Samba David, le président de la coalition des indignés : « La bombe sociale est prête à exploser »

Mercredi 21 Mai 2014 - 05:20


"Pour notre dignité"

Nous voudrions avant toute civilité, vous demander d’observer une minute de silence pour ces jeunes qui sont trop tôt partis dans la fleur de l’âge (la jeune Awa FADIGA et l’élève Joël TIEMOKO) et  toutes les victimes d’un système cruel et inhumain. Merci et asseyons nous. Chers amis indignés, chers invités, chers journalistes pour qui nous avons des mots de remerciements et de reconnaissance, parce que dans cette aventure pour la lutte de notre dignité, vous avez toujours répondu pré- sent, comme vous le démontrez aujourd’hui. Merci et grand merci à vous… Cela fait exactement un an que nous crions et que nous demandons le dialogue social, un dia- logue pour notre survie collective, un dialogue pour notre dignité. Hélas, la seule réponse que nous avons est celle de la violence d’Etat, de la violence répressive, une violence inutile et improductive. Chers invités, chers amis journalistes, le danger social guette notre pays, la bombe sociale est chargée et prête à exploser. Nous refusons de jouer les pyromanes pompiers. C’est pourquoi nous voulons interpeller l’Etat en appelant tous les ivoiriens à une journée de l’indignation, une journée pour exprimer notre désir de vivre en paix et dans des conditions sociales dignes d’un être humain. Oui ! C’est pour tout cela que nous nous indignons chaque jour au risque de notre vie. Les sujets que nous aborderons aujourd’hui – et pour lesquels on note la présence ici de chaque responsable des différents secteurs d’activités – tourneront autour des points suivants :
1.La cherté de la vie ; 2.Les déguerpissements illégaux (abusifs) ; 3.Le non emploi des handicapés ;
4.Les licenciements abusifs ; 5.La non création d’emploi ; 6.Les arrestations arbitraires ; 7.Le phénomène des enlève- ments des filles qui bat son plein ; 8.L’abandon des services de santé aux mains des citoyens ; 9.La chute du coût des produits de rente ; 10.La réouverture des cités universitaires ; 11.L’exploitation des parents d’élèves par la création de CEL- PAID, et la cherté de l’école ; 12.L’insécurité
Passons en revue seulement trois de ces points pour vous donner une idée de la cruauté du système qui nous régente.

1.La cherté de la vie

1.1.Les tenanciers de maquis, de restaurants, Ceux-ci croupissent sous le poids des taxes municipales.
Nous pouvons citer entre autres Patente : 8 000 frs de jour, pa- tente de nuit : 12 000 frs, ODP : 4 000 frs/m2, taxe environne- ment : 15 000 frs/mois, brigade mondaine : 10 000 frs ; BURIDA 10 000 frs /mois. Vu toutes ces taxes que doit payer un maquis, à combien sera payé un employer de ce maquis ? Au surplus, comment réaliser des économies substantielles

1.2.Les vendeuses des marchés Elles aussi croupissent sous le poids de l’augmentation spectaculaire du coût des tickets journaliers qui passent du simple au double  et par fois du simple au triple. A côté de tout cela, il faut noter que des  magasins, des boutiques et bien d’autres grandes surfaces de commerce qui étaient une source de revenu pour bon nombre de personnes ont été rasés par l’avènement du ministère de la salubrité et
cela a occasionné la mise au chômage forcé et la clochardisation de ces personnes. Une opération dite ville propre s’est transformée en opération de paupérisation des Ivoiriens et la ville reste toujours en attente de cette propreté.

1.3.Les grands commerçants Les grossistes, les importateurs et autres croupissent aussi sous le poids des taxes et impôts qui augmentent au gré des gouvernant. Ils sont aussi la proie des FRCI et leurs com-zones à qui ils se doivent de verser une rançon chaque mois, selon eux pour assurer leur sécurité et faciliter l’importation de leurs marchandises. Cette pratique que le système Ado impose aux commerçants participe de la cherté de la vie.

1.4.L’augmentation des denrées alimentaires de première nécessité Les denrées de grandes consommations Riz "ONCLE SAM"  de 16 000 frs en 2010, il est passé à 24 000 - 25 000 depuis 2012 ; L’huile de palme de 750 à 800 le litre, elle se négocie désormais à 1200 frs ; La viande de bœuf de 1700 à 1 800/kg, elle est passée à 2400 ou 2500 frs le kilogramme ; Le sucre est passé de 350 à 600 frs le paquet

2.Les déguerpissements illégaux et abusifs;

2.1.Les déguerpis de Washington Au conseil des ministres du mercredi 25 octobre 1996 sous l’ex-président HENRI KONAN BEDIE, un accord à été obtenu pour la mise en œuvre de la phase de l’opération de déplace- ment des populations du quartier précaire de Washington et Blingué. Cette opération rentrait dans l’important programme du gouvernement concernant la lutte contre la pauvreté. Le 21 février 1998 la banque mondiale a participé à l’inauguration de Biabou 1 qui devrait loger 1000 familles. Ceci a été fait. La seconde phase concernait la construction de 1258 logements pour continuer le déplacement de ceux qui sont sur la liste d’attente sur le site identifié et par ailleurs disponible. Aujourd’hui avec l’avènement de M. Ouattara au pouvoir, non seulement ce projet a été aban- donné mais en plus le site d’ac- cueil a été vendu à un opérateur économique, privant ainsi du même coup les occupants de Washington d’un point de chute. En réponse aux préoccupations des occupants, les FRCI appuyés par des Caterpillars sont rentrés dans le quartier et ont procédé à la démolition des mlaisons. Face à l’opposition de la population, il s’en est suivi le décès de TRAORE Sita morte par asphyxie. Le gaz lacrymogène lui a été fatal !

2.2.Les déguerpis de la cité Ran Marcory Cette cité crée depuis 1952 a logé différents cheminots jusqu’aux derniers occupants, qui eux ont demandé que l’ex RAN devenu SIPF leur cède cette cité. Dans l’attente de la réponse à leur requête, les occupants sont surpris de voir un nouveau propriétaire autre que la RAN qui se trouve être un operateur économique d’origine libanaise du nom de FOUAD OMAIS. Il a brandi à cet effet une lettre d’attribution signée par le directeur d’exploitation
de la SOGEPIE qui fait de lui le nouvel acquéreur du terrain pour la construction d’un hyper marché ou une cité libanaise. Sur la question, le DG de la SOGEPIE s’est prononcé tout en désengageant la responsabilité de la SOGEPIE de cette affaire, affirmant que la signature du signataire m’engage que lui seul et non la structure Etatique. En dépit de cette preuve de faux, le  vendredi 10/04/2014 à 4 h du matin, la cité a reçu la vi- site de 200 loubards suivis de gendarmes et appuyés par les FRCI. Surpris dans leur sommeil, les occupants se sont re- trouvés dehors nus. Aucun objet n’a été épargné. Tout ce qui était dans les maisons a été englouti sous les décombres. Des efforts de plusieurs années ! Les diplômes des élèvent et étudiants et les effets scolaires sont à acheter à nouveau. Cet opérateur économique, OMAIS, qui a commis illégalement toute cette détresse, circule librement en totale impunité.

3.Les licenciements abusifs et libertés syndicales

Depuis l’arrivée au pouvoir de OUATTARA, la misère des ivoiriens s’est aggravée, en particulier pour ceux travaillant dans les entreprises de l’Etat. Les entreprises comme : Hôtel président  de Yamoussoukro, Ran hôtel de Bouaké, la prési- dence à Abidjan, la RTI, la SOTRA, la SIR, la GESTOCI, la PETROCI, le CEPICI, les ports d’Abidjan et de San- Pédro, les administrations territoriales ont enregistrés plus de 11 000 licenciés sans droit pour
nombre d’entre eux.

3.1.Le cas de la SOTRA Depuis le 16 avril 2012, 674 agents de la SOTRA ont été li- cenciés. Au nombre de ceux-ci : - 200 cadres ingénieurs en mé- canique auto - 300 techniciens supérieurs - 274 machinistes Qui pour la plupart ont suivi des formations de spécialisation à l’extérieur du pays aux frais de l’Etat ivoirien. Ceux-ci après 2
ans n’ont toujours pas encore perçu leurs droits. Et cela nous présente un tableau sombre de leur situation. 32 décès 2OOO enfants déscolarisés 15O familles disloquées Ces décès ont été causés par l’arrêt brusque des couvertures médicales pour ceux qui étaient sous traitement et les accidentés du travail. Avant de passer à vos questions sur la journée de protestation ,nous voudrions que vous reteniez ceci : Dans la vie, la lutte pour notre survie doit être non négociable, sinon nous n’avons plus le droit de vivre.▄

Merci. . Pour la Coalition des indignés SAMBA David
Source: Aujourd’hui / N°646 du Mardi 20 Mai 2014




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