Santé d’Alassane Ouattara: l’histoire d’un silence radio inquiétant

Aucun traitre mot de la visite privée d’Alassane Ouattara sur les bords de la Seine. Selon des sources non officielles, le chef de l’Etat profite de son séjour parisien pour un contrôle médical. Mais cette omerta n’a vraisemblablement pas de quoi rassurer avec le défilé des pontes de la ouattarandie, depuis quelques jours, à Paris.

Samedi 5 Juillet 2014 - 12:18


Vu de la présidence ivoirienne, Alassane Ouattara est à Paris pour une visite privée. Pas vraiment étonnant lorsque l’on connait le concerné et sa vie dans l’hexagone. Un bref communiqué a donc été produit par le service de communication qui, depuis lors, s’est paré de ses plus beaux atours : l’omerta. Car, selon des sources non officielles, mais qui sont généralement bien informées, le chef de l’Etat est à Paris pour cause de maladie. Les plus optimistes parlent, quant à eux, d’un simple contrôle médical, du à la dernière opération à la sciatique de Ouattara, dans une clinique américaine de la capitale française. La santé d’Alassane Ouattara est toujours frappée du même sceau de confidentialité tellement opaque que cela donne le tournis. Or, dans la foulée de sa visite privée, tous les pontes de son régime se sont retrouvés à Paris. Reçu avec les honneurs à la primature française par Manuel Valls, Hamed Bakayoko avait déjà devancé son patron quelques jours plus tôt puisqu’il doit préparer la prochaine visite de François Hollande en Côte d’Ivoire le 17 juillet prochain. Mais Ouattara inquiète à nouveau. La première de Hollande en Côte d’Ivoire avait justement été annulée en raison de son opération à la sciatique. Depuis, contrairement à ses habitudes, Ouattara a systématiquement séché toutes les grandes rencontres internationales auxquelles il a été convié, jusqu’à cette visite privée à Paris. Y est-il parce que sa santé se serait dégradée ? Ou alors pour un simple contrôle médical comme le répètent à l’envie ses collaborateurs, ou pour rien de tout cela ? Pas facile de démêler l’écheveau d’une organisation vertigineuse et étroite qui ne laisse rien filtrer.
Seul signe des temps, ce sont une fois de plus les retrouvailles à Paris du gouvernement et des principaux pontes du pouvoir qui met la puce à l’oreille. Car à part le ministre de l’intérieur, le premier ministre Daniel Kablan Duncan est aussi à Paris ; de même que le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro qui doit représenter la Côte d’Ivoire au sommet de la franco- phonie à Otawa, au Canada. Tous sont à Paris avec le chef de l’Etat. Ces retrouvailles ont d’ailleurs parfois pris des allures RHDP avec la présence d’Henri Konan Bédié en ces lieux. Hamed Bakayoko lui a d’ailleurs rendu une visite assez intéressée à son domicile parisien, rue Beethoven. La question de la candidature unique aux prochaines élections présidentielles, en 2015, n’a jamais été aussi importante que maintenant.
Alassane Ouattara veut triompher sans gloire et compte sur le PDCI et Henri Konan Bédié en particulier pour lui assurer un second mandat à la tête du pays. Une autre hypothèse aurait moins de chance de convaincre ses alliés occidentaux qui ne jurent que par les apparences. Alors, comme un objet de valeur qu’on astique quotidiennement, Alassane Ouattara veille sur Henri Konan Bédié comme on veille sur la prunelle de ses yeux. Mais les deux alliés ne se portent pas très bien. Le sphinx de Daoukro, selon l’expression de ses partisans, ne se porte pas comme un charme comme il décrit générale- ment lui-même  sa santé. Opéré à l’œil ces derniers temps, il fait le même parcours du combattant que son allié du PDCI. Henri Konan Bédié rentre d’ailleurs aujourd’hui à Abidjan où l’attendent ses militants, mais aussi les polémiques déclenchées par la perspective de cette candidature unique au profit de Ouattara. Ce dernier espère montrer pattes blanches à son homologue français. Ainsi, Ouattara a consenti à la libération d’une autre vague de prisonniers politiques avant son départ à Paris où il poursuit sa visite privée. Le temps, lui, est désormais compté pour les défis à venir. Le chef de l’Etat doit en effet , au risque de voir la polémique sur sa santé rebondir, accueillir Hollande à l’aéroport d’Abidjan, puis passer en revue les troupes qui dure tout de même quelques bonnes minutes. Pourra- t-il rester longtemps arrêté ? C’est aussi l’une des grandes inconnues de la visite de Hollande, même si ce sera sur la question des droits de l’homme, dans un pays où règne la justice des vainqueurs, que sera prioritairement attendu ce président socialiste.

Sévérine Blé

Source: Aujourd’hui / N°678 du Vendredi 04 au Samedi 05 Juillet 2014





1.Posté par laurent dahi le 05/07/2014 19:16 (depuis mobile)
Que Dramane ouattara soit malade ou en bonne sante c est pas notre probleme donc on s en fou

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