Rencontre FPI-Résistance patriotique ivoirienne de France: Amani Michel N’Guessan prône la soumission à la France.

Mercredi 5 Décembre 2012 - 07:30


N'Guessan Amani Michel
N'Guessan Amani Michel
Le 16 février 2012, deux jours avant le 20ème anniversaire de cette marche historique qui avait vu le Premier Ministre d’alors Alassane Dramane Ouattara, « jeté » en prison le Président Laurent Gbagbo, son épouse Simone ainsi que son fils Michel Gbagbo, sans oublier certains de ses collaborateurs, Monsieur Miaka Ouretto recevait la résistance patriotique ivoirienne. Il ressortait de cette rencontre aux dires de l’hôte du jour certaines priorités sans lesquelles, la « prétendue réconciliation » aux forceps, que la tyrannie du pouvoir Dramane Ouattara est en train de galvauder ne pourrait avoir lieu. La dernière rencontre en date s’est tenue le vendredi 29 novembre dans ce même lieu de l’AGECA, où l’on notait la présence de messieurs Désiré Porquet ex-Conseiller économique et social, Seri Goagnon Président du Conseil Général d’Issia, Jean Gervais Tchiédé Vice-président du Conseil Général de Guiglo, de Lavry N’guessan Nicolas, du professeur Dédi Seri ainsi que du Ministre Amani Michel N’guessan, sans oublier l’absence remarquée du Président du FPI Sylvain Miaka Oureto, « qui était en train d’être reçu par une autorité française en cet instant » . Venus avec ses camarades « mener une offensive diplomatique afin de rétablir leur part de vérité », opération d’explication et de « communication » qui avait été leur talon d’Achille pendant plus de dix ans de gouvernance » , le Ministre Amani Michel N’guessan a dénoncé la situation sécuritaire déplorable qui sévit en ce moment en Côte d’ivoire de même que la discrimination fondée sur le rattrapage ethnique prôné par le régime d’Alassane Dramane Ouattara, au profit des ressortissants du nord de la Côte d’ivoire. Il n’a pas oublié de souligner que fidèle à ses principes idéologiques fondés sur une accession démocratique au pouvoir, le FPI (Front Populaire Ivoirien) ne privilégierait que la voie du dialogue, conforme à la transition pacifique à la démocratie que préconise son parti.
 
« Nous ne voulons pas cracher dans la soupe que nous allons manger »
 
Répondant à la question du Conseiller Spécial du Président du NPR (Nouveau Parti pour le Rassemblement) de Blaise Pascal Logbo quant à la nécessité de diversifier les actions diplomatiques en direction d’autres puissances, le Ministre Amani Michel N’guessan a rappelé, ce que beaucoup savaient déjà, à savoir : « c’est la France, en sa qualité d’ancienne puissance coloniale, qui prend les résolutions s’agissant de la Côte d’ivoire au Conseil de sécurité, nous ne pouvons rien contre cela. Nous sommes venus faire de la politique, les gens nous ont renversés en faisant de la politique, chacun est dans son rôle. Ils étaient avec nous, Premier Ministre, Ministres et nous ont renversés »… Il faudrait « mener une opposition de recomposition » a ajouté le Ministre Amani Michel N’guessan. Pourquoi se rendre compte, après tant de vies sacrifiées, que la guerre pour l’indépendance de la Côte d’ivoire s’avère aujourd’hui inutile et qu’il faille se soumettre au diktat de l’impérialisme français, en évoquant la possibilité d’entrer dans un éventuel gouvernement sous le régime Ouattara , après un éventuel « consensus interne au FPI » ? Si l’ordre diplomatique international obéit fidèlement à l’architecture politique dessinée après la Seconde Guerre Mondiale et à l’esprit de la Conférence de Yalta, cela n’a pas empêché certaines Nations d’Amérique du Sud de lutter avec beaucoup de succès contre la tutelle Américaine plus nocive et oppressante que celle de la France, après s’être débarrassés depuis cinq siècles de l’hégémonie espagnole. Comment la révolution Castriste a-t-elle réussi à résister pendant plus d’un demi-siècle à l’impérialisme américain pourtant situé à cent cinquante kilomètres de l’île cubaine ? La Syrie, ancienne colonie française dirigée par le parti Baas de Bachar El Assad, ne mène-t-elle pas une farouche résistance contre la France de François Hollande, qui tout récemment a décidé d’aider la rébellion syrienne ? Le régime de Mahmoud Ahmadinedjad en Iran, ne réussit-il pas à résister contre à l’impérialisme Américain ainsi que la puissance israélienne ? L’ex-empire soviétique, tout autant que l’idéologie communiste, ont fini par s’effriter au sein des États longtemps dépendants du poids et de l’influence de Moscou, en réussissant la difficile transition vers une économie de type capitaliste tout en se débarrassant de la tutelle soviétique. Le peuple palestinien vient d’obtenir le statut d’État observateur des Nations Unies après plusieurs décennies de lutte, sous Mahmoud Abass le chef de l’Autorité Palestinienne. A en croire les propos du Ministre Amani Michel N’guessan, les colonies françaises en dehors de l’Algérie (département français), sont mues par le complexe de Stockholm au point de sacrifier le devenir de leurs populations. Lors de sa première rencontre avec les mouvements et partis politiques de la résistance Monsieur Miaka Ouréto, le 16 février 2012 avait rappelé que « le secrétariat exécutif du parti est composé de sa personne, de Laurent Akoun, Alphonse Douati, Amani Michel N’guessan, ainsi que madame Marie Odette Lorougnon », « Libérer tous les camarades emprisonnés, faire revenir tous les exilés, revoir la composition de la CEI, rétablir la sécurité sur toute l’étendue du territoire », telles étaient ses exigences auprès des autorités rencontrées et que « le soleil allait bientôt se lever sur la Côte d’ivoire ». Nous espérons que ces priorités n’aient pas changé et que la question de la libération des autres camarades emprisonnés, liste à laquelle sont venues s’ajouter les arrestations de Laurent Akoun et Alphonse Douaty, le retour des réfugiés sont des questions qui demeurent toujours d’actualité, et furent abordées avec les autorités récemment rencontrées d’une part, et d’autre part avec « l’Ambassadeur » Charles Gomis. Nous pensons fermement que Monsieur Miaka Ouréto et les autres membres de l’actuelle direction du parti , qui ont condamné lors de leurs sorties devant les ivoiriens, la dictature qui sévit en ce moment en Côte d’ivoire en se faisant les apôtres d’un gouvernement républicain, ne se compromettent pas dans une apologie de la tyrannie, sans exiger la libération des autres camarades comme c’était le cas le 18 février 2012, lorsque le Président Miaka Ouréto affirmait, s’agissant « de la participation du FPI au gouvernement Ouattara », « qu’un parti politique, même vainqueur des élections présidentielles ne peut diriger seul le Pays, c'est-à-dire la Côte d’ivoire. Il faut aller à la solidarité, à l’ouverture ». Cette volte-face à peine voilée, serait- elle une façon de rentrer en grâce auprès des « nouveaux maîtres » d’Abidjan en sacrifiant sur l’autel de leurs intérêts les autres camarades en prison ou en exile ? Le temps nous le dira.
 
ZAGO MADOU
 





Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !