Réponse de Tiburce Koffi à M. Bertin Koffi

CIVOX.NET
Mercredi 21 Juin 2017 - 18:28


M. Bertin Koffi mon petit père ou mon parent (puisque vous portez le nom de mon père), je n'ai trouvé aucun propos offensants à mon encontre dans votre article. Je vous le répète : vous avez le droit de ne pas être d'accord avec moi et de rendre publique votre opinion. Mais vouloir (comme vous me l'aviez proposé) soumettre votre papier à mon approbation avant publication, est une erreur. Je ne suis pas votre mentor ; je ne suis pas un mentor non plus. Une seule remarque : c'est un papier absolument hors-sujet, du moins, pour ce qui me concerne, car affirmer mon soutien au projet « Pardon et Réconciliation » du Président de l’Assemblée nationale n’est pas un acte de proclamation d’amour à l’endroit de M. Guillaume Soro.

Pour votre gouverne, je vous l’apprends : je ne connais M. Guillaume Soro que par voie de presse, et aussi de nom. Nous ne nous sommes JAMAIS rencontrés. Et je ne vous ai jamais dit que je cultive de l'Amour pour M. Soro (encore que j’en aie le droit). Seulement voyez-vous, M. Bertin Koffi, je ne suis plus dans les jugements moraux, les condamnations faciles, les blâmes, les rancunes (légitimes ou non), les colères et autres bas sentiments inutilement destructeurs.

Ma posture actuelle est simple, et je l'ai CLAIREMENT exposée : M. Guillaume Soro, 2 ème personnalité de l'État de Côte d'Ivoire, a envoyé vers moi un de ses plus brillants collaborateurs pour solliciter mon soutien intelligent à son projet de "Pardon et de Réconciliation". J'ai été sensible à cette démarche, et j'ai estimé que c'était une marque de considération à mon endroit. Soucieux de tout ce qui concerne cette question (Pardon et paix), j'ai répondu favorablement à cet appel. Franchement, Monsieur Bertin Koffi, où est, là, le crime que j'ai commis et qui me vaille, de votre part, toute cette prose colérique contre M. Guillaume Soro ?

Je ne vous ai pas dit non plus que j'approuvais les actes posés par la rébellion. Et il ne s'agissait pas, ici, de soutenir la rébellion. Il s'agissait de quelque chose de plus simple que cela : être "d'accord ou non" avec M. Soro, pour son projet de "Pardon et réconciliation". J'ai dit oui. Maintenant, si vous n'êtes pas d'accord avec ce projet, signifiez-le à M. Soro. Conséquemment, prenez vos armes (flèches, coutelas, mortiers, kalachnikov, chars, etc.) et livrez-vous guerre sauvage et haine farouche.

Moi, j'ai décidé de TOURNER LA PAGE, et d'aider mon pays à pardonner et à se réconcilier avec lui-même. C'est une position de principe. C'est un engagement. C'est enfin une conviction inébranlable : mon devoir d'aider mon pays en me disant que, dans le fond, seuls CEUX qui ont commis des torts peuvent comprendre la nécessité du pardon et de la réconciliation. Je vous le dis, M Bertin Koffi, notre pays n'a pas le choix : aimez-vous ; tournez le dos à la rancune et à la haine. Abandonnez les mots violents, les condamnations faciles. Tendez la main au fautif (?) qui vient vers vous. Si Mandela avait voulu secouer le spectre des massacres de Shapperville et de Soweto, jamais l'Afrique du Sud n'aurait eu une SEULE chance de paix.

Le réquisitoire enflammé et pyromaniaque que vous venez de dresser contre la rébellion relève d’une prose légitime certes, mais elle me paraît vieille et désuète : de 2002 jusqu’en 2011, je n’avais fait que cela. Un jour, des éditeurs publieraient sans doute de moi, un livre entier de mes fureurs contre la rébellion. 2002-2017. Plus d’une décennie après ces temps de feu et de plomb qui nous ont divisés, j’estime que le temps s’impose vraiment de servir à notre peuple, autre choses que les discours ravageurs.  

Pdci-Mpci-Rdr : des complices historiques

Pour tout le reste, je vous rappelle que votre mentor (vous êtes, paraît-il un grand militant du Pdci), a dit ceci : « Soro est mon protégé ». Et M. Bédié est même d’accord pour que M. Guillaume Soro soit candidat à la présidentielle, mais en … 2030 !... pour lui succéder, bien évidemment, car de fortes présomptions pèsent sur son désir d’être candidat, lui, en 2020. A 85 ans ! Je sais que chez vous, au Pdci, ce n’est pas un scandale : Houphouët-Boigny avait 90 ans quand il allait en compétition électorale contre… un freluquet politique appelé Gbagbo Laurent ! M. Bédié pourrait donc être candidat en 2020 ; aussi, demande-t-il à son protégé Soro d’attendre qu’il ait fini, lui, ses deux probables mandats (2020-2030) pour lui céder la place à son poulain ! Question : en 2030, M. Soro ne serait-il plus l’ex porte-parole, détestable et tant détesté, de la rébellion ? En 2030, deviendra-t-il, subitement, un ange ?

« Soro est mon protégé » ! Pourquoi une telle affirmation, lourde d’implications et de conséquences, ne vous interpelle-t-elle pas, M. Bertin Koffi ? Pourquoi ? Vous savez très bien ce que signifie l’expression « c’est mon protégé. » Entre autres significations : c’est sur mes recommandations que Soro agit ; Soro ne fait rien sans mon avis ; je lui donne mon parapluie pour TOUT acte qu’il commet ; j’assume la responsabilité des actes qu’il pose… ».

Dites-le-moi, Monsieur Bertin Koffi : pourquoi n’êtes-vous pas indignés de lire de tels propos qui signifient bel et bien ce qu’ils signifient ? A savoir que M. Henri Konan Bédié et le Pdci ont trompé les Ivoiriens pendant longtemps ! Ils sont, en effet, complices de la rébellion. Le Rdr a au moins eu le mérite de ne pas nier ses connivences avec le Mpci. Mais vous, vous du Pdci, qui avez bénéficié de cette rébellion (postes de ministres, Dg, Conseillers spéciaux, etc.), vous qui avez profité de ces crimes contre le peuple de Côte d’Ivoire, comment faites-vous pour vous croire habilités à me donner des leçons de morale ? A moi qui n’ai eu de cesse de dénoncer la rébellion ? A moi qui n’ai JAMAIS nouer commerce avec M. Soro Guillaume, sauf le rejoindre aujourd’hui, sur la question de la nécessité de poser des actes de contrition et de se réconcilier !? Moi, j’ai tout simplement dit que je cautionne cette démarche, louable, de M. Soro : emmener les Ivoiriens à s’accepter, après le temps des déchirures. Où est le crime dans ce soutien, M. Bertin Koffi, qui puisse justifier tant de fureur discursive de votre part ?

Vous êtes outré que je soutienne de « Pardon et Réconciliation » ; mais vous, votre mentor, votre parti, vous avez soutenu la rébellion. Pis : l’on chuchote que M. Bédié a financé l’achat d’armes au compte de la rébellion, à hauteur de 4 milliards ! Pourquoi de si graves accusations ne vous interpellent-elles pas, Monsieur Bertin Koffi ? Qu’attendez-vous pour publier un mémorable « J’accuse » à l’encontre de M. Bédié et du Pdci votre parti politique ?

Vous le voyez, M. Bertin Koffi : votre réaction épistolaire colérique et négative au fait que je soutienne un projet aussi positif que celui de « Pardon et Réconciliation nationale » tombe sous le coup d’une affreuse bizarrerie discursive ! Elle n’est pas que malhabile ; elle est suspecte et dangereuse.

tiburce_koffi@yahoo.fr

 




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