Séjour de Bensouda à Abidjan/Les confidences d’un proche du ministre de la Justice

Jeudi 25 Juillet 2013 - 07:31


Image d'archives-Fatou Bensouda chez Ouattara
Image d'archives-Fatou Bensouda chez Ouattara
A peine est-elle descendue de l’avion en fin de semaine dernière que la Procureure de la Cour pénale internationale (Cpi) avait annoncé les couleurs. L’ex-ministre de la Justice de Gambie avait bien à l’esprit de redorer le blason de la juridiction. «Mme la Procureure a hérité d’un travail plus ou moins contestable de son prédécesseur, M. Ocampo. Pris dans l’euphorie du front de la communauté internationale contre M. Laurent Gbagbo et de ses amitiés, comme il le dit lui-même, avec certains dirigeants actuels, il s’est lancé, sans prendre du recul, dans un travail d’investigation dont les résultats n’ont pas été majoritairement approuvés par les juges. Les preuves contre Laurent Gbagbo, comme vous le savez, ont été jugées insuffisantes, en plus de ce que la CPI elle- même, tout comme la justice ivoirienne, est taxée de fonctionner comme une justice des vainqueurs. Parce que jusqu’à ce jour, malgré les démarches diplomatiquement correctes des envoyés de la CPI, le chef de l’Etat ivoirien refuse de lever le pied pour que des personnes de son camp, supposées coupables, soient inculpées», a révélé, sous le couvert de l’anonymat, une personnalité proche du ministre de la Justice ivoirienne, à l’occasion du séjour de Fatou Bensouda en Côte d’Ivoire. «Les autorités ivoiriennes sont conscientes de ce que la présence de la procureure de la CPI cette fois-ci en Côte d’Ivoire, au moment où la défense marque des points, et au-delà du cas Simone Gbagbo, il s’agissait d’avoir une réponse très claire quant à la mise à disposition des présumés criminels du régime Ouattara», poursuit la source du N o u v e a u C o u r rie r . Selon elle, la Cour pénale internationale, prise dans l’étau des critiques à travers le monde (principalement de certains dirigeants africains) se débat pour rester à équidistance des parties (pouvoir et opposition) déchirées par de nombreuses années de crise. Bensouda a obtenu gain de cause ? «Elle a vivement exhorté le ministre (de la Justice) à faire diligence pour permettre à son équipe d’avancer dans les dossiers qui leur a été confiés par les juges», a révélé cette personnalité. D’ailleurs à cet effet, Fatou Bensouda avait annoncé les couleurs en déclarant que «dès le début de l’affaire, le bureau de la procureure a indiqué qu’il cherchera de tous les côtés, dans tous les camps. Il fallait bien commencer quelque part. Mon mandat n’est pas d’arrêter qui que ce soit mais d’investiguer. L’affaire Gbagbo est la première pour le cas de la Côte d’Ivoire mais elle n’est pas la dernière (...)» Le successeur de Luis Moreno Ocampo, dont l’enquête sur les divers crimes commis en Côte d’Ivoire a donné du grain à moudre à ses détracteurs, a eu un entretien à bâton rompu sur les cas qui intéressent son institution avec le ministre de la Justice et bien d’autres personnalités ivoiriennes. Elle a aussi consulté les résultats de l’enquête de la commission mise en place par Alassane Ouattara. Cette enquête avait affirmé que «les deux camps ont tué des centaines de personnes (plus de 700 pour les pro-Ouattara, plus de 1400 pour les pro-Gbagbo).

Gilles Naismon

Le Nouveau Courrier N° 836 Du Mercredi 24 Juillet 2013 dans l’actu




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