Sachets Plastiques, traque des Wôrô-Wôrô, mendiants… Ouattara distrait les Ivoiriens avec des mesures impopulaires

Après plus de deux ans et demi de gouvernance Ouattara, les décrets se suivent et se ressemblent dans l’indifférence totale de la population qui a plutôt autre chose à faire.

Samedi 14 Septembre 2013 - 08:04


Sachets Plastiques, traque des Wôrô-Wôrô, mendiants… Ouattara distrait les Ivoiriens avec des mesures impopulaires
Après le 11 avril 2011, des Ivoiriens s’attendaient à des solutions concrètes pour améliorer leurs conditions de vie, au vu des  promesses de campagne de Ouattara. Malheureusement, ils vont très vite déchanter avec des décrets et décisions inconséquents et impopulaires qui prennent des allures de campagnes de pub. Et les exemples sont légion. Au Conseil des ministres du 10 octobre 2012, Alassane Ouattara  signe  le décret 2012-980, portant interdiction de fumer dans les lieux publics et les transports en commun. Une mesure qui n’a pas manqué de faire sourire les Ivoiriens qui se sont interrogés sur l’opportunité d’une telle décision face  à la montée ex - ponentielle du coût de la vie. Est- ce que c’est l’urgence du moment ? Mais comment le régime mettra en application un tel décret ? Comme on pouvait l’imaginer, ce décret n’a pas connu le résultat escompté. Il a juste fait l’effet d’un spectacle. Après,  plus rien. Pourtant, l’objectif qui était de sauvegarder la santé des non-fumeurs était si noble. Malheureusement, le gouvernement s’y est pris mal et a échoué pour avoir  mis les charrues avant les bœufs. La question des  taxis banalisés, communément appelés, Wôrô-Wôrô,  qui font le transport intercommunal reste à ce jour, un casse-tête  pour l’actuel régime. Combien de fois, le problème des Wôrô-Wôrô n’a pas été évoqué en Conseil des ministres ? Selon certaines  sources,  des  pontes du pouvoir seraient dans ce  juteux transport informel qui concerne plus de 20.000 véhicules « clandestins ». D’où la complexité de ce dossier qui est de mettre fin à la concurrence déloyale que ces véhicules banalisés livrent aux taxis- compteurs légalement reconnus. Ainsi, toutes les décisions prises en Conseil des ministres pour in - terdire les activités des Wôrô- Wôrô sont restées vaines. La preuve, le protocole d’accord signé entre les responsables syndicaux des taxis-compteurs et les autori- tés le 2 novembre 2012, n’a jusque-là pas été exécuté malgré la mobilisation d’au moins  4 mi- nistères. Cet accord a seulement le mérite d’avoir  annulé une grève des  chauffeurs de taxis-compteurs qui voulaient ainsi, dénoncer la concurrence déloyale des Woro- Woro. En Contrepartie, le gouver - nement avait  pris l’engagement d’interdire les Wôrô-Wôrô de la circulation. Au final, flop total. Les véhicules banalisés sont de retour. Le 9 juillet 2013, l’arrêté intermi-
nistériel  signé par quatre ministres (Intérieur, Transports, Econo - mie et Finances et Défense) pour mettre fin au Wôrô-Wôrô a été sans effet. Exaspérés par des promesses non- tenues, les chauffeurs de taxis-compteurs  entrent  en grève  du 26 au 30 août 2013. Ils prennent soin d’informer le gouvernement que leur arrêt de travail sera reconduit si une solution durable n’est pas trouvée à leur préoccupation. Pendant 3  jours (du 26 au 28 août 2013), les Abidjanais sont  privés de taxis-compteurs. Le gouvernement  sort à nouveau de son sommeil. Le mercredi 28 août 2013, Hamed Bakayoko initie une autre rencontre avec les transporteurs. Il obtient la suspension de la grève. Mais pas la fin des activités des Wôrô-Wôrô. Là encore, un  autre échec pour le ré - gime qui ne se gêne pas d’ouvrir un autre front dans le secteur de la production des sachets plastiques. Le décret du 22 mai 2013  portant interdiction de la production, de l’importation, de la commerciali- sation, de la détention et de l’utilisation des sachets plastiques porte un coup dur aux opérateurs économiques de ce secteur. Ce décret indique en effet, que  les opérateurs du secteur  ont 6 mois pour se mettre en règle. C'est-à-dire, à partir du 22 novembre prochain, ils doivent utiliser des sachets bio -dégradables, moins nocifs pour l’environnement. A cette date, une personne en possession d’un sachet non-biodégradable serait passible de poursuites judiciaires avec à la clef, 1 à 5 ans d’emprisonnement ferme. Une mesure qui met à nu,  le cafouillage au sommet de l’Etat.  Car Allah Kouadio Rémi, le ministre de la Sa - lubrité urbaine et de l’Environnement durable change les règles du jeu. Il ne veut plus entendre parler de vente d’eau en sachets biodégradables. Il crée expressément la confusion. La conséquence est nette. Des entre - prises se délocalisent déjà dans  la sous-région, laissant derrière elles, de nombreux chômeurs. Certains producteurs d’eau en sachets crient à la trahison et déplorent le double langage des autorités ivoiriennes. Ils annoncent que  ce décret mettra  en péril,  plus de 50000 emplois directs et 300000 indirects. Les associations de consommateurs dénoncent pour leur part, ce décret qu’elles jugent «in c o n s é q u e n t » . Soumahoro Ben N’Fally, le président de l’Associa - tion pour la protection des consommateurs actifs de Côte d’Ivoire (Apca-Ci), lors d’une conférence de presse, tenue le mardi 3 septembre 2013, fustige ces décisions fantaisistes du régime. Il énumère  les nombreux décrets et arrêtés signés par Alassane Ouattara et ses collaborateurs qui n’ont jamais connu de début d’exécution. « O ù  e n  s o m m e s - n o u s  a v ec  le  d é c r e t  qui  interdisait  aux  voitures  qui  ont  leur moteur  qui  fument decirculer ? Les problè mes des  Ivoiriens sont la cherté de la vie e t  non des décisions qui n o u s éloig n e n t d e  n o s  o bje c tifs.  E n  p r e n a n t  de  telles dé cisio n s, o n s e  ren d   co m p t e  q u e  le s  g e n s  s o n t  c o u p é s  d e s  réalités des  ivoiriens. N o u s  allons lutter pour que ce décret int e r dis a n t  les sa chets plastiques ne soit p as appliqué » , constate Soumahoro Ben N’Fally. Au chapitre des décisions « spectaculaires » , il y a  entre autres, l’arrêté sur les  nui- sances sonores. Où sont passés les éléments du commissaire Téhé Mondet, patron de la Brigade de la salubrité urbaine ? Cette unité qui dépend de l’Agence nationale de la salubrité urbaine (Anasur) a pour mission de lutter contre la pollution sous toutes ses formes. Après avoir interpelé quelques tenanciers de maquis, des responsables d’églises et de mosquées, la Brigade est  désormais l’ombre d’elle-même. Son action n’a duré que le temps d’une action de pub. A la vérité, dans un pays en voie de développement avec un taux élevé d’analphabétisme comme c’est le cas en Côte d’Ivoire, de telles décisions nécessitent de profondes et sérieuses réflexions.  Après plusieurs autres décisions sans suite, le   gouvernement  interdit aujourd’hui les grandes artères du District d’Abidjan aux mendiants et aux vendeurs ambulants. A travers un arrêté signé par le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, à compter du 5 août 2013, tout mendiant ou marchand ambulant présent à un carrefour  devait  subir la rigueur de la loi. Le gouvernement avait promis à l’occasion, de trouver des mesures d’accompagnement  à ceux qui se conformeraient à ces nouvelles dispositions. Promesse non tenue ! Un mois après, les mendiants et les vendeurs ambulants font leur grand retour dans les lieux publics. Comme s’ils voulaient narguer le régime  qui a habitué les Ivoiriens aux mesures impopulaires et  mort-nées.  Ce qui fait dire à un confrère pourtant proche du pouvoir que « L’Etat e s t faible» . En fait, sous Ouattara, les décrets et arrêtés  n’ont de durée de vie que le jour d’un Conseil de ministres.

Paterne Ougueye Yves

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