Samba David, président de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire« les arrestations ne peuvent pas arrêter notre détermination »

Le président de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire, Samba David était face à la presse hier jeudi 6 novembre 2014 à Yopougon pour expliquer le déroulement de son arrestation et des péripéties judiciaires qu’il a subies.

Samedi 8 Novembre 2014 - 08:48


Samba David, président de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire
Samba David, président de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire
Samba David se dit remonté contre les autorités ivoiriennes. A l’occasion d’une conférence de presse, le président de la Coalition des Indignés a vertement dénoncé les répressions dont sont victimes les différentes activités pacifiques que cette organisation de la société civile organise, alors même que lesdites activités sont autorisées en bonne et du forme. « Le 21 novembre 2014, nous avons déposé des courriers à la mairie, au district de police, à la préfecture de police, au ministère de l’intérieur…Nous avons fait notre part qui était d’informer les autorités. Il n’y a pas eu de réponse interdisant la manifestation », a déclaré Samba David. Qui a affirmé par la suite qu’un représentant de l’Onuci, un autre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDHCI) en la personne de M.Traoré Wodjo Fini et lui-même, ont rencontré le maire de la commune de Yopougon, M.Gilbert Kafana Koné pour lui signifier qu’il n’est normal d’interdire des manifestations de ce type dans un Etat de droit. Le maire, selon l’orateur, a rétorqué verbalement que c’est la marche qui est interdite car elle pouvait être infiltrée par des individus mal intentionnés, mais toute autre manifestation était autorisée. Il s’est donc résolu d’animer un meeting pour lequel  l’ONUCI s’est engagé à la sécurisation. Malgré cela, Samba David dit avoir reçu des appels de ses camarades l’informant de ce que le lieu de la manifestation, c’est-à-dire ‘’la place Cp1’’ de Yopougon, était quadrillée par des cargos de policiers sur appel du directeur de cabinet de la mairie de Yopougon, qui lui-même dit avoir reçu l’ordre du préfet de police. « Pourquoi voulez-vous que la Côte d’Ivoire fonctionne comme ça ? », leur a-t-il demandé. « A 10 heures,  je me suis rendu sur les lieux pour constater. Mais on ne pouvait pas ne pas faire cette manifestation, c’est pourquoi je suis allé avec le drapeau ivoirien. J’ai pris le mégaphone pour dire ‘’si parler en Côte d’Ivoire est une faute, alors la Constitution dit faux’’ », a-t-il indiqué, par ailleurs. Avant d’annoncer trois blessés dans les rangs de ses collaborateurs au nombre desquels Zagadou. Lui-même a été violenté notamment au niveau de l’épaule où il a senti de violentes douleurs durant la nuit qu’ils ont passée, après le commissariat du 16 e arrondisse- ment, dans un endroit obsolète, sans lumière, ni contact avec l’extérieur. « Autour de 19 heures, j’ai commencé à sentir le mal à l’épaule et je l’ai signifié au policier. L’ONUCI a eu vent de ce que je souffrais. Dimanche, nous nous sommes rendus à l’hôpital de la police qui, au départ, a refusé de me traiter sous prétexte que je ne suis pas policier…On m’a fait des ordonnances. On a dormi dans un endroit digne de vulgaires bandits de grands chemins, où il n’y avait pas de toilettes ni d’électricité. », explique-t-il. Il a noté par la suite que le tribunal les a maintenus de 9h à 19h avant d’avouer que le dossier est vide. Malgré cela, ils ont dû être auditionnés de 23 heures à 4heures du matin, car il fallait trouver forcement une preuve. Il a cependant fait savoir à la presse que revenu au parquet le mardi, le procureur Soro Drissa a reconnu qu’il n’y avait pas de raison de les arrêter car « ils avaient raison » et que lui-même n’était pas informé de toutes ces tracasseries. Il a cependant dit, selon Samba David, que la situation était fragile avec ce qui se passe dans la sous-région. « Les arrestations ne peuvent pas être un obstacle. Nous allons poursuivre car nous avons le droit avec nous. La vie devient de plus en plus chère, la corruption s’installe au sommet de l’Etat, l’impunité règne, en plus de cela, on accueille un dictateur ; nous allons bouter hors de la Côte d’Ivoire Blaise Compaoré car nous luttons contre l’impunité et Blaise incarne l’impunité. Il ne restera pas ici jusqu’à la fin de ce mois. Nous sommes prêts pour la bataille », a-t-il conclu.

Hervé Gobou
rvgobou@yahoo.fr

Source: Aujourd’hui / N°764 du vendredi 07 novembre 2014




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