Régime d'Alassane Ouattara: La dernière balle des comploteurs.

Samedi 16 Juin 2012 - 09:25


A gauche Hamed Bakoyo et  à droite, Martin Kouakou Fofié
A gauche Hamed Bakoyo et à droite, Martin Kouakou Fofié
Depuis plus de deux décennies, les comploteurs de la République échafaudent le plan de mise à mort de Laurent Gbagbo et son parti. Ces comploteurs conservateurs achevés n’ont jamais digéré le fait que Gbagbo ait été l’artisan de la réinstauration du multipartisme en Côte d’Ivoire. Gbagbo avait osé s’attaquer au guide, le grand timonier, le père fondateur, père de la nation, père de tous, le Roi. Chez nous en Afrique un chef ou un roi est un être sacré, il ne mérite pas d’être contredit et le turbulent Gbagbo ne le savait pas. Il a donc refusé de se prosterner devant Nanan, il a insulté Nanan, disent ces comploteurs. Ces comploteurs voulaient gérer sans contre-pouvoir, sans voix dissonantes. Ils avaient embrigadé les pensées et saisissaient le citoyen au berceau pour ne le lâcher qu’à sa tombe. L’on soupçonnera les fœtus d’être titulaires d’une carte de cet immense parti.

Lorsque l’occasion s’offrit à eux de casser Gbagbo et son parti, ils n’hésitèrent pas une seule seconde. C’est ainsi que le 18 Février 1992, ils tirèrent la première balle. La balle du complot, la balle du mal. Cette balle projeta Laurent Gbagbo et ses camarades démocrates, dans les cellules de la Maca. Ces mêmes comploteurs qui font vibrer leur bile actuellement avaient sablé le champagne. Le principal et l’accessoire, le premier travaillant sous l’autorité du second ont dansé, chanté, fiers de voir les démocrates neutralisés. Contre leur volonté, le roseau se releva et afficha fière allure. Cela leur fit extrêmement mal. Maniant le mal avec une dextérité jamais égalée, ils décidèrent de lancer une seconde balle, la balle de la rébellion armée contre la Côte d’Ivoire dirigée contre toute attente par Gbagbo Laurent. L’objectif était toujours le même, défaire Laurent Gbagbo, le tuer ci possible et dissoudre son parti, comme le printemps arabe le permit en Tunisie, selon ces comploteurs. Ils voulaient par tous les moyens faire de ce pays, un élément de leur patrimoine dont ils disposeraient à tout moment. In fine, ils l’offriraient en héritage à leurs descendants inscrits dans les grandes écoles et universités occidentales. Cette balle eut du mal à venir à bout de Laurent Gbagbo. Se sentant découverts et honnis, ils changèrent de stratégie et allèrent sur les bords de la Seine, concocter un autre plan. Ce plan leur permit de mettre sur place une alliance. Avec cette alliance ils tirèrent une troisième balle. Celle-ci parvint à plomber l’action gouvernementale, elle dépeça la refondation pour la corrompre en Rebfondation. Cette balle affecta beaucoup Laurent Gbagbo qui obtint son pouvoir dans la lutte, les pleurs, la fatigue, le sang…. Les complots des réactionnaires. Pour autant, cette balle ne tua pas l’homme. Mais les comploteurs ont la peau d’éléphant. Non contents, ils continuèrent à charger, charger toujours leurs armes. Oh! Dieu seul sait combien ces comploteurs maitrisent plus l’art des kalachnikovs que celui des débats. Jamais ils n’ont osé provoquer un débat civilisé en dehors des armes, jamais ils n’ont refusé de céder aux appels à la violence que leurs instincts leur adressaient. Ils ont un grand handicap et au lieu de faire comme Démosthène qui réussit, par un effort personnel, à vaincre son handicap, ils préfèrent s’abandonner aux désidératas de leurs instincts grégaires. Et ils nous content qu’ils sont démocrates, qu’ils sont Républicains. Eux aussi ! Seigneur prend pitié.
A la veille des élections, ne trouvant plus d’issue, ils pensèrent à la liste électorale. Ils tirèrent sur elle une quatrième balle. Dans leur plan en tuant la liste électorale ils tueraient Laurent Gbagbo. Et la balle fila tout droit vers cette liste, l’atteignit. C’est donc avec satisfaction que cette liste devint la liste de la Cedeao. Nous avons été écœuré de voir des burkinabés, maliens et guinéens participer au vote. Disons le sans crainte car la vérité est belle lorsqu’elle est dite toute nue. Elle fait certes mal mais elle n’assassine pas. Pour salir la liste électorale, ces comploteurs pouvaient compter sur leur pion aux doigtés frauduleux. Et ce qui devait arriver arriva, fraude à gogo dans le septentrion, mêmes des morts ont voté. Alors il fallait donc que Gbagbo parte et ils actualisèrent avec leurs soutiens, la guerre qu’ils portèrent dans le sein de la mère patrie le 19 Septembre 2002. Ils ont tué, assassiné en quantité industrielle, ils l’ont tellement bien fait que leur mercenaire argentin, ayant du mal à compter les morts, s’engouffra dans la trajectoire tracée par cette quatrième balle : accuser Gbagbo, le neutraliser et le conduire à la Haye. Ils avaient tous parié, depuis leur poste de commandement, que le transfèrement de Laurent Gbagbo, ainsi que l’emprisonnement et la persécution de ses proches tueraient à jamais tous ceux qui partagent l’esprit Gbagbo. Ils avaient déjà préparé une épitaphe libellée comme suit : ici repose Laurent Gbagbo et son parti.

Tout a été fait, toutes les danses ont été exécutées, tous les traitres se sont dévoilés, tous les affamés aux regards vils n’épousant que l’odeur des plats du pouvoir comploteur, ont été mis au grand jour. Toutes les humiliations, les punitions, les exactions ont été infligées aux fidèles de Gbagbo. Mais ils sont encore là, constants. Seules quelques feuilles mortes ont été émondées. A juste titre.
La déprime des comploteurs ayant atteint son point culminant, il fallait trouver rapidement une autre balle, l’ultime balle, la balle fatale. Et vint la fameuse balle du prétendu coup d’Etat du FPI. La cinquième balle, la dernière. Avec cette balle, les comploteurs devaient déposer à la lisière d’une voix publique, la dépouille du Fpi, donc celle de Laurent Gbagbo. Et là, les passants viendraient cracher sur elle. Tous les rejetés du haut lieu du savoir, ce temple qui vomi violemment ceux qui peinent à s’offrir un petit Deug, saisirent l’arme et firent partir la balle. Elle alla, chaude, pressée de porter le coup fatal. Et le coup atteignit sa cible. Des ricanements fusèrent de partout, le champagne coula, le thé coula, le Djimbé tonna, le Goumbé souleva la poussière, le Goli gronda. Oui nous l’avons eu s’écrièrent-ils. Enfin ! Il est mort. Repose en paix. Rest in peace.

Toutes leurs plumes se sont plongées dans leurs encres, tous leurs affidés oublièrent leur faim pour s’enrober dans une sorte d’extase Baudelairien. Ils ont crié, péroré, mis leurs nerfs en érection, montré des vidéos aussi ridicules que leurs méthodes. La cible est donc atteinte, il faut rapidement liquider les maigres biens qui lui restent, et qu’on n’entende plus jamais, alors là, plus jamais parler d’elle. On n’entendra donc plus jamais parler de coup d’Etat. C’est fini, le FPI est mort, vive Laurent Gbagbo.
Il fallait aussi tuer le malade imaginaire tourné à Grand Bassam, le dialogue républicain. Il fallait surtout tuer dans l’œuf le rendez-vous du 13 Juillet. Ces putschistes ne méritent pas qu’on discute avec eux, la potence, la balle rien que ça et c’est tout.
Mais après cette balle, que reste t-il à ces comploteurs ? Rien, absolument rien. Ils n’ont plus de balle alors que les supporters de Gbagbo viennent de connaitre la résurrection. Alors que Gbagbo est désormais plus qu’une icône. Oui, ils viennent de renaitre à la vie parce que le mensonge n’a jamais tué la vérité. Ils sont toujours vivants, aguerris, ils ont tout vu, tout connu et plus rien ne les effraie. Ils ont connu les enlèvements, les assassinats, l’exil, les prisons, la torture, la haine, la faim… Plus rien ne les effraie. Ce qui les effraie peut être c’est la frilosité du pouvoir. Oui, les comploteurs tremblent, grelottent parce qu’ils ont un pouvoir en porcelaine, un pouvoir poreux. Ils sont rattrapés par le mal qu’ils ont fait à ce pays. Plus de 20 ans à comploter, pour nous produire en définitive une comédie qui ne fait même pas sourire le plus sot des téléspectateurs. Pitoyable !
Voici que vous n‘avez plus de balle, même si par extraordinaire vous en disposez quelques unes, elles deviendront sur le corps de Laurent Gbagbo et ses partisans, un baume. Ils ont déjà tout vu et plus rien ne peut les tuer. Qu’avez-vous d’autre à inventer ?
Nous y reviendrons.

Alain Bouikalo
 bouikhalaud10@gmail.com
 
 





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