Restauration des libertés/ Processus de paix et de réconciliation, Eric Kahé : «Nous devons tuer définitivement la peur en nous»

La direction de l’Alliance ivoirienne pour la république et la démocratie (Aird) a sacrifié à la traditionnelle présentation des vœux du nouvel an à ses militants. Une occasion pour le ministre Eric Kahé d’adresser un message fort à la nation.

Jeudi 16 Janvier 2014 - 08:06


L’exil que vit depuis la crise postélectorale, Eric Kahé, président de l’AIRD ne constitue en rien un frein au développement de son parti. Cela, il l’a démontré le samedi 11 janvier dernier via Skype à ses militants, à l’occasion d’une cérémonie de présentation de vœux de nouvel à l’hôtel Belle Côte de la Riviera. Il a saisi l’occasion pour remotiver ses troupes que la crise pos- télectorale avait quelque peu endormies. A travers un appel solennel, il demande à ses militants de vaincre la peur qui semble les gagner. «Nous devons tuer définitivement la peur en nous», a lancé l’ex-ministre de Laurent Gbagbo. Après une analyse critique de la gestion du pays par le régime Ouattara, Eric Kahé a fait  l’amer constat d’un pays en déliquescence où le rattrapage ethnique, les arrestations arbitraires, pour ne citer que ces pratiques du régime Ouattara, sont deve- nus des points prioritaires d’un programme de gouvernement. Une situation peu relui- sante à laquelle il invite à tourner le dos, afin de «tendre sans rancune nos bras d’amour à tous». A ses militants, le président de l’AIRD a précisé que le premier ennemi à combattre, «c’est le mensonge en politique». Aussi Eric Kahé est-il revenu sur le processus de réconciliation actuellement au point mort. Sur ce point, le premier responsable de l’AIRD pense que la thérapie indiquée est la «justice transitionnelle». Ce mode de jus- tice qui, dira-t-il, a l’avantage de garantir le «plus jamais ça sans embrasser l’impunité». L’ancien ministre est également revenu sur la question de la libération des prisonniers politiques et ceux dont les biens ont été confisqués ou pillés. «L’AIRD réaffirme, par ma voix, son attente de la libération sans condition de tous les prisonniers politiques, à commencer par le premier d’entre eux contre lequel on peine à trouver des preuves depuis près de trois ans. Le retour et le rétablissement des exilés sur leurs terres et dans leurs biens, l’instauration des conditions d’une vie démocratique satisfaisante sur l’ensemble du territoire pour tous les partis…», a-t-il insisté.
Un parti en pleine croissance Même si elle a été affectée par la crise, l’AIRD, à en croire son président, a su se relever. Au cours des échanges, il s’est réjoui de ce que «2013 a permis à l’AIRD de renouer - après deux années sous l’éteignoir - avec la poursuite de l’idéal qui était sien à sa création en 2006». Le parti, poursuit Eric Kahé, a  relevé la tête face à l’adversité. C’est pourquoi, il s’est félicité du rôle joué par chacun des membres. «Chacun de vous constitue, à l’orée de l’année 2014, un maillon essentiel du nouveau dynamisme de notre parti», leur a-t-il renouvelé sa confiance, les exhortant à faire davantage afin d’arriver un résultat meilleur.  Toutes les actions entreprises ont permis au parti, fait remarquer son président, de se moderniser avec «les inscriptions qui se font désormais en ligne via internet». L’AIRD, a confié Eric Kahé, est un creuset de toutes les couches ethniques et socioprofessionnelles. Il ambitionne de jouer le rôle qui est sien dans le débat politique en Côte d’Ivoire. Pour ce faire une nouvelle démarche s’impose, prévient le président de parti. Désormais, «l’Alliance sera une force de propositions pour réduire les inégalités sociales et la pénibilité du travail, mettre en œuvre une politique agricole performante et autosuffisante, corriger les injustices, assurer l’instruction gratuite pour le développement social et l’élévation de la conscience citoyenne, en un mot bâtir une cohérente politique de solidarité, de justice et de développement». Dans son intervention, Eric Kahé est revenu sur le combat du président Laurent Gbagbo qui reste toujours incompris. Pour lui, il appartient à ses «héritiers» de poursuivre son combat qui est le panafricanisme. «A sa suite, nous devons continuer. L’exil nous a montré que nous étions sur la bonne voie. Nous devons donc remodeler nos discours afin qu’ils soient mieux compris». Le président de l’AIRD a rappelé par ailleurs qu’il était samedi dernier à son 1002e jour d’exil.

Par Hermann Djea

Source: Le Nouveau Courrier    N° 974 Du Mercredi 15 Janvier 2014




Tags : Eric Kahé

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