs feux

En février 2013, c'est l'organisation des Droits de l'Homme, Amnesty International, qui surprend le régime ivoirien. Dans un rapport qui rompt avec les formules révérencieuses, en tous cas si l'on s'en tient au ton du document, cette organisation donne à voir à l'opinion nationale et internationale les ''laideurs'' du régime ivoirien. Elle dit de lui qu'il applique '' la loi des vainqueurs'' et qu'il s'est inscrit dans ''la logique de vengeance et la perpétuation de l'impunité'' en Côte d'Ivoire. Le rapport relate que le régime actuel, outre le fait qu'il détient illégalement des militaires et des civils, fait subir des humiliations, des tortures à de nombreuses familles parfois rançonnées.

Amnesty internationale relève, par ailleurs, des exécutions sommaires et des destructions de biens à l'ouest, puis dénonce ces faits qui, selon elle, restent impunis. Une critique pour le moins sévère qui a bien embarrassé le pouvoir de Ouattara. Et ce, à un moment où les Avocats de Laurent Gbagbo, son principal adversaire, s'employaient à soutenir où à corroborer les faits reprochés aux dirigeants ivoiriens, par Amnesty International, devant la chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (Cpi). 

Autre attaque, celle -là physique, contre le président Ouattara et son pouvoir est intervenu dans la nuit du 12 au 13 mars 2013, à Bloléquin, ville à l'ouest du pays et frontalier avec le Liberia. Cet assaut, a-t-on rapporté, a fait une dizaine de mort et a semblé saper les efforts du président Ouattara pour la sécurisation du territoire national.

En réalité, l'attaque de Bloléquin rappelle simplement au chef de l'Etat, Alassane Ouattara qu'il n'a pas seulement à concentrer ses efforts à Abidjan, siège du pouvoir d’État, mais aussi à l'intérieur du pays. La création d'une police militaire, de la brigade de sécurité de la gendarmerie, des forces spéciales, la création récente du centre de coordination des décisions opérationnelles (Ccdo) montrent, certes, les efforts du numéro 1 ivoirien pour « boulonner » son pouvoir, mais ces unités n'ont pas un champ de compétence élargi à l'ensemble du pays, dont une grande partie fait les frais de certains déstabilisateurs qui y allument  le feu. Cela survient donc à quelques semaines de la campagne pour les élections locales et n'est visiblement pas bon signe pour la sécurité de ces échéances.

Le régime Ouattara devrait employer les grands moyens pour rassurer les populations ivoiriennes. Les critiques contre le régime Ouattara sont de plus en plus récurrentes. Récemment, c'est Jean-Luc Mélenchon, président d'un parti politique français de l'extrême gauche, qui a mis les pieds dans le plat...ivoirien. « La Côte d'Ivoire souffre de trop de méfaits et d'injustice », a-t-il lancé, il y a quelques jours, appelant d'ailleurs à reconsidérer « l'aide au développement de ce pays en le mettant sous conditions de critères tangibles de cessation des violences faites au peuple ivoirien, de démocratisation de la vie politique et de réconciliation de la société civile».

Tous ces griefs ne sont certainement pas faits pour faciliter les choses au président Ouattara qui sur le plan diplomatique, investit beaucoup d’énergies, de moyens pour donner une image reluisante à la Côte d'Ivoire dans la perspective d'attirer les investisseurs et faire de son pays une destination privilégiée. Ainsi qu'on peut le comprendre, le président ivoirien est pris donc entre plusieurs feux qu'il devra éteindre avec beaucoup de tact : critiques contre son régime ; attaques des positions Frci, insécurité à intérieur du pays au moment où il lui faut réussir l'offensive diplomatique.  

 

A.BOUABRE

Source: Soir Info

 





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