Régime Ouattara: La mission confiée à Tia Koné

Préparer les esprits à une révision imminente de la constitution. De source bien informée, c'est la mission que les tenants du régime Ouattara ont assignée à Tia Koné.

Mercredi 13 Février 2013 - 07:20


Régime Ouattara: La mission confiée à Tia Koné
Qui mieux que l'ancien président de la Cour suprême pouvait faire la promotion d'un tel projet, lui dont le nom évoque la cabale politico-judiciaire qui a été menée des années durant contre Alassane Ouattara ? Ces tracasseries, c'est connu, se sont intensifiées après le fameux arrêt rendu par Tia Koné le 6 octobre 2000 à la faveur de l'élection présidentielle, arrêt fondé essentiellement sur la constitution votée au sortir de la transition militaire, dirigée alors par le général Robert Guéi.
C'est donc tout naturellement qu'une certaine opinion le tient pour responsable de la longue tragédie identitaire qu'a connue le pays depuis le rejet de la candidature d'Alassane Ouattara à la présidentielle de 2000. Qui mieux donc que Tia Koné peut aujourd'hui préparer les esprits à un toilettage de cette loi fondamentale jugée confligène ?
Aussi, selon nos sources, l'ex-président de la Cour suprême a-t-il été approché à l'effet de défricher le terrain. Sa mission consiste à faire admettre, avec force arguments, l'idée d'une nécessaire révision de la constitution et cela conformément au vœu émis par le candidat Alassane Ouattara pendant la campagne électorale.
A l'occasion de cette campagne, Ouattara avait en effet pris l'engagement d'expurger la loi fondamentale des passages perçus comme confligènes. Le projet pourrait être mis à exécution très bientôt. Et c'est pour sonder l'opinion que Tia Koné a lancé ce ballon d'essai, histoire de donner le signal devant alerter sur une imminente révision de la constitution. Il s'agissait donc moins pour l'éminent homme de loi de faire amende honorable, encore de faire un appel du pied au régime Ouattara en vue d'en tirer des dividendes politiques, que faire passer ce message caché.
L'ancien président de la Cour suprême, avance-t-on, trouve anachroniques et non conformes aux aspirations profondes des Ivoiriens, bien des dispositions de cette constitution. « Si on veut sauver ce pays et rentrer dans la vision d'Houphouët Boigny, il faut modifier cette loi », confiait-il en privé, avant sa sortie publique. Lors de sa récente sortie publique à Gbangbegouiné dans le département de Biankouma, il s'est appesanti sur le caractère « absurde », « inique » et « perfide » (tous ces superlatifs sont de lui) de cette loi, en montrant toute l'aberration de l'article 35 notamment. Article qui, selon lui, « comporte en son sein les germes d'une pernicieuse opposition des populations susceptibles de ruiner l'équilibre et l'harmonie nationale... ». Et comme pour exorciser le mal, il préconise un toilettage de la constitution pour en expurger les sources d'une future déflagration contre laquelle il prévient. Mettant les pieds dans les plats, il annonce : « Un comité de réflexion et de réforme constitutionnelle doit donc pouvoir être mis en place pour l'entame de l'importante tâche de recherche d'entente globale entre tous les citoyens (…) Dans cette perspective, la loi à intervenir devra éviter de maintenir la confusion malheureuse faite par l'ancienne entre la qualité pour agir, qui est par essence innée, de la capacité pour agir qui, elle est acquise... ». Comité de réflexion et de réforme constitutionnelle, le mot est lâché ! A la vérité, tout ce discours amphigourique sur l'arrêt du 6 octobre 2000 n'avait pour finalité que de jeter ce pavé dans la marre. Et l'homme commis à cette tâche délicate devait être Tia Koné, magistrat chevronné dont la voix fait encore autorité dans le monde judiciaire en Côte d'Ivoire. Il est vrai, avant lui, un autre juriste, non moins illustre, le Pr. Francis Wodié, actuel président du Conseil constitutionnel, avait déjà tâté le terrain en préconisant une révision constitutionnelle. En recourant à Tia Koné pour enfoncer le clou, le régime Ouattara croit certainement avoir trouvé l'homme qu'il faut pour faire tomber la résistance d'une frange de la population à ce projet pour le moins salutaire.
 
Assane NIADA

Source: L'Inter

 




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