Situation socio-politique/ L’évêque d’Odienné : «On ne décrète pas la réconciliation»

Vendredi 27 Décembre 2013 - 08:02


L’évêque d’Odienné, Antoine Koné
L’évêque d’Odienné, Antoine Koné
C’est plus qu’une évidence, le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire, pique du nez. Une évidence dont semble faire fi le régime actuel qui a choisi se murer derrière de grands discours plutôt que de poser des actes concrets. Cet état de fait, l’évêque d’Odienné l’a dénoncé sur les ondes de RFI hier mercredi 25 décembre, jour de Noël. Dans son intervention, il n’y est pas allé de mains mortes, car dira-t-il, «la réconciliation ne se décrète pas. Chez nous, on s’adonne trop aux discours, mais le discours est loin de la réalité que vivent les peuples. C’est au niveau comportemental que la chose se joue». En effet, le prélat dans cette sortie s’appuie sur les injustices qui ont cours actuellement en Côte d’Ivoire. Entre autres, la traque des proches de Laurent Gbagbo, la justice à doubles vitesse, les violations de droits de l’homme. La réconciliation, comme le pense l’évêque d’Odienné, devrait se traduire en actes. Et le premier promoteur de cette réconciliation devrait en principe être le régime Ouattara, lui qui se trouve en situation de force. Mais cette faute, Mgr Antoine Koné ne l’attribue pas qu’aux seuls hommes poli- tiques mais également aux guides religieux qu’il accuse de démission. «Les hommes politiques ne sont pas les seuls responsables de ces dérives» a-t-il confié.
«Les religieux ne font pas leur travail…» Selon l’évêque d’Odienné, la responsabilité des guides religieux est engagée dans la situation qu’a connue la Côte d’Ivoire. De l’avis de Mgr Antoine Koné, les religieux devraient jouer un rôle de «guetteur» de sorte à pouvoir interpeller aussi bien les politiques que les populations sur les risques encourus en ayant tel ou tel comportement. C’est pour- quoi, il rappelle que «les hommes de Dieu ne font pas leur travail comme il se doit». Plus grave, il soutient que nombre d’entre eux «sont otages de discours ethnicistes» et c’est l’une des causes fondamentales de la crise qui a secoué la Côte d’Ivoire. D’où sa mise en garde «il ne faut pas que les religieux se fassent prendre dans le piège des discours xénophobes». Maintenant qu’il faut passer à une autre étape, celle de la réconciliation, les hommes de Dieu semblent tous avoir démissionné. «Si les religieux avaient voulu, nous serions par- venu à la réconciliation», renchérit-il. Pour lui, les choses ont pris une autre tournure pour la simple raison que les hommes religieux se sont mis dans une position «de superstition, faisant croire que ce qui est arrivé à la Côte d’Ivoire est une fatalité». Parce que selon l’évêque d’Odienné, il s’agissait simplement pour tous de reconnaître qu’«on a fait une sortie de route terrible et que nous devons nous convertir pour que nous ayons un autre regard sur le frère, sur la sœur». En effet, il pense que la tâche de l’homme religieux est plus grande que l’on ne l’imagine. C’est à travers lui que les populations devraient parvenir à désarmer leurs cœurs de toute la haine et la méchanceté qui y été installées. «Une chose est d’avoir des églises, des mosquées pleines, une autre est d’avoir de vrais musulmans, de vrais chrétiens. Je pense que ce que nous vivons actuellement devrait nous interpeller et nous amener à revoir notre manière de catéchiser nos peuples. Il faut passer à une nouvelle évangélisation. Il semble que nos discours sont inadaptés», a insisté l’évêque d’Odienné.

 Par Hermann Djea

Source: Le Nouveau Courrier N° 959 Du Jeudi 26 Décembre 2013





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