Rencontre Hollande-Affi:Voici les trois questions à l’ordre du jour

Mardi 8 Juillet 2014 - 10:32


C’est le 17 juillet courant que François Hollande, le président Français prendra pied à Abidjan, dans le cadre d’une visite officielle, la première du genre depuis deux ans que le socialiste français est aux affaires. Un grand coup pour la présidence ivoirienne qui ne s’en cache d’ailleurs pas, vu qu’en dix ans de règne l’illustre prédécesseur n’a nullement eu droit à pareil privilège. Et le régime ne manque aucune occasion d’en mettre plein la vue à ses contradicteurs, jurant de tenir dans cette visite, l’assurance tous risques à un règne d’au moins dix ans, pour son champion Ouattara. Pour certaine- ment  être d’aplomb à cette occasion, le chef d’Etat ivoirien est rentré hier après-midi de Paris où il est allé se retaper dix jours durant, une santé capricieuse, habituée à lui jouer bien des tours ces derniers mois. Aussi, pour ne pas manquer la fête au « grand Blanc », le président Henri Konan Bédié a-t-il  été tiré, vendredi dernier, de sa paisible retraite parisienne où l’homme prenait une cure de jouvence. A charge pour le prince des Nambê de Daoukro de mobiliser ses ouailles du PDCI à l’effet de tenir le challenge de la mobilisation qui devra être exceptionnelle selon les organisateurs. Le ministre d’Etat, Hamed Bakayoko, oreille écoutée du chef de l’Etat a même séjourné ces derniers jours en France pour régler les derniers détails liés au voyage du locataire de l’Elysée en terre ivoirienne. Sur place à Abidjan, l’illustre visiteur s’entretiendra avec son homologue ivoirien, sur les relations entre la France et son ancienne colonie. Signe des temps, l’Assemblée Nationale vient d’autoriser Ouattara à ratifier les nouveaux accords de défense qui lient depuis l’indépendance, les deux Etats. La classe politique nationale, dans sa dimension la plus significative aura également droit, à l’occasion, aux civilités du tombeur de Nicolas Sarkozy. A ce niveau, le Front populaire ivoirien et son président, Pascal Affi N’guessan, figureraient en bonne place sur le calepin du n°1 français. De sources proches des socialistes ivoiriens, on annonce une rencontre entre les deux hommes, à la maison de France à Abidjan. A cette occasion, trois principaux points seront débattus. Il s’agit, selon notre in- terlocuteur, de la question de la commission électorale indépendante (CEI) dont la nouvelle mouture ne sied toujours pas aux partisans du président Laurent Gbagbo, la libération des prisonniers politiques et la participation du parti à la rose à la vie politique nationale, qui se matérialiserait, dit-on, par une entrée au gouvernement et le non boycott de la présidentielle de 2015. Sans être forcément dans le secret des dieux, on imagine aisément que le président Pascal Affi N’guessan  saisira la tribune pour réclamer plus de démocratie et de justice en Côte d’Ivoire, deux acquis du combat politique du président Laurent Gbagbo, aujourd’hui en net recul sous Ouattara. Pour sûr, la question de l’élargissement des détenus politiques, le couple Gbagbo en tête, tiendra le haut de l’affiche. Tout comme ne seront pas en reste, le dossier de la CEI et les conditions d’un scrutin juste et transparent en 2015, de façon à éviter une nouvelle crise postélectorale. Selon des indiscrétions, les spécialistes du FPI ont déjà compilé le fruit de leurs ré- flexions dans un document qu’ils comptent remettre au président François Hollande. Dans l’entourage d’Alassane Ouattara, on indique que connaissant les attentes du FPI, il n’est pas exclu que le régime, pour ne pas donner l’air d’obéir aux injonctions de Paris, anticipe sur certaines questions, pour contenter Affi N’guessan et les siens. Sur cette foi, on pourrait donc assister dans les prochains jours, à la libération d’une nouvelle vague de prisonniers politiques et le dégel de nouveaux comptes. Pour préparer les esprits à cette éventualité, le chef de l’Etat, lors du dernier conseil des ministres, a encouragé la justice ivoirienne à poursuivre les efforts dans ce sens. Invité jeudi dernier, du « fauteuil blanc » de notre confrère « Le Nouveau Réveil » Coulibaly Gnénéma, le Garde des Sceaux, ministre de la justice et des libertés publiques, s’est pratiquement inscrit dans la même veine, lui qui a confié que les juges poursuivent, mais en silence, la libération des prisonniers proches de l’ancien régime. Le pouvoir aurait-il voulu montrer patte blanche avant l’arrivée de François Hollande sur les bords de la lagune Ebrié, qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Une visite qui intervient dans un contexte socio-politique fort préoccupant avec notamment, les pluies diluviennes qui tombent sur Abidjan depuis plus d’un mois et qui ont déjà causé officiellement, plus d’une trentaine de morts avec des dégâts matériels inestimables. Un drame sans précédent qui a poussé le gouvernement à prendre la décision de détruire quelques 52 quartiers précaires.  Au plan politique, l’opposition significative, menée par le FPI, rechigne toujours contre la commission électorale reformée et menace même d’occuper dans les prochaines semaines, la rue, si le régime continue de faire la sourde oreille face ses préoccupations. De quoi causer des soucis au premier ministre Daniel Kablan Duncan dont le  gouvernement se prépare activement à accueillir la Banque africaine de développement (BAD), de retour à son siège d’Abidjan, après avoir délocalisé à Tunis en 2003, en raison de la crise ivoirienne. ■

Géraldine diomandé

Source: Aujourd’hui / N°679 du Lundi 07 Juillet 2014





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