Secrétariat exécutif du FPI mardi dernier: La grande colère de Sangaré Aboudramane

Le front populaire ivoirien a tenu, mardi dernier, un secrétariat exécutif de clarification. Malgré les éclats de voix et la grande colère de Sangaré Aboudramane contre ceux qui trahissent le FPI.

Samedi 21 Juin 2014 - 05:15


Sangaré Aboudramane
Sangaré Aboudramane
C’est peut-être la fin du malaise. Après le secrétariat exécutif de mardi dernier, la direction du parti convoque dès ce samedi un secrétariat général. Une semaine plus tard, aura lieu la réunion du comité central. La dernière ne s’était pas particulièrement bien passée et une rencontre de rattrapage avait été promise par les hiérarques. Chose promise, chose due, pourrait-on donc écrire mais seulement en apparence. Car les oppositions sur la levée ou non du boycott du recensement général de la population et de l’habitat ne risquent plus d’avoir lieu. Parce que non seulement le boycott sera maintenu mais en plus, la lutte pour la libération du président Gbagbo devient une priorité absolue du parti. Sur la question, le président du FPI semble avoir tiré des leçons des derniers développements de l’actualité nationale. Le gouvernement qui avait promis la libération de 150 prisonniers politiques proches de Gbagbo freine en effet désormais des quatre fers, alors que Pascal Affi N’guessan continue d’affirmer que la levée du boycott du recensement n’était pas une condition à la libération des dits prisonniers. Ce dernier a d’ailleurs suspendu le processus et communique ouvertement sur le manque de volonté du parti de Laurent Gbagbo. Le président du FPI a dû aussi revoir à la baisse la confiance qu’il avait placée en ses vis-à-vis après les différentes interdictions qui ont largement perturbé sa tournée dans le Bafing.Interdit de clôturer son séjour par un meeting à Touba, Affi N’guessan a dû aussi accepter à contre cœur de ne plus rendre visite à l’ex-première dame, Simone Gbagbo, dans son goulag d’Odienné, même si ses détracteurs estiment qu’il n’avait pas pris soin d’obtenir une autorisation du procureur de la République. La menace d’un congrès de clarification dont parlaient ouvertement ces derniers a certainement
aussi provoqué le revirement. Bref, la ligne du pacifisme ayant été clairement dénoncé, le FPI devrait après le comité central du 28 juin, se préparer à organiser des manifestations de masse dans la droite ligne de ce qu’avait  demandé l’avant-dernière rencontre du comité central. Mais ce consensus ne s’est pas fait sans heurts. Divisés sur la stratégie à adopter face à Alassane Ouattara, les cadors du parti ont d’abord maintenu des sons discordants. L’ancien ministre de la défense Michel Amani N’guessan aurait proposé la stratégie de l’entrisme. Pour rendre la monnaie de la pièce à Ouattara en particulier et au RDR en général qui avaient participé à un gouvernement d’ouverture avec Gbagbo avant de l’attaquer. « Nous avions tous les maillons de la défense et les gens nous ont vaincu. Ils nous ont espionné de l’intérieur et se sont enrichi avec notre pouvoir pour nous vaincre », aurait-il tenté de convaincre ses camarades, proposant  que le FPI accepte d’entrer dans le gouvernement qu’ils proposent pour avoir les moyens de les évincer ensuite du pouvoir. C’est la seule façon d’arriver au pouvoir. La confirmation des charges nous indigne mais nous ne devons pas en faire une fixation dans notre lutte », aurait-il encore argumenté. Joint avant- hier au téléphone, le vice-président chargé de la sécurité et de la défense n’a pas confirmé les propos qu’on lui prête. En revanche, il a admis qu’il a donné son point de vue au cours de cette réunion du secrétariat général. « J’ai été mis en minorité et la vie continue », a-t-il conclu. Ces déclarations auraient néanmoins mis le feu aux poudres puisque la présidente de l’OFFPI se serait en effet dressée contre cette proposition d’entrée dans un gouvernement d’union avec Ouattara parce qu’elle est fondée sur un pacifisme qui a tendance à tourner définitivement la page Gbagbo. A sa suite, le 1er vice- président du FPI Sangaré Abou Dramane aurait alors affirmé que « ceux qui trahissent pour servir leurs intérêts et leurs ambitions contre le FPI de Laurent Gbagbo seront tôt ou tard démasqués et je suis convaincu que l’histoire va les punir. Et si c’est moi qui l’ai fait, je serai puni par l’histoire », aurait-il ajouté. Mais malgré ces éclats de voix, le FPI a retrouvé son unité. Les réunions du secrétariat général et le comité central la semaine suivante vont amplement le démontrer dans les prochains jours.■

sévérine BLé

Source: Aujourd’hui / N°668 du Vendredi 20 au Samedi 21 Juin 2014




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