Règne effroyable des milices burkinabé: L’Onuci protège les tueurs de l’ouest

Samedi 7 Juillet 2012 - 07:36


casques bleus de l'ONUCI en Côte d'Ivoire
casques bleus de l'ONUCI en Côte d'Ivoire
Alors que tout le monde entier connait l’existence des milices burkinabè pro-Ouattara qui règnent en maîtres absolus dans la région de l’ouest, l’Onuci feint d’ignorer, voire nie leur existence.
La région de l’ouest est gangrenée par une insécurité chronique depuis plus d’un an, malgré la présence surfaite des forces onusiennes. Qui côtoient la région en parfaite «symphonie» avec les Frci, mais bien plus avec les dozos et les tristement célèbres milices burkinabè pro-Ouattara qui régentent les forêts de la région. L’un des chefs de guerre burkinabè, à la tête d’une milice évaluée au millier d’éléments, et certainement le plus connu est sans nul doute Amadé Ouérémi. Désormais «propriétaire» avec son «armée» de l’immense mont Péko dans la région de Duekoué et même au-delà. Interrogé hier jeudi 5 juillet dans un entretien avec Alerte Info, sur la présence – tolérée – du seigneur de guerre Amadé Ouérémi et de sa milice, le porte-parole militaire de l’Onuci, le Colonel Yassine, a indiqué n’«avoir aucune connaissance de la présence de chefs de guerre burkinabè dans l’ouest ivoirien». Notamment de la présence des chefs miliciens pro-Ouattara Ouerémi et Issiaka Tiendrebeogo qui avec leurs éléments exproprient les autochtones au profit des allogènes maliens et burkinabè, selon des témoignages de victimes. Curieux tout de même que le porte-parole militaire de l’Onuci affirme n’avoir aucune connaissance de la présence des milices burkinabè. Et pourtant, les forces onusiennes ont organisé deux simulacres d’opération de désarmement de la milice dirigée par Amadé Ouérémi, et qui se sont soldées par un cuisant échec. Avec une douzaine d’armes sur l’ensemble des deux opérations de désarmement. Alors que ce seigneur de
guerre et ses éléments sont toujours puissamment armés, mieux armés même que les Frci dans la zone, affirment d’autres sources. L’Onuci tolère-t-elle ou protège-t-elle ces milices pro-Ouattara impliquées dans le génocide wê de mars-avril 2011, dans les exactions et exécutions de populations civiles depuis plusieurs mois ? En niant l’existence de ces seigneurs de guerre et leurs «armées», l’Onuci ne se rend-t-elle pas complice des graves dérives commises par ces milices dans une région où l’insécurité est devenue chronique ?
Au grand désarroi des populations civiles. «Je peux vous dire qu’il y a des efforts louables pour sécuriser les populations et la sécurité revient de plus en plus», a tenté de relativiser l’Officier supérieur des forces onusiennes quant à la situation sécuritaire à l’ouest et particulièrement dans la région de Taï.
Soulignant que l’Onuci a renforcé sa présence à Taï, Sakré et Para, où une attaque menée par des hommes armés non identifiés avait causé la mort de 7 casques bleus et de plusieurs civils, le 8 juin dernier. La flagrante tolérance de ces milices burkinabè pro-Ouattara à l’ouest du pays par l’Onuci, n’est pas faite pour ramener la sécurité dans la région. Une «pacification» de l’ouest, selon l’expression du régime Ouattara, devrait nécessairement passer par le désarmement des dozos et de ces milices du pouvoir qui font la pluie et le beau temps, au nez et à la barbe des soldats onusiens.

Par Frank Toti

Le nouveau courrier N°557 du vendredi 06 juillet 2012




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