Situation sécuritaire en Côte d’Ivoire: SORO toujours chef de guerre. Son ignorance de l’institution qu’il préside. La démission de Ouattara?

Mercredi 15 Août 2012 - 08:17


Situation sécuritaire en Côte d’Ivoire: SORO toujours chef de guerre. Son ignorance de l’institution qu’il préside. La démission de Ouattara?

« Le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro, a reçu en audience les commandants Losséni Fofana dit Loss et Chérif Ousmane qui lui ont fait un point sur la situation sécuritaire à l’ouest de la Côte d’Ivoire, suite à l’attaque du poste de contrôle des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). », précise une dépêche de l’Agence ivoirienne de presse (AIP) datée du 14 août 2012. Une autre source, notamment le quotidien L’Intelligent d’Abidjan, indique quant à elle que cette audition d’officier FRCI s’est faite en présence du ministre des Affaires présidentielles, M. Ibrahim Ouattara. Dans les deux cas, ce fait montre bien que Soro Guillaume n’est pas un président de l’Assemblée Nationale normal. Il rame à contre courant de la norme définie par l’article 82 de la constitution ivoirienne. Selon cet article de la Constitution, toujours foulée aux pieds, c’est au cours d’une séance parlementaire que l’Assemblée nationale s’informe par «la question orale» de l’action gouvernementale. Elle peut s’en informer également par «la question écrite» ou par «la commission d’enquête». Soro ayant choisi la question orale pour s’informer de la situation sécuritaire du pays, il aurait dû convoquer une séance parlementaire, afin que le «Président de la République» ou son «délégué», qui peut être le chef du gouvernement ou un autre de ses ministres, réponde aux questions des députés. Voici ce que dit l’article 82 en la matière:

«Les moyens d'information de l'Assemblée nationale à l'égard de l'action gouvernementale sont la question orale, la question écrite, la commission d'enquête.
Pendant la durée d'une session ordinaire, une séance par mois est réservée en priorité aux questions des députés et aux réponses du Président de la République.
Le Président de la République peut déléguer au Chef du Gouvernement et aux ministres le pouvoir de répondre aux questions des députés.
En la circonstance, l'Assemblée nationale peut prendre une résolution pour faire des recommandations au Gouvernement.»

Mais Soro a jugé bon de violer cette procédure en auditionnant seul un Ministre du gouvernement et des officiers militaires sur la situation sécuritaire du pays. Par cette audition solitaire Soro Guillaume s’illustre encore une fois comme un chef de guerre ou un chef rebelle à qui des subalternes doivent rendre compte.

Ce fait prouve par ailleurs que le président du Parlement ivoirien, Soro Guillaume, ignore tristement le fonctionnement de l’institution qu’il dirige, si ce n’est qu’il manifeste de façon permanente sa rébellion à la loi fondamentale du pays.

Si l’attitude de Soro ne prouve rien de tout ce qui vient d’être dit, elle pourrait au moins prouver un dernier fait, la démission de faite d’Alassane Ouattara, selon l‘article 40 de la Constitution ivoirienne. L’attitude du Président du parlement ivoirien ressemble à celle d’un chef de l’Exécutif assurant l’intérim du président de la République, en cas de «décès, démission, empêchement absolu». Dans le cas d’espèce, Dramane Ouattara semble avoir démissionné de fait, dépassé par la situation d’insécurité que traverse le pays. Jusque là, aucun discours officiel de sa part pour rassurer les populations. Il ne fait que continuer sa fuite permanente sous couvert de tour du monde, à la recherche d’investisseurs et de partenaires économiques. Alors qu’il s’est attribué le portefeuille de Ministre de la Défense, Ouattara manque toujours de capacité de gestion des questions militaires et des risques de guerre. C’est cette incapacité qui l’avait obligé à nommer Soro Guillaume comme premier Ministre pendant qu’ils étaient retranchés à l’Hôtel du Golf lors de «la crise post-électorale».

Tout ce désordre bien orchestré, n’est que la suite logique de l’anormalité que vit le pays depuis le coup d’État militaire du 11 avril 2011. Il montre par ailleurs que le premier Ministre Ahoussou Jeannot est un faire-valoir, sans pouvoir réel, désigné à ce poste pour contenter le PDCI, son Parti politique.

Tout ce désordre montre que le pays est encore loin de retrouver la normalité du fonctionnement de ses institutions. La Côte d’Ivoire, faut-il le rappeler est un pays totalement militarisé, sans policiers et gendarmes normaux. Seuls les FRCI issus de la rébellion armée du MPCI (Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire) de Soro Guillaume sont armés. Les policiers et gendarmes soupçonnés d’être des pro- Gbagbo sont tous désarmés et sont appelés à assurer miraculeusement la sécurité des populations avec le « pouvoir dissuasif» de leurs treillis.

 

 

ZEKA TOGUI.





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