Rentrée politique du Fpi / La place Ficgayo reconquise sans heurts ni grabuge : Affi ébauche les trois axes de sa stratégie politique

Lundi 24 Février 2014 - 09:18


Oubliée, la triste journée du 21 janvier 2012. Les militants et alliés du Fpi ont retrouvé l’espace Ficgayo de Yopougon d’où ils avaient été violemment boutés hors ce jour-là. Pour conjurer ce sort, Pascal Affi N’guessan pour la rentrée politique de son parti à cette même place hier dimanche 23 février 2014, a fait observer une minute de silence au nom de toutes les victimes ‘’de toutes tendances politiques’’ tombées non seulement à Ficgayo mais partout en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002 selon les termes du président du Fpi. Pour le Fpi Yopougon est un symbole et la place Ficgayo le point de ralliement de toutes les batailles politiques dans cette commune. Il fallait donc relever le défi de la mobilisation. Tout, avait l’air d’un fiasco au départ à cause des problèmes organisationnels. Des 36 bâches qui étaient attendues en plus du podium géant, c’est seulement 3 bâches qui furent dressées. Il a fallu compter sur la mobilisation de militants déterminés pour rester sous un soleil de plomb, des heures durant. La foule qui était clairsemée au début est devenue très compacte dans le courant des choses surtout avec l’arrivée de Pascal Affi N’guessan peu après 12 heures. L’occasion était belle pour chanter et danser à la gloire de Laurent Gbagbo et au bonheur du Fpi. Des sonorités musicales malheureusement aux seules couleurs de l’Ouest du pays d’où est originaire Laurent Gbagbo. Des militants n’ont pas manqué de le dénoncer pour un parti qui veut selon les discours de ses dirigeants, rassembler.

Quand il finit par monter sur le podium après Koné Boubakar (président du comité d’organisation), le fédéral Fpi du Banco Lazare Zaba Zadi, Sam L’Africain de la Nacip et « l’oncle » Abou Cissé, Pascal Affi N’guessan commence par adresser des salutations à tous ceux qui ont rendu possible cet événement. Il a ainsi adressé sa gratitude aux forces de l’ordre (police et gendarmerie) très présentes et armées jusqu’aux dents puis aux soldats de l’Onuci. Ces civilités à cette dernière couche n’ont pas eu l’adhésion de l’assistance qui a bruyamment rouspété. Il les comprend et lance à nouveau : ‘’je crois que vous avez délivré le message qu’ils avaient besoin d’entendre. C’est le message de la réconciliation. Quand quelqu’un est victime, il exprime d’abord sa meurtrissure, il exprime d’abord sa douleur avant de passer à la réconciliation. Hier nous étions face à face et aujourd’hui nous sommes côte à côte pour restaurer la Côte d’Ivoire, c’est pourquoi je vous demande de rester tranquilles’’. Cette fois il est compris et ovationné. Pascal Affi N’guessan sur sa lancée s’est réjoui de la réussite de la 8e convention de son parti qui vient de s’achever. Cela augure selon lui de la bonne suite des choses.

Résistance, restauration, reconquête

Et cette suite des choses que pascal Affi N’guessan appelle programme, il la définit en trois étapes. La résistance, la restauration progressive et la reconquête définitive. La première phase dit-il, fut celle des Miaka Ouuretto qui a su tenir le parti debout après les événements du 11 avril 2011. La deuxième étape qui est celle en cours (restauration progressive), dit-il, a fait le choix de la réconciliation. ‘’Il n’y a pas d’autre programme que la réconciliation. Nous devons être l’acteur principal du rassemblement des ivoiriens dans leur diversité’’, soutient-il en guise d’arguments. A ce niveau, il rebondit à l’appel de « l’oncle Abou Cissé » qui a appelé Affi N’guessan à rassembler et à aller sans peur vers les populations du Nord. ‘’Les frères et sœurs de toutes les régions seront avec nous parce que le Fpi est un parti de rassemblement, ce n’est pas le parti de l’exclusion, ce n’est ni un parti ethnique ni ethno religieux. Nos idées sont connues : restaurer c’est pour le bien-être des ivoiriens, c’est fonder un état démocratique prospère, respecté dans le monde’’, a-t-il répondu. La troisième étape qu’il définit (reconquête définitive) est basée selon lui sur le programme des états généraux de la réconciliation (encore une fois) que son parti prône depuis. Pour Affi, c’est une attitude qui consiste à faire le deuil de la haine et à barrer le chemin à tous ceux qui font la promotion de la haine en manipulant la justice, l’administration, l’armée et la police nationale. C’est pourquoi, tout en souhaitant une fois encore la libération de Laurent Gbagbo il a encore appelé à prier pour le président Ouattara afin qu’il assiste en personne à la restauration de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara à qui il a lancé quelques piques. De l’avis de M. Affi, Ouattara le « bravetchè » est devenu le « pauvretéctchè » (l’homme de la pauvreté, Ndlr). ‘’Il faut mettre fin au système des fatchè’’, a terminé Affi N’guessan.

S.Debailly


Publié le dimanche 23 février 2014  |  L’intelligent d’Abidjan




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