SORO Guillaume le cynique

CIVOX.NET
Dimanche 9 Avril 2017 - 09:46


 

Ce lundi 3 avril 2017, lors de la rentrée solennelle de la session unique de la législature de la 3ème République, à l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume SORO a cru devoir interpeler les Ivoiriens ainsi qu’il suit : « Sortons de l’emprise de la haine et de la douleur morale pour aller à la réconciliation ».

En effet, en lançant un tel appel, Guillaume SORO estime que des Ivoiriens sont enfermés dans une bulle de haine tenace envers d’autres au point de parasiter le décollage économique et social de la Côte d’Ivoire vers son émergence. Le même SORO est convaincu aussi que d’autres Ivoiriens sont mortifiés par une atroce douleur morale qui les empêche d’œuvrer à l’intérêt supérieur de la nation. Guillaume SORO sait aussi que la réconciliation nationale est, en plein, dans la toile de pénélope et qu’elle ne sera jamais atteinte. Il veut donc prendre le taureau par les cornes en se posant en apôtre de la parole dialoguée, trame d’une réconciliation vraie ; mauvais rêve ou ironie et à qui s’adresse-t-il et de qui parle-t-il ?

De mon point de vue, tous les Ivoiriens, autant qu’ils sont, aspirent à la réconciliation nationale qui enfante la paix et le développement. Le Père Fondateur, Félix Houphouët-Boigny, a toujours privilégié le dialogue, le travail honnête, la solidarité, le vivre-ensemble et érigé la paix au statut de religion. C’est à ces valeurs qu’il a nourri le peuple de Côte d’Ivoire pour en faire une ressource humaine de qualité qui, à son tour, a bâti les sillons d’un développement de qualité par son travail à l’unisson. Ces valeurs ont donc survécu à la mort du président Félix Houphouët-Boigny parce qu’elles ont été inscrites dans les gènes de chacun et de chacune des enfants de ce pays.

A cet effet, les querelles entre Ivoiriens, qui ont existé et qui existeront, ont toujours été noyées dans l’humour qui les caractérise. Cet humour que le Président Félix Houphouët-Boigny a su imager en ce leitmotiv « Découragement n’est pas Ivoirien ». C’est dire qu’en Côte d’Ivoire, on ne se décourage pas pour une simple chamaille ou un malentendu parce que le meilleur est à venir. C’est dans cette procure que les Ivoiriens ont toujours vécu et ils ne sauraient, un seul instant, surfaire leurs plaisantes chamailles pour en découdre au fer et au feu.

Mais, que les Ivoiriens ont-ils fait contre SORO Guillaume pour mériter des décharges d’obus, des décharges de kalachnikovs et autres engins de destruction de vie, de sa part, depuis 2002 ? Pour une simple carte d’identité que la police a demandée à SORO Guillaume, dans un contrôle de routine sur le pont De Gaule, SORO Guillaume a fait fondre le soleil sur la tête des Ivoiriens pendant plus de 10 ans. Depuis lors, SORO Guillaume peut-il justifier, sur des critères objectifs et honnêtes, son mérite relativement aux fonctions qu’il a occupées ? Peut-il justifier ses milliards acquis par des moyens autres que par sa rébellion ? Combien sont-ils, ses condisciples qui sont dans la même opulence que lui ? Comment SORO Guillaume peut-il demander aux Ivoiriens qui, de par son fait, broient du noir de se libérer de l’emprise de la haine pour aller à la réconciliation, en oubliant que c’est sa haine diabolique qu’il a entretenue et déversée contre ces Ivoiriens qui leur a coûté misères et désolation depuis 2002 ? C’est à ces malheureux Ivoiriens, qui ne cessent de verser des pleurs, que SORO Guillaume demande de désarmer leur cœur après avoir pillé toutes les ressources du sous sol de notre pays, par sa rébellion, les privant de leurs dus légitimes ? N’est-ce pas, par ces mêmes pratiques, que SORO Guillaume a pu tordre le bras et arracher à Alassane Ouattara, notre doux agneau Président de la République qui répugne au sang versé, son poste de président de l’Assemblée Nationale pour la présente législature ? SORO Guillaume voit-il comment les députés PDCI, alliés-chevaux, victimes du non respect de la parole donnée par son parti RDR, pâlissent de chagrins au sein de l’hémicycle ?

Dans une telle ambiance de loi de la jungle, SORO Guillaume pense-t-il qu’il n’y a pas lieu, pour lui et son clan, de purger leur lourd passif en vue d’une vraie réconciliation ? A qui SORO Guillaume impute-t-il la rébellion du Nord, de 2002 à aujourd’hui, avec ses nombreuses victimes pour qu’aucun de ses sofas ne soit inquiété ni par la justice nationale ni par la justice internationale ? Dans une telle iniquité, SORO Guillaume est-il sérieux ou veut-il libérer, après sa ripaille incestueuse, un rôt grossier sur les Ivoiriens ? Gbagbo Laurent et Blé Goudé, Assoua Adou, Hubert Oulaï, Dahi Nestor, Sam l’Africain, Lida Kouassi, Simone Gbagbo et autres qui croupissent en prison, peut-on enjamber leur souffrance morale pour leur exiger de libérer leur cœur au nom d’une réconciliation armée ?

En se réveillant de façon épileptique, comme pourchassé par une meute d’hyènes, pour éveiller les Ivoiriens à ce qui est leur culture originelle, SORO Guillaume prouve qu’il est chargé par sa conscience sur ses forfaits contre les fiers Ivoiriens. Que SORO Guillaume ait un peu de respect pour les Ivoiriens et pour les nombreux morts, victimes, de ses fours crématoires et ses camps de concentration créés en 2002 à Bouaké ! Au surplus, en mettant entre parenthèse   au regard des nominations aux hauts postes de l’Etat, par leur pouvoir, les autres Ivoiriens, SORO Guillaume croit possible que ces victimes d’arbitraires désarment leur cœur pour une réconciliation ? Le gros du travail (nettoyer sa tâche noire sur le pays) revient à SORO Guillaume pour aller à la réconciliation.

Au total, cette exhortation de Guillaume SORO est très polémique. Car, de sa chaire de président de l’Assemblée Nationale, il semble ignorer la loi de la gravité. Ainsi, il a la mauvaise foi de mettre l’impasse sur les causes qui fondent ses constatations. Plus les jours passent, l’injustice de ce régime empire et la vie devient intenable dans notre beau pays. Telle est ma tristesse et mon pessimisme quant à un retour aux valeurs de la Côte d’Ivoire !
                                                                                                                 Kotiwassé Boudja





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