Réorganisation du parti et reconquête du pouvoir / Voici les enjeux de la bataille qui attend Affi N’Guessan et ses camarades

Avec la libération de ses principaux responsables avec à leur tête le président statutaire Affi N’Guessan, la bataille à court terme reste aujourd’hui la réorganisation et le repositionnement du parti dont les leaders sont inlassablement traqués et jetés en prison depuis l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir. Mais avec en ligne de mire la reconquête du pouvoir lors des prochaines élections présidentielles prévues en octobre 2015.
L’ex premier ministre Pascal Affi N’guessan manoeuvre déjà afin de renforcer le FPI et proposer son retour au pouvoir

Jeudi 15 Août 2013 - 06:16


Pascal Affi N'Guessan
Pascal Affi N'Guessan
La détermination et la pugnacité de la direction intérimaire du FPI conduite par Miaka Oureto, des militants et des soutiens du parti du président Laurent Gbagbo à travers le monde aura fini par avoir raison du régime d’Abidjan. Résultats des courses : après l’élargisse - ment de 8 détenus pro-Gbagbo en novem - bre 2011 de 25 personnalités, de 8 autres le 20 en décembre 2012 au nombre des - quels le premier ministre Aké N’Gbo, voilà que ce lundi 5 août 2013, 12 autres proches de Gbagbo et non des moindres avec à leur tête le président du parti Pascal Affi N’Guessan obtiennent la liberté provisoire. Mais quels sont les défis qui attendent le FPI à un moment où le parti retrouve progressivement ses pre - miers responsables embastillés depuis plus de deux ans ?
Objectif : les présidentielles de 2015 L’objectif ultime pour la FPI aujourd’hui est la reconquête du pouvoir d’Etat lors des élections présidentielles de 2015. D’ailleurs, c’est l’une des rhétoriques autour desquelles Miaka Oureto a struc - turé son discours de remobilisation des militants et des partisans de Gbagbo depuis quelques temps. « Nous avons dit que les élections de 2015, nous on va y aller. On va y aller et nous allons gagner », avait-il révélé pour la première fois le jeudi 16 mai à Bondoukou. « Ils pensent que 2015, ils vont aller en roue-libre. Mais c’est faux. Le FPI sera là. On sera candi-
dat et on va gagner », avait-il réitéré le 8 juin dernier au QG de campagne de cam - pagne au lendemain de l’arrestation de Koua Justin. Ce cap ne sera possible qu’avec la réorganisation du parti et son repositionnement sur l’échiquier avec la latitude de mener ses activités sans entrave mais aussi et surtout avec des réformes institutionnelles capables de garantir un jeu électoral juste et équitable dans l’avenir et dans un Etat de droit.
Repositionnement et réformes structu- relles à arracher au régime Ainsi, même si lors de sa rencontre avec la direction intérimaire du parti le 18 mai dernier dans sa prison de Bouna, le prési- dent Pascal Affi N’Guessan avait marqué sa totale approbation avec la ligne de conduite tenue par Miaka et ses cama - rades en liberté, il n’en demeure pas moins que la politique pour repositionner le parti se trouve à un tournant décisif avec la nouvelle donne. Ce qui passe nécessairement par la réclamation de la libération de tous les prisonniers poli- tiques, le dégel de leurs avoirs, la libéra - tion de leurs biens et domiciles, le réta - blissement de la sécurité sur toute l’éten - due du territoire avec le désarmement des ex-combattants pro-Ouattara encore estimés à quelques 64 000, le financement des partis d’opposition et ainsi que le paiement des arriérés pour leur permettre de mener leurs activités à l’instar des partis au pouvoir, la réforme de la Commission électorale indépendante présidée par Youssouf Bakayoko dont la mission semble achevée mais qui est toujours en place, etc. Des préoccupations sur lesquelles le FPI doit se montrer incisif car l’objectif du régime d’Alassane Ouattara est peut-être d’exclure le parti de Gbagbo de ces futures batailles et de phagocyter en dernier ressort ses alliés pour rester au pouvoir en 2015. Car l’on se souvient que malgré les injonctions du Conseil de sécurité qui réclamait en juillet 2012 au gouvernement ivoirien de faire en sorte que « les prochaines élections locales soient ouvertes, transparentes, libres et régulières et se déroulent dans le calme, et à ce qu’elles favorisent la représentativité politique et la réconciliation, en choisissant une date opportune, en assurant la sécurité et en procédant aux réformes électorales utiles », le régime Ouattara a opéré un passage en force pour sa tailler une majorité et une représentativité factice aussi bien pendant les législatives que lors des élections locales dans un environnement du reste marqué par une violence généralisée en dépit de l’absence du FPI.
Changer de fusil d’épaule Il faut donc urgent de changer de fusil d’épaule et de passer à la vitesse supérieure pour mettre davantage de pression sur le régime d’Abidjan à l’instar de la tournée de remobilisation initiée à l’est, dans le Zanzan, en mai dernier et qui a suscitée un réel engouement des militants. Ou encore des meetings pour reprendre toute sa place. Pour ce faire, il faut de la détermination, l’engagement et la mobilisation d’autant plus que le FPI ne plus se résigner à des boycotts. Car comme l’a indiqué Affi N’Guessan mardi dernier, « l’ambition nourrie par ceux qui sont arrivés au pouvoir dans les conditions que nous connaissons ce n’est pas d’instaurer la démocratie, ce n’est pas de laisser exister un parti aussi puissant que le Front populaire ivoirien ». Même si l’on sait que dans le cadre des futures élections, le régime a plus que jamais un agenda caché puisque les principaux leaders du FPI font toujours l’objet de poursuites judiciaires.
Les préoccupations des Ivoiriens au centre de la politique de FPI Mais au-delà  des problématiques propres à la vie du parti du président Laurent Gbagbo, ses dirigeants sont convaincus que cette lutte s’imbrique dans celle pour la restauration de la démocratie en Côte d’Ivoire et pour assurer un mieux-être aux ivoiriens en améliorant leurs conditions de vie. Puisqu’actuellement, leur pouvoir d’achat est cruellement raboté par la cherté de la vie, les licenciements, le chômage ou encore l’insécurité, la spoliation de terres et des plantations, etc. Face à l’impuissance d’un Alassane Ouattara qui est passé de la rhétorique « j’ai des solutions » lors de la campagne à un nouveau syntagme à l’occasion de son interview lors de la fête de l’indépendance le 7 août dernier à « je cherche des solutions » qui sonne, plus qu’un aveu d’impuissance, comme un échec de sa politique. Et le FPI veut donc se poser en alternative en déroulant son programme : « Et ce programme, ce sont les aspirations profondes du peuple de Côte d’Ivoire. Et ce programme, c’est résoudre tous les problèmes qui peuvent faire en sorte que ce pays ne soit pas un pays moderne, un pays prospère », a fait savoir Affi N’Guessan. En tout cas selon l’ex-Premier ministre, le FPI est présent et entend prendre toute sa part dans la restauration de la Côte d’Ivoire.  

Par Anderson Diédri

Source: Le Nouveau Courrier N° 851 Du Mardi 13 Août 2013




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