Situation socio-politique Abou Cissé : «La guerre n’est pas finie»

Mardi 7 Janvier 2014 - 03:36


Abou Cissé
Abou Cissé
A l’invitation du Congrès ivoirien pour le développement et la paix (Cidp), Abou Cissé, oncle d’Alassane Ouattara, s’est prononcé sur la situation socio-politique de la Côte d’Ivoire, à travers une conférence de presse à l’hôtel Ibis-Plateau. Situation critique qui donne à s’inquiéter pour l’avenir. C’est ainsi qu’Abou Cissé, l’ex-membre fondateur du Rassemblement des Républicains (Rdr), aujourd’hui en rupture de ban avec son parti, dépeint l’état actuel de la Côte d’Ivoire sous Alassane Ouattara. Abou Cissé a affirmé que «la guerre n’est pas finie», contrairement au discours soutenu par le pou- voir qui tend à faire croire que tout baigne dans de l’huile et que la Côte d’Ivoire est en passe de tourner la page de la crise. Il a relevé que la haine s’enracine de jour en jour en raison des agissements des actuels dirigeants du pays. Abou Cissé a évoqué, à cet égard, la politique du rattrapage qui fait la part belle aux ressortissants du nord au détriment des au- tres Ivoiriens. En outre, il a souligné que le maintien en détention durant plus de deux ans des dirigeants du Fpi en rajoute à la colère des populations. «Il faut qu’on libère tous les prisonniers politiques et que les exilés rentrent au pays», a-t-il affirmé sur un ton d’exaspération. Le conférencier a dit que la Côte d’Ivoire ne renouera pas avec la normalité tant que le président Laurent Gbagbo sera détenu hors du pays, à l’étranger. «Je ne peux accepter qu’un Ivoirien soit emprisonné à l’étranger», a-t-il déclaré. L’ex-membre- fondateur du Rdr a indexé le climat de terreur instauré par le pouvoir à l’encontre des militants de l’opposition et qui donne l’illusion d’un calme, un semblant de paix. «Aujourd’hui, les gens ont peur… Ils ont peur que ceux qui l’ont imposé s’en prennent à eux», dira-t-il, avant d’indiquer que, dans ce climat, «à tout moment, il peut avoir une révolte généralisée». Abou Cissé a, en outre, soutenu que la réconciliation ne peut se faire sans la France et les Etats-Unis, ceux-là qui, pour lui, ont été à la base de tout. «Il n’y a pas eu de guerre civile entre les Ivoiriens. Les armes qui ont été utilisées sont des armes qui appartiennent aux grandes puissances», a-t-il révélé. L’ancien militant du Rassemblement des Républicains a aussi accusé Alassane Ouattara de méchanceté pour ne rien faire pour faire avancer les choses. Aussi lui a-t-il demandé de se pencher sur la souffrance du peuple ivoirien. A contrario, il a évoqué l’humanisme de Laurent Gbagbo, qui, en son temps, a fait des gestes pour décanter la situation. «Il n’est pas normal que parce que tu es président, tu arrêtes quelqu’un pour le jeter en prison», a-t-il insisté. Le conférencier a relevé que, sur les chantiers des infrastructures en construction, la part belle est faite aux Burkinabé, pendant que les jeunes Ivoiriens cherchent du travail. De même, des extractions de l’or partent de Côte d’Ivoire vers le Burkina, alors que l’économie ivoirienne en a besoin. Frédérick Konaté, secrétaire général du Cidp, a, pour sa part, invité les Ivoiriens à opter pour une nouvelle alternative en venant militer au sein de son parti. «Nous nous engageons à rassembler tous les Ivoiriens sans distinction autour d’un idéal novateur en vue de contribuer à la consolidation de notre indépendance nationale», a-t-il avancé.   Plusieurs personnalités aux nombres desquels l’ex-gouverneur de Bceao, Philippe Dacoury, étaient présents.

César Ebrokié ebrokie2@yahoo.fr
 Source: Notre Voie n°4609 du lundi 6 janvier 2014




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