Révélation sur le Congrès d'Affi N'Guessan/ Moussa Lingali, sans emploi résidant à Treichville-avenue :« J’ai reçu 400.000F et mobilisé 50 personnes pour le congrès d’Affi»

Moins d’une semaine après le congrès d’Affi N’guessan, les langues commencent à se délier. Notamment sur la nature des personnes qui ont fait le déplacement et rempli les gradins du palais des sports de Treichville. Dans la foulée, la révélation satisfait également une autre curiosité et le journal « Aujourd’hui » sait maintenant d’où sont venus les jeunes « militants » d’Affi. Bref, ces deux informations permettent de comprendre pourquoi la place Ficgayo était désespérément vide malgré un concert gratuit de premier choix et un Yopougon plutôt traditionnellement acquis à la cause du FPI.

Jeudi 28 Mai 2015 - 08:29


Jeudi 21 mai 2015. Abidjan. Le 4ème congrès extraordinaire du Front Populaire Ivoirien (FPI) s`est ouvert au palais des sports de Treichville sous la thématique: 2015, pour la paix , la réconciliation nationale et le progrès social; Le changement c`est maintenant. Le PDCI, le PIT et des diplomates ont pris part à cette cérémonie. Photo: Pascal Affi N`Guessan
Jeudi 21 mai 2015. Abidjan. Le 4ème congrès extraordinaire du Front Populaire Ivoirien (FPI) s`est ouvert au palais des sports de Treichville sous la thématique: 2015, pour la paix , la réconciliation nationale et le progrès social; Le changement c`est maintenant. Le PDCI, le PIT et des diplomates ont pris part à cette cérémonie. Photo: Pascal Affi N`Guessan
La vérité est belle quand elle est nue, a-t-on coutume de dire. Seulement voilà, la vérité que cachait la mobilisation de Treichville où Affi a tenu son congrès dans un palais des sports bondé de « militants » risque de faire grincer quelques dents. Car cette mobilisation nous met clairement au cœur de l’imposture. Deux caractéristiques essentielles avaient en effet été notées chez les « militants » qui avaient fait le déplacement. Ces derniers étaient trop jeunes et n’avaient pas de badges. Or, il est de notoriété que seuls les délégués mandatés par leur structure ( section, fédération…)  prennent part au congrès. Il faut donc être un délégué et pour cela, seul le badge fait foi. Mais au congrès d’Affi, trop peu de personnes avaient leur badge d’une part et, d’autre part, assez peu parmi les « militants » qui ont envahi le palais des sports savaient ce qu’ils faisaient réellement à ce congrès. Alors comment ces gens ont-ils été mobilisés ? Par bus ? Par convois ? A dire vrai, tout a servi : les bus de la Sotra et les convois venus parfois de l’intérieur du pays. Cela dit, l’essentiel de la mobilisation a été faite à Treichville sur place où les jeunes des quartiers « Avenue », « Entente », « Biafra », « Quartier Appolo », « Belleville » ont été désintéressés… C’est en effet dans ces quartiers que l’ex-président a fait ses emplettes de « militants inconditionnels » qui ont rempli les gradins du palais des sports à la grande joie de Pascal Affi N’guessan. L’un de ces jeunes qui ont été payés pour le congrès d’Affi a livré quelques confidences sur les gains que cette mise en scène lui a apportés. Il s’appelle Moussa Lingali, Moussa Béret pour les amis. Originaire du Burkina Faso, Moussa Béret a 22 ans et est sans emploi. Il raconte : « c’est par l’intermédiaire d’un garde de corps d’Affi que je connaissais que j’ai fait la mobilisation pour le congrès. J’ai reçu 400.000 F de mon ami garde du corps ; avec ça, j’ai pu trouver 50 personnes. Je leur ai expliqué qu’après le discours du président, ils pouvaient rentrer chez eux. J’ai aussi donné à mon ami garde de corps sa part. Le reste m’a permis de vivre un peu. En fait, c’est pour « manger », assure Lingali qui botte en touche lorsqu’on lui demande combien il a donné aux autres et combien il lui est resté. Le jeune Lingali sait aussi que d’autres personnes ont été également gagées pour remplir le palais des ports mais il ne les connait pas personnellement. Il ne sait pas non plus combien ces personnes ont reçu. En revanche, il assure que la plupart des jeunes qui ont envahi les gradins sont venus majoritairement des quartiers de Treichville et particulièrement ceux cités plus haut. Cette révélation vaut aussi explication du fiasco de Yopougon où en dépit d’un concert gratuit de John Yallez, de Yodé et Siro, la place Ficgayo est restéet désespérément vide. En fait, l’argent n’a pas circulé à Yopougon comme il l’a été à Treichville. Etant géographiquement éloigné et sans bus et convois, les jeunes de Treichville qui ont permis à Affi de tromper ses partenaires, ne pouvaient plus sauver à nouveau le soldat Affi. Lequel de toute façon pouvait justifier le fiasco de yopougon par l’impatience des « congressistes » à vouloir retourner en famille. C’est d’ailleurs ce qu’un membre de son comité de contrôle a fait. Même s’il est difficilement admissible qu’un militant du FPI songe à retourner à Gagnoa, Issia, Daloa ou encore dans une zone éloignée d’Abidjan le même jour après la fête de la liberté qui dure habituellement de longues heures. La vérité, c’est bien ce qu’a confessé Moussa Lingali ou Moussa Béret, jeune ressortissant burkinabé de 25ans, sans emploi et dont les conditions sociales comme la plupart des Ivoiriens, ont finalement rendu possible le rêve d’Affi de continuer encore à tromper les gogos.

Par Sévérine Blé

Source Aujourd’hui / N°896




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