Révision de la Constitution par voie parlementaire: Francis Wodié dit non à Alassane Ouattara

Jeudi 27 Février 2014 - 08:14


Alassane Ouattara a saisi, il y a de cela quelques mois, le Conseil constitutionnel présidé par le Pr Francis Wodié, aux fins de solliciter son avis sur la modification de la Constitution par voie parlementaire. La réponse de la plus haute instance judiciaire ivoi- rienne a été sans équivoque. La révision de la loi fondamentale ivoirienne ne peut se faire que par voie référendaire. En clair, si le pouvoir veut modifier l'article 35 de la Constitution, un article qu'il juge, pour on ne sait quelle raison, confligène, il doit faire appel au peuple. C'est dire qu'en dehors d'un référendum, aucune autre voie ne s'offre à Alassane Ouattara pour procéder à toute modification de la Constitution. Le Conseil constitutionnel ayant tranché, il reste maintenant au pouvoir d'adopter deux attitudes par rapport à l'éligibilité du chef de l'Etat ivoirien, qui sait qu'au regard de la loi, il ne peut pas se porter candidat à l'élection présidentielle de 2015. La première, c'est d'opter pour un passage en force, et se porter candidat, en espérant que Francis Wodié et ses collègues tordent le cou au droit et valident sa candidature. Cette option n'est pas non plus sans risque, dans la mesure où l'on ne sait jamais quand un individu qu'on croit maîtriser peut avoir des velléités d'indépendance. Et la réponse donnée par le Conseil constitutionnel à la requête de Ouattara n'est pas des plus encourageantes. La deuxième attitude, celle qui est recommandée, c'est d'en appeler au jugement du peuple libre et souverain de Côte d'Ivoire, qui a voté à plus de 86% pour cette Constitution en 2000, à l'appel de tous les partis politiques, y compris le Rdr. Le pouvoir, dans ce cas de figure, devra donner les arguments qui militent en faveur de la révision de la Constitution. Nul doute qu'il aura en face de lui des personnes et des formations politiques qui vont faire campagne pour que les choses restent en l'état. Ce sera une bataille d'arguments contre arguments. Et les Ivoiriens, in fine, trancheront pour l'un ou l'autre camp. Mais ce schéma, selon les informations en notre possession, est rejeté par le pouvoir qui a peur d'être désavoué dans les urnes. Vraisemblablement, il est informé de l'opinion de la majorité des Ivoiriens qui refusent de changer les conditions d'éligibilité à la présidence de la République. Et pourtant, la Côte d'Ivoire en la matière n'invente pas. Chaque pays dispose d'une législation qui lui est propre concernant l'éligibilité, et celle des Ivoiriens n'est pas la plus restrictive en Afrique.  Il n'y a qu'à consulter les conditions d'éligibilité à la présidence de pays comme le Burkina, le Sénégal, le Gabon, le Niger, etc., pour être édifié. En Algérie, par exemple, il faut avoir fait la guerre d'indépendance ou avoir dans sa famille un ascendant qui a fait cette guerre pour être éligible. Cela ne choque personne. Pourquoi alors tant d'agitations concernant la Côte d'Ivoire? Est-ce à dire que ce pays n'appartient à personne et que tout le monde peut y faire ce qu'il veut? Au pouvoir qui voue aux gémonies tous ceux qui défendent la Constitution de donner la réponse. Pour l'heure, il a essuyé le refus du Conseil constitutionnel de danser avec lui dans la combine d'une révision de la loi fondamentale par voie parlementaire.

Sita Ouattara

 Source: LG Infos N°671 DU MERCREDI 26 FÉVRIER 2014




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