Réponse de la Réponse à mon cher Tiburce Koffi. ( Par Bertin Koffi)

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Jeudi 22 Juin 2017 - 15:01


J’ai bien compris ton accord donné à M. Guillaume SORO dans son engagement pour la « Réconciliation par le Pardon » à travers son brillant collaborateur, Franklin Niamsy, le Professeur Agrégé de Philosophie qu’il a envoyé recueillir ton assentiment intelligent.  Je ne t’en veux pas d’avoir fait droit à cette sollicitation on ne peut plus vitale pour la survie de notre chère Côte d’Ivoire. De  plus, ton engagement ne fouette même pas un chat, parce qu’il relève de ton droit le plus inviolable de citoyen libre dans un pays libre.

J’ai simplement voulu faire savoir qu’il est horriblement indécent pour M. SORO de vouloir se poser en solution des effets directs et collatéraux d’une terrible tragédie dont il est, lui-même, la cause. Regarde, même pour aller annoncer l’auteur aux parents d’une jeune fille en grossesse, ce sont des intermédiaires qui y vont sans le concerné. Alors qu’il s’agit d’une bonne nouvelle d’onction divine. De plus, j’ai proposé des pistes à explorer si M. SORO tient à réussir son projet. Mon cher Tiburce, pas de grands mots ! Je n’ai pas fait de prose colérique contre M. SORO. Dire la vérité au chef, c’est lui épargner beaucoup de dérives qui conduisent à la catastrophe.

D’où vient-il que tu m’exhortes à livrer bataille avec M. SORO en m’armant de tous ces instruments de destruction de vies que tu me conseilles ? Je voudrais que tu retiennes que, tout comme toi, je n’ai jamais vu M. SORO de mes yeux. Tout autant, je n’ai pas, une fois auparavant, partagé de joyeusetés ou de mélancolies avec lui. Je ne suis pas contre lui, mais je suis contre sa responsabilité, je ne le hais pas mais je hais ce dont il s’est rendu coupable. Enfin, aucune fibre guerrière n’est inscrite dans mes gènes. Dans mon éducation, l’homme est Dieu, sa vie est vénérée et son sang est sacré. Nulle idée d’en découdre aux armes avec mes semblables n’effleurera mon esprit un jour.

Je te fais remarquer qu’en prenant le maquis  pour faire ce qui s’est passé, M. SORO s’est mis en conflit avec la morale collective. Or, le bon entendement des hommes dans une société semble se dessiner comme une alternance qu’il faut réguler par des lois, entre le légal et le légitime, entre le rationnel et le raisonnable et donc entre conscience morale personnelle et morale collective. Chaque individu qui compose une société doit donc considérer l’autre, soi-même, et la communauté comme trois entités à élever au même stade de priorité. Sans cette compréhension aussi élémentaire des règles sociales, on sombre dans l’égoïsme. Et c’est ce que nous vivons actuellement.

Mon cher Tiburce, tu me reproches de m’enliser dans des jugements moraux, et que tu as tourné la page aux ressentiments et autres. Bon vent à toi et en un claquement de doigt, vous aurez la société réconciliée, à notre bonheur à tous. Eh bien, mon cher Tiburce, je veux renforcer mon idée que tout  individu doit se considérer comme partie d’un ensemble plus grand. Et cela doit l’amener à accepter un certain nombre d’obligations créées par la société(les lois). Elles sont faites pour encadrer ou exclure ceux qui nuisent à la communauté par une considération trop importante de soi-même par rapport à autrui. Cela requiert qu’il faut penser aux conséquences que ses agissements provoqueraient avant de faire le saut dans l’action.

Tu as évoqué Nelson Mandela, mais tu te trompes de jugement parce que les deux cas ne sont pas comparables. En Afrique du Sud, il s’agissait de ségrégation raciale organisée par une minorité blanche contre une majorité noire. Ici, c’est une société homogène de populations identiques du point de vue de la culture que de l’histoire dont une minorité renforcée par des machines à tuer s’est dressée contre une majorité pour des raisons identitaires fondées ou pas. Ici, malgré la victoire de la minorité sur la majorité, M. SORO, en position de pouvoir, n’a pu infléchir la tendance qui veut que le partage des biens et services soit en défaveur de la majorité qui a été et l’est encore victime. C’est ce que je relève.

Contrairement à M. SORO, Nelson Mandela en position de pouvoir et quoiqu’ayant appartenu à la majorité opprimée et ayant été la plus grosse victime, il a exalté le pardon et célébré la paix en refusant toute vengeance. L’histoire ne retient pas comme héros, tous ceux qui se sont déchus de la morale collective.

Par contre, pour Mandela, sa popularité est célébrée au niveau international. En voici les couronnes d’éternité que lui tissent d’éminentes personnalités : l'écrivaine Nadine Gordimer le compare à Gandhi comme « l'un des deux plus indiscutables magnifiques personnages du dernier millénaire » ; en Afrique du Sud, Nelson Mandela bénéficie d'une très grande et consensuelle popularité, en septembre 2004 , lors d'une émission spéciale de la télévision sud-africaine sur les 100 plus grands sud-africains , il est cité en première place ; pour Desmond Tutu , également prix Nobel de la paix, Mandela est une « icône mondiale de la réconciliation » et un « colosse moral » ; pour Dominique Darbon, professeur de sciences politiques spécialisé sur l'Afrique, Nelson Mandela « est le père de la nation qui fixe les nouveaux standards, pose les balises de la nouvelle nationalité, tranche les conflits ouverts polarisés sur les symboles identitaires ». Enfin, le politologue Achille Mbembe de l'université Witwatersrand de Johannesburg évoquant que l'accès des Blancs à la pauvreté est le signe que la société sud-africaine devient de plus en plus démocratique et égalitaire. A quand la majorité pauvre en Côte d’Ivoire aura accès au bonheur. Vivement que vous y réussissiez avec M. SORO, cher Tiburce.

Mon cher Tiburce, je suis naturellement PDCI-RDA, personne ne pourra m’en dissuader.  Et, je vis pour le PDCI-RDA mais non du PDCI-RDA. Je veux clairement signifier que je paie mes cotisations de militant, et je veux que mon parti se mette aux normes pour reconquérir le pouvoir après franche bataille démocratique et non par succession monarchique ou encore par legs filial. Je n’ai jamais bénéficié d’un quelconque profit du PDCI-RDA en numéraires, en postes de responsabilité ou d’un quelconque piston. C’est le revenu modique de mes efforts qui règle ma vie. J’en suis très fier parce que cette situation me libère de toute conscience intellectuelle, morale , de parole ou de musellement moutonnier.  

Vous me demandez d’être choqué par les déclarations du Président Henri Konan Bédié. Votre démarche dans ce sens est une « avortonne » surtout que son staff a déjà réagi et je ne fais nullement partie de son service de communication.

Ce que je sais, c’est que certaines décisions du Président Bédié, à des moments cruciaux de la vie de la nation, ont toujours suscité des polémiques dans toutes les chapelles même dans celles qui en tirent profits et bénéfices. Je citerais l’appel de Daoukro (ta bête noire), le soutien au référendum pour la nouvelle constitution enfin, sa déclaration que M. SORO est son protégé…Même dans le camp de M. SORO, on trouve que le Président Bédié est méprisant et infantilisant.

Tu sais mon cher Tiburce, le fonctionnement d’une société est basé sur des principes comme « notre liberté s’arrête là où commence celle des autres ». Une société est le fruit du désir humain de communication et donc de l’altruisme. Or on ne peut empiéter sur la liberté de l’autre car, à grande échelle, l’altruisme ne serait plus si chacun ne pensait qu’à soi et à ce que peuvent lui apporter les autres. Il serait donc moral de considérer l’altruisme comme prioritaire sur les désirs personnels. De ce fait, on peut considérer que la morale commune prévaut sur la conscience morale individuelle car le respect de l’altruisme est un principe commun et il parait difficile de s’en affranchir tout en faisant partie d’une société. Avons-nous tous et chacun une nette idée de ce principe ? Nos guides sauront-ils un jour que leur position de leader ne leur donne pas la science infuse et que de cette position, ils ne doivent valider que la décision consensuelle venant des troupes ?

Le PDCI-RDA saura un jour rendre à son Président toute la gratitude pour ses bons et loyaux services. C’est ce que je peux en dire.
                                                                                                                          Bertin KOFFI





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