Situation des ex-journalistes et agents de La Matinale: Lettre ouverte au président de la République, S.E.M Alassane Ouattara

Dimanche 5 Juin 2016 - 22:52


Lettre ouverte au président de la République, S.E.M Alassane Ouattara

Objet : Situation des ex-journalistes et agents de La Matinale

Monsieur le Président de la République, S.E.M Alassane Ouattara,

 

 

‘’De l’ouverture de La Matinale’’

 

 

Nous venons par la présente lettre vous faire part de la situation désastreuse qu’ont vécue et que continuent de vivre les journalistes et autres agents de La Matinale depuis Juin 2012, date de la création du journal, suivie de sa fermeture sans préavis et de façon cavalière en Décembre 2015 par Monsieur Amadou Soumahoro, SGI du RDR. Nous voudrons tout d’abord vous rappeler que lorsque nous fûmes recrutés dans la boite, dans un contexte tout à fait particulier en 2012, notre pays, la Côte d’Ivoire, venait de sortir à peine de la crise postélectorale. Mais vu les grands enjeux qui attendaient le journal, nous avons du fermer les yeux un moment sur les conditions de vie et de travail des travailleurs que nous sommes. Et ce, par la confiance aveugle que nous avions placée au premier responsable du journal en son temps, M. Bamba Alex Souleymane (ex-DG). Même si, en tant que journalistes, nous savions au passage que le journal appartenait au RDR, et que le ministre Amadou Soumahoro ne manquait aucune occasion de rappeler à qui voulait l’entendre que La Matinale était son journal, nous n’avions aucun contact direct avec la direction du parti en son temps et notre seul interlocuteur était M. Bamba Alex Souleymane. Sacrifice, sacrifice et sacrifice pour que le journal monte en puissance, tel était ce que nous recommandait à chaque fois M. Bamba Alex. Comme c’est un début, disait-il à certains, vous percevrez 60 000 FCFA et après trois (03) mois, lorsque le parti (le RDR) verra que le journal a acquis de la notoriété, on verra votre cas. Les plus chanceux étaient payés à 100 000. Trois (03) mois passés, et rien. Il nous demandait toujours de faire des sacrifices car le journal n’avait pas les moyens et il ne fallait pas vous faire honte, Monsieur le président de la République, car vous teniez, disait-il, vraiment à ce que La Matinale soit le vecteur de votre politique de développement. Cela a duré deux (02) ans. Vous comprenez Monsieur le président de la République ! Pendant 2 ans, des journalistes professionnels étaient payés à 60 000 FCFA. Moins que des ouvriers de la zone industrielle. Quelle galère ! Mais, comme une femme qui aime son homme, nous avons accepté ce sacrifice espérant qu’un jour la situation des travailleurs allait s’améliorer. Après donc 2 ans passés avec 60 000 FCFA comme salaire à la fin du mois, pour des journalistes qui vivent à Abidjan et qui doivent venir tous les jours à Treichville, ex-siège du journal, qui doivent manger, qui ont des familles à nourrir. Bref après 60 000 FCFA pendant 2 ans, certains sont passés à 100 000 FCFA ; ensuite difficilement à 150 000 FCFA parce que le Conseil national de la Presse (CNP) est passé par là. En février 2015, lorsqu’un mouvement d’humeur des journalistes et agents de La Matinale éclate coïncidant avec l’injonction du CNP de payer les journalistes professionnels à la Convention collective, des journalistes sont royalement ignorés, malmenés et même menacés de renvoi pour on ne sait quelle raison. Fort heureusement, grâce à des personnes qui gardent encore la dignité et le sens de la morale, Monsieur le Président de la République, ces derniers ont été maintenus mais comme collaborateurs extérieurs ( ?) payés à 150 000FCFA. Ni même ceux qui ont été déclarés comme ‘’journalistes permanents’’ n’ont pu bénéficier un seul mois du salaire conventionnel exigé par la Loi. A cette époque, en février 2015, M. Diabaté Lanciné, Directeur de cabinet adjoint du SGI du RDR, Amadou Soumahoro, et DP de La Matinale, qui annonçait toutes ces nouvelles mesures prises après négociations, avait assuré que les choses allaient s’améliorer de façon progressive pour l’ensemble du personnel en général. Car, la direction du parti était bel et bien consciente des difficultés des travailleurs de La Matinale.

 

 

‘’A la fermeture du journal’’

 

 

Mais contre toute attente, et alors que personne ne s’y attendait, le 30 Décembre 2015, M. Diabaté Lanciné, au cours d’une réunion d’information et sans aucune autre forme de procès, vient annoncer, au nom du SGI du RDR, Amadou Soumahoro, la suspension ‘’pour un réaménagement technique’’ de La Matinale. Personne ne sait jusqu’aujourd’hui, les vraies raisons qui ont entrainé la fermeture brusque et brutale du journal. Toutefois, une seule chose est certaine, Monsieur le président de la République, c’est que, malgré tous les efforts que vous faites pour l’avènement d’une presse crédible avec des journalistes payés à la convention collective (aide de l’Etat à la presse, subvention particulière à certaines journaux dont La Matinale, etc.), les journalistes de La Matinale n’ont jamais pu bénéficier ni de contrats de travail, ni de bulletins de salaire, encore moins de couverture sociale (déclaration CNPS) . Non ! Monsieur le ministre Amadou Soumahoro, ne nous parlez pas des bouts de papier qui nous étaient fait signer toutes les fins de mois par une certaine Mariam K., ex-secrétaire particulière de M. Bamba Alex, et plus tard après par M. Koné Idriss. Car ce n’étaient pas là des bulletins de salaire mais juste des traces pour justifier des sorties d’argent. Le moment est venu pour que chacun réponde de ses actes devant le président de la République.

 

 

Quid des fameuses ‘’Editions Vivre Ensemble’’

 

 

Cela fait aujourd’hui 5 mois, jour pour jour, que La Matinale a été fermée, et toujours rien. Le 29 Mars 2016, au cours d’une réunion qu’il a convoquée avec le personnel dudit journal au siège du RDR à La Rue Lepic, M. Diabaté Lanciné qui intervenait en tant que Directeur de cabinet adjoint du SGI du RDR, a annoncé la création d’une nouvelle maison d’édition dénommée ‘’Les Editions Vivre ensemble’’ à laquelle il invitait l’ensemble des ex-travailleurs de La Matinale à y postuler, en tout cas, pour ceux qui voulaient y travailler. Les Editions Vivre Ensemble étaient supposées ouvrir début avril. Ce n’était juste qu’une question de temps, disait-il. De bonnes nouvelles étaient donc à venir pour l’ancien personnel de La Matinale qui devait faire sa mutation. Malheureusement, depuis cette dernière réunion, plus rien n’a filtré de la direction du RDR. Les fameuses éditions Vivre Ensemble ne sont toujours qu’un simple projet. Et les travailleurs, eux, se retrouvent sans salaires depuis deux (02) mois. Monsieur le Président de la République, après plus de 3 années passées à La Matinale, et là où vous venez de rempiler avec brio pour un second mandat, nous crayons que 2020 ne trouve les (ex) journalistes de La Matinale toujours au même point de départ. Aucun journaliste n’a pu s’ouvrir le moindre compte bancaire après 3 années passées dans le journal du parti au pouvoir. Et même ceux qui ont eu la chance d’en ouvrir n’ont pas pu l’alimenter faute d’argent eu égard à la précarité des conditions de vie et de travail. Vous comprenez ! Travailler dans le journal du parti au pouvoir et ne même pas pouvoir avoir de compte bancaire ou du moins l’alimenter. Normal si des journalistes sont payés main à main. Le comble ! Mais ce n’est pas tout !

Contrat de travail = Zéro.

Bulletins de salaire = Zéro

Déclaration CNPS = Zéro

Logements Sociaux = Zéro

Couverture maladie universelle = Zéro

Gratification de fin d’année = Zéro

‘’Nos exigences’’

5 mois après la fermeture de La Matinale, fort est de constater qu’annoncées en grandes pompes, les Editions ‘’Vivre Ensemble’’ peinent véritablement à voir le jour. Que le ministre Amadou Soumahoro et le RDR aient le courage de le reconnaître et de verser aux ex-journalistes et agents de la Matinale la totalité de leurs droits. C’est le moins que nous demandons. Rentre en possession de nos droits de travail. Il ne s’agit pas de ruser. Ni de jouer la montre. La menace ou l’intimidation non plus, ne sont pas des solutions sages. On ne peut pas demander à des pères et mères de famille de patienter durant 5 mois dans la faim. La patience a des limites. Ne dit-on pas qu’un homme qui a faim n’a pas d’oreille ! Monsieur le Président de la République, Cher Papa, nous voudrons vous prendre à témoin. Nous ne pouvons plus accepter cette situation et exigeons:

  1. Le paiement sans conditions et avant le 15 Juin 2016 des arriérés de salaire des mois d’Avril et de Mai

  2. L’ouverture sans plus tarder des Editions ‘’Vivre Ensemble’’ pour la reprise effective du travail

  3. Le maintien de l’ensemble de l’ex-personnel de La Matinale

  4. A défaut de la reprise, le paiement intégral et non négociable des droits de tous les ex-travailleurs

 

Monsieur le Président de la République, Cher Papa, nous voulons vous informer que si une solution rapide n’est pas trouver à toutes nos revendications, nous nous réservons le droit de mener des actions vigoureuses pour nous faire entendre. Et une grève de la faim simultanément devant le siège du RDR à la Rue Lepic de Cocody et devant la résidence du ministre Amadou Soumahoro, n’est pas à exclure. Pour terminer, nous voulons vous féliciter, Monsieur le Président de la République, pour l’embellie que connait notre pays, la Côte d’Ivoire, depuis votre accession au pouvoir. Quant à nous, ex-journalistes et agents de La Matinale, nous ne voulons pas mourir de faim parce que privés du droit à la vie par le ministre Amadou Soumahoro et le RDR. Vous avez fait de l’emploi-jeunes votre principal cheval de bataille. Nous savons que, jamais, vous n’accepterez que des gens proches de vous s’érigent en fossoyeurs de votre politique de l’emploi envers les jeunes. Nous avons confiance en vous. C’est pour cela que nous en appelons à votre si grande sagesse.

 

 

Le collectif du personnel de La Matinale

 

 





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