Sciatique: Le drame ivoirien

Mercredi 26 Février 2014 - 13:31


Le 2 Février 2014, un communiqué de la Présidence de la République de Côte d’ivoire nous apprend que M.OUATTARA est en «  visite privée  » en France.
Depuis le début de son mandat, M.OUATTARA a habitué les Ivoiriens aux fréquentes «  visites privées  » à Paris financées par des fonds publics.
Cette fois-ci, cette visite privée était fort curieuse étant donné qu’elle éloignait M.OUATTARA de plusieurs grands rendez-vous qu’il affectionne particulièrement  : I.C.I 2014 (Investir en Côte d’Ivoire 2014) et un sommet de l’UA à ADDIS-ABEBA, la visite du Président français François Hollande annulée.
L’hypothèse d’un rendez-vous plutôt hospitalier est avancée sur la toile pour expliquer cette énième «  visite privée  ».
Le 9 Février, un autre communiqué laconique nous informe que M.OUATTARA «  a été opéré d’une sciatique en France et se porte bien  ».
Un mensonge cachant un autre, l’opinion ivoirienne n'accorde que peu de crédit à cette explication de l'absence de Monsieur Ouattara de Côte d'Ivoire qui résulte d'un grand amateurisme en matière de communication. Car les spécialistes précisent que l'on n'opère pas de la sciatique mais plutôt d'une hernie discale.
Plusieurs sources indiquent que M.OUATTARA fait face à un cancer de la prostate en phase métastase, ce qui exige des «  visites privées  » fréquentes.
La métastase a atteint plusieurs organes dont les os de la colonne vertébrale provoquant des douleurs atroces. La sciatique n’est donc qu’un mal collatéral.
La spéculation sur la mort de quelqu'un même de son pire ennemi ne réjouit personne. Toutefois, ce sont les conséquences de cet acharnement thérapeutique sur l'intégrité de l’état de santé mental de celui qui nous gouverne depuis le 11 Avril 2011 qui nous préoccupent.
Car, le traitement des multiples effets secondaires dont cette douleur qui ne date pas d’aujourd’hui et toutes ces «  visites privées  » n'augurent rien d'encourageant et surtout d'un futur serein pour la Côte d'Ivoire. Les spécialistes s’accordent à dire que cette douleur ne se soigne qu’à la morphine pouvant entraîner des «  troubles cognitifs  ».
Selon ces mêmes spécialistes, les troubles cognitifs peuvent entraîner un comportement agressif, l’oubli des engagements et des logiques souvent incompréhensibles.
Comment expliquer cette propension à l’agressivité et aux exécutions sommaires dont fait preuve le régime de M.OUATTARA  contre son propre peuple sans aucun regret ni compassion  ?
Comment expliquer ces nombreuses promesses jamais mises en œuvre quand il s’agit des droits et libertés démocratiques  ?
Comment expliquer l’oubli soudain des déclarations comme celle faite sur le «  rattrapage ethnique  ?
Comment expliquer des logiques les plus absurdes dans son propre domaine de compétence du genre «  l’argent ne circule pas car il travaille  »  ?
À ce propos les médias français commencent à écrire que, malgré toutes les promesses et toutes les aides, l'économie ivoirienne n'est pas au mieux et est gangrenée par une corruption endémique.
La grande révélation de cette «  opération de la sciatique  » est la découverte de la logique de la gouvernance OUATTARA. La «  sciatique  » explique donc le drame ivoirien.
Selon les termes de la constitution ivoirienne «Le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par le Conseil de l'Ordre des Médecins. Ces trois médecins doivent prêter serment devant le Conseil constitutionnel. Il doit être de bonne moralité et d'une grande probité. Il doit déclarer son patrimoine et en justifier l'origine  »
Le candidat «  exceptionnel  » en violant les dispositions de la constitution, cachait par-dessus tout un mal qui est devenu le drame ivoirien.
Le peuple de Côte d’Ivoire est donc maintenant informé de l’état physique et mental de celui qui se considère comme son Président et qui aspire à se présenter pour une mandature en 2015.
Les multiples «  visites privées  » ne sont rien d’autre qu’une vacance de fait du pouvoir pour incapacité physique et mental.
Malheureusement le constat de cette vacance est impossible avec un Conseil Constitutionnel et un Président de l’Assemblée National hors la loi et donc ne peuvent se prévaloir d’une Constitution qui ne les reconnaît pas.
En effet, la composition du Conseil Constitutionnel a été modifiée d’une manière illégale  ; il en est de même de l’élection du Président de l’Assemblée Nationale qui reste, malgré tout un chef rebelle responsable du désastre sécuritaire actuel avec ses Dozos, ses rebelles et ses mercenaires qui créent la terreur et l'insécurité dans le pays.
La grave crise entre Sénoufo et Malinké depuis l’assassinat d’IB par les guerriers de SORO, qui secoue  les adeptes de la charte du nord ayant engendré le rattrapage ethnique, risque d’ajouter un nouveau drame sécuritaire entre les héritiers de M.OUATTARA rendant inapplicable la Constitution.
L’article 40 de la Constitution de 2000 dispose  :
«  Article 40 : En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée Nationale. Pour une période de quarante-cinq jours à quatre-vingt-dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République.
L'empêchement absolu est constaté sans délai par le Conseil Constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres  »
En tout état de cause les nombreux obstacles sur le chemin de nouvelles élections dépassent le cadre et le délai fixé par la Constitution.
Un nouveau consensus refondateur d’une nouvelle République s’impose. La Constitution actuelle reste inapplicable et inappliquée à tout point de vue depuis son adoption en 2000. Ceux qui l’ont toujours violée ne manqueront pas le sport préféré. Violer la Constitution de 2000 est devenu pour eux une seconde nature.
La proposition des États Généraux de la République faite par le Président du FPI, Pascal AFFI N’GUESSAN reste donc la seule issue à une transition pacifique vers une nouvelle République qui réconcilie les Ivoiriens et règle les questions de sécurité.
Le peuple de Côte d’Ivoire, détenteur exclusif de sa souveraineté est donc face à ses responsabilités au vu de l’inapplicabilité de la Constitution, de l’illégalité et de l’illégitimité de ses représentants.
Selon la Constitution  : «  Article 31 : La souveraineté appartient au peuple. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.»


Dr Cheick DIABATE
Enseignant chercheur  Université de Colorado, USA




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