Retour avec Alexis Zahoua (UNG-France) sur la marche du 7 septembre 2013 à Paris. Ce qu'il pense de la résistance et de la récona réconciliation

Mercredi 11 Septembre 2013 - 07:32


Alexis Zahoua, Délégué Général de Section France de l'UNG intervenant à la manifestation du 7 septembre 2013 à Paris
Alexis Zahoua, Délégué Général de Section France de l'UNG intervenant à la manifestation du 7 septembre 2013 à Paris
À l'initiative de la délégation France de l'UNG  dirigée par Alexis Zahoua et le CRI panafricain de Willy Bla, une grande marche rassemblant plus d'un millier  de personnes s'est  déroulée ce Samedi 7  Septembre à Paris. Cette marche qui  donne le coup d'envoi des différentes  activités  politiques du parti du président Stéphane Kipré avait pour but de montrer que la déportation de Laurent Gbagbo à la Haye n'a pas  décrispé la situation en Côte-d'Ivoire.
Mais c'était aussi l'occasion pour le parti du Président Stéphane Kipre  de rappeler  aux Ivoiriens ce message qu'il ne cesse de marteler: Laurent Gbagbo est le vecteur indispensable de la réconciliation en Côte-d'Ivoire. Sa Libération est ce verrou qu'il faut faire sauter pour accéder à cette  Réconciliation Sincère tant souhaitée par nos concitoyens. Les différents intervenants ont aussi saisi l'occasion pour exiger la libération des 800 prisonniers politiques arbitrairement détenus  dans les geôles du régime dont la première Dame Simone Gbagbo.
Les ivoiriens de la diaspora en particulier et les Africains en général issus des quatre coins du continent ont choisi un parcours allant des quartiers touristiques chics de Paris à la Gare  du nord qui voit quotidiennement défiler plus d'un million de passants.
Cet axe très fréquenté a permis d'informer passants et touristes sur la réalité de la situation en Côte- d'Ivoire  par la distribution de tracts et flyers et ainsi initier des débats et un dialogue avec eux."


7 questions à  Alexis ZAHOUA Délégué général de la section France

 

1/ le thème de la marche que votre délégation ainsi que le CRI panafricain ont organisé est le suivant: Laurent Gbagbo, vecteur indispensable à la Réconciliation en Côte-d'Ivoire... Pourquoi avez-vous choisi cette thématique? Quels en étaient les objectifs?

Le choix de ce thème s’est imposé à nous. Depuis près de deux ans le gouvernement ivoirien parle de réconciliation avec la mise en place de la CDVR (commission dialogue, Vérité, réconciliation) qui est remplacée aujourd’hui par le PNCS (programme national de cohésion sociale). Force est de constater que la CDVR a échoué comme échouera le PNCS. Ce n’est pas un souhait mais nous savons que les conditions requises ne sont pas mises en place pour que ces différentes structures réussissent leur mission qui est de réconcilier les ivoiriens et de recréer de la cohésion sociale.

Une chose est de mettre en place des structures pour réconcilier les ivoiriens et une autre chose est de leur donner les moyens de réussir leur mission. Et Le meilleur moyen que l’on puisse leur donner est la libération du Président Gbagbo. C’est en cela que nous disons que la libération du Président Laurent GBAGBO est un gage de réussite de cette réconciliation que les ivoiriens appellent avec ardeur.
Cette marche de rentrée politique avait  donc un triple objectif:
- Interpeller le gouvernement ivoirien sur le fait  que seul le Président Laurent Gbagbo peut garantir la paix et la réconciliation réelle en Côte d’Ivoire
- Exiger la libération du Président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques
- Maintenir la mobilisation des ivoiriens jusqu’à la libération du Président Laurent Gbagbo

2/ La liberté provisoire a été octroyée à douze prisonniers politiques pro-Gbagbo, ne considérez-vous pas que cela soit une amorce réelle à la Réconciliation tant attendue par le Peuple Ivoirien?

Je l’ai dit et je le répète ; M. Alassane Dramane Ouattara a fait des calculs politiciens en libérant 12 personnes sur les 800. Mais il a oublié qu'il ne peut pas acheter la conscience des ivoiriens avec ces calculs. Sans qu'il le veuille, il a permis de redynamiser la lutte et a fait grandir l’espoir d' un changement dans l’esprit de nos concitoyens. Mais nous  n’oublions pas de dire " akwaba" à nos camarades qui ont été libérés. C’est une joie pour leurs familles,  leurs amis et pour toute la Côte d’Ivoire éprise de paix et de liberté. On ne peut que se réjouir quand des ivoiriens recouvrent leur liberté qu’ils n’auraient jamais dû perdre n’eut été cette forfaiture dont la Côte d’Ivoire a été victime. « Quand on peut accomplir sa promesse sans manquer à la justice, il faut tenir parole. » disait Confucius. Ouattara ne peut pas accomplir sa promesse en ce qui concerne la réconciliation des ivoiriens parce qu’il a manqué à la justice. On ne peut pas parler de réconciliation alors que des milliers d’ivoiriens dits pro-Gbagbo sont en exil, d’autres sont en prison,  le Président Laurent Gbagbo à La Haye et son épouse à Odiéné dans des conditions inhumaines. Les ivoiriens ne sont pas dupes. Nous demandons ici et maintenant à M. Ouattara de libérer tous les prisonniers politiques, qu’il permette aux nombreux exilés de rentrer au pays et qu’il œuvre nuit et jour pour que le Président Laurent Gbagbo soit libéré ; c’est le seul gage de réussite de la  réconciliation vraie en Côte d’Ivoire.


3/ D'aucuns considèrent que les marches ont une utilité et un impact peu perceptibles en réalité... Quelle est votre lecture sur cette opinion?

Dans la période où nous sommes,  chacun fait la lecture des évènements selon sa conviction et son appartenance politique. Vous savez le spectre des catastrophes non naturelles causées par les impérialistes s’agrandit de jour en jour en Afrique et personne ne s’en émeut ; ni les africains que nous sommes ; ni la communauté dite internationale. Depuis le 19ème siècle de nombreux résistants africains, de vaillants guerriers sont morts les armes à la main pour la défense des leurs et de leurs terres. Certains ont été déportés tels que Samory Touré capturé par les français et déporté au Gabon où il mourût, le grand Béhanzin du royaume de Dahomey, capturé par les troupes françaises et déporté à la Martinique en 1894 après deux ans de combats acharnés contre l’envahisseur. Quelle a été la réaction des africains ? Silence. Le siècle dernier, le 17 janvier 1961, Patrice Emery Lumumba a été fait assassiné par le roi des Belges pour avoir réclamé haut et fort l’indépendance du Zaïre ; encore plus près de nous le 15 Octobre 1987 Thomas Sankara a été assassiné par l’impérialisme occidental pour avoir voulu faire de son pays la terre des hommes intègres. Dans ces deux cas silence radio également de l’Afrique.
A la déportation du Président Laurent Gbagbo, les africains et les ivoiriens ont décidé de manifester pour faire connaitre la vérité. Car la vérité est l’une des principales victimes des événements que notre pays a connus. Force est de reconnaître que les lignes ont bougé grâce à ces mobilisations de plus en plus relayées. Le Président Stéphane Kipré (PSK) a dit récemment  et je cite : « Vos marches, votre indignation ont eu de l’écho dans les hauts lieux de la gouvernance mondiale, organisez- vous pour avoir de meilleurs résultats» fin de citation. Le président Affi N’guessan, à sa sortie de prison nous a félicité et l'a encore réitéré à la cérémonie de passation du 7 septembre 2013.
Aujourd’hui la crédibilité de la CPI (cour pénale internationale) est remise en cause(un humoriste ivoirien l’a même qualifié de "Cour des preuves introuvables ou inventées");
cela est dû à nos différentes marches à La Haye, à Paris et dans les différentes capitales occidentales.Dans cette histoire, la diaspora ivoirienne a servi d’éveilleur de conscience.


4/ À titre personnel, comment expliquez-vous le fait que le nombre de marcheurs avait tendance à se réduire au fur et à mesure que la lutte avançait ?

La fatalité ! Beaucoup d’entre nous n’y croyaient plus. Et je les comprends.Il faut aussi dire que beaucoup ont pensé que c’était leur heure de gloire ; ce qui a engendré des problèmes de leadership. Ce type de comportement a découragé bon nombre de militants. Certains camarades ont fait une mauvaise lecture de la situation que connait la côte d’Ivoire. De plus, au début de la crise, les ivoiriens ont été abusés ; certains ont fait parler leurs cœurs et leur sens de la solidarité en participant activement à des collectes en nature ou en monnaie sonnante et trébuchante sans savoir le résultat ni l'aboutissement effectifs de leurs dons.  Ce que nous reprochent aussi certains militants, ce sont les marches qui se suivent pratiquement tous les week-ends.
En plus Comme je le disais précédemment, la vérité est une des victimes principales de cette affaire et Il nous a été très difficile de nous battre contre le mensonge diffusé en masse par les médias.
Mais heureusement, la vérité finit toujours par triompher du mensonge et c’est pourquoi depuis un moment nous avons un regain de mobilisation. Et vous l' avez constaté samedi dernier ; nous étions très nombreux. Il faut aussi souligner que la libération du Président Affi N’Guessan et de Michel Gbagbo a aussi redynamisé la diaspora.

 5/ Qu'attendez-vous du président Laurent Gbagbo, une fois libéré? Quel est selon vous, le scénario idéal des actes et faits concrets qu'ils poseraient pour débuter et consolider la Réconciliation véritable?

Le Président Gbagbo nous a appris la tolérance. Je pense que la sortie de prison du Président Laurent Gbagbo sera déjà en soi un message pour tous les ivoiriens. L’UNG et les pro-Gbagbo, ne sont pas des va-t’en guerre.
Dès sa sortie de La Haye, il s'agira d'œuvrer à la libération de tous les prisonniers politiques, le retour de tous les exilés et enfin de lancer un appel aux ivoiriens pour aller à la réconciliation vraie. Je prends le pari avec qui le voudrait que les ivoiriens se réconcilieraient de façon sincère ; parce que nous verrons alors que Ouattara a fait sa part de justice dans cette imposture qui frappe notre pays.

6/ L'UNG est un parti politique dite nous en plus

Effectivement l’UNG est un parti politique. Nous sommes même la deuxième force d’opposition au régime actuel en côte d’ivoire avec plus de 300 000 adhérents encartés avant la crise postélectorale et une section dans chaque recoin au sud du pays. Beaucoup de nos collaborateurs dont le secrétaire exécutif de l'UNG Etienne N'Guessan font partie  des prisonniers politiques détenus par le régime. Plusieurs de nos membres dont le président du parti  Stéphane Kipré sont en exil et ne peuvent se rendre au pays. L’UNG a également payé un lourd tribu lors de cette crise et continue d’en subir les conséquences.

7/ L'UNG est un parti politique tandis que le CRI panafricain est un groupe de pression, pourquoi cette collaboration ? A-t-elle été enrichissante?

En tant que parti politique nous avons nos activités propres. Cependant nous sommes proches de tous les mouvements de pression et de tous les mouvements de lutte dans la diaspora. Nous n’excluons aucun mouvement, nous sommes disposés à travailler avec tous ceux qui ont la même vision que nous. Hasard du calendrier, le Cri- Panafricain de Willy Bla avait une manifestation à la même date, nous avons donc accordé nos violons pour qu’ensemble, surtout que nous avons le même objectif, nous organisions cette manifestation pour débuter notre rentrée politique. Les mouvements de lutte dans la diaspora, tout un chacun en a fait parti, à un moment ou à un autre au début de la crise ; ils sont tous nés de la mouvance LMP dont l’UNG fait partie. L’UNG s’associera à tout mouvement disposé à travailler avec le parti, dès lors que nous nous accordons sur l’objectif à atteindre.

 

 




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