Séjour sur les bords de lagune Ebrié: Bensouda aux trousses des hommes de Ouatara

Samedi 20 Juillet 2013 - 05:26


Séjour sur les bords de lagune Ebrié: Bensouda aux trousses des hommes de Ouatara
Le régime Ouattara a pour coutume de faire une diversion médiatique en focalisant la présence de la procureure de la Cpi sur sa volonté de voir la première dame Simone Ehivet Gbagbo rejoindre son époux à La Haye. Bensouda vient jouer la crédibilité de son institution instamment écorchée par les différentes contestations dont elle fait l’objet dans plusieurs dossiers qu’elle a à gérer depuis son existence. Le cas Gbagbo singulièrement lui donne du fil à retordre ces derniers mois. Les accointances des nouvelles autorités ivoiriennes avec l’ex-procureur Ocampo et son prédécesseur, Fatou Bensouda, la sympathie intéressée dont bénéficie Alassane Ouattara au sein de la communauté internationale est un boulet à ses pieds», révèle une source crédible au ministère de la Justice proche du dossier de la Cpi sur la Côte d’Ivoire. Fatou Bensouda, déjà à Abidjan va suggérer les cas de Losséni Fofana, commandant des Forces de l’ouest, Ben Laden, nommé préfet de région à San- Pedro, Shérif Ousmane, commandant adjoint de la Garde républicaine (Gr) à Gnénéma Coulibaly, ministre de la Justice qui la reçoit ce matin. Pour sauver ses hommes de l’acharnement de la justice internationale, Alassane Ouattara a vite fait d’inculper des pro- Gbagbo (au nombre de 84) devant une Cour d’assises en Côte d’Ivoire. Parmi eux, certains figuraient dans un package dans lequel se trouvait des criminels du camp Ouattara dont certains ont bénéficié de promotion dans son administration. Comme argument pour ne pas céder à la volonté de la Cpi de voir transférer Losséni Fofana et ses amis de l’ex-rébellion à La Haye, le gouvernement Ouattara évoque la normalisation de la situation en Côte d’Ivoire et « la reprise des activités judiciaires selon les attentes des Ivoiriens ». « Notre justice dispose des moyens qui puissent la rendre indépendante », clame le gouvernement Ouattara qui évoque que la période post-électorale, n’étant pas favorable au jugement des « personnalités coupables de crimes contre l’humanité », le président Laurent Gbagbo a dû être transféré devant la Cour pénale internationale. Mais en réalité, c’est une dérobade de l’actuel homme fort ivoirien qui n’a pas l’intention de lâcher ses hommes qui ont œuvré, sur le plan militaire, à son avènement au pouvoir. A ce sujet, les spin doctors d’Alassane Ouattara entreprendront, selon des sources crédibles, une campagne de communication dans les prochains jours selon lesquels la justice ivoirienne bénéficie d’une indépendance susceptible de lui permettre de juger les crimes de la crise post-électorale. Un échappatoire bien planifiée pour mettre à l’abri les criminels de Duékoué-Carrefour et de Yopougon épinglés par les organisations internationales. Celles-ci voudraient les voir passer devant la CPI au même titre que le président Laurent Gbagbo contre qui les juges ont noté l’insuffisance des preuves.

Gilles Naismon


Le Nouveau N° 832 Du Vendredi 19 Juillet 2013




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