Reddition d’Amadé Ouérémi: La vérité sur un deal grotesque

Lundi 27 Mai 2013 - 17:57


Amadé Ouérémi, à l'extrême gauche, devant
Amadé Ouérémi, à l'extrême gauche, devant
L’information tombée ce week- end de Pentecôte, au moment où les chrétiens célébraient l’anniversaire de la venue du Saint-Esprit, est la reddition du «boucher» de Duékoué, celui qui a massacré en une seule journée, en fin mars 2011 plus de 300 Wè considérés comme des pro- Gbagbo. Celui qui, depuis 2002, s’est installé dans la forêt classée du Mont Péko, y exploite le bois, le cacao, les ressources minières, sans doute, avec la bénédiction de Compaoré, de Soro, de Ouattara ainsi que des ex- Présidents français, Chirac et Sarkozy. C’est indéniablement avec ces 5 mandants que le  bourreau Ouérémi partageait les retombées économiques et financières de ces crimes économiques. C’est pourquoi, les efforts déployés par le Président Gbagbo, pour le déloger de cette forêt classée, ont tou - jours été empêchés par la Li corne. Le film de la «capturation» (comme le dirait un des ministres de Ouattara) de ce criminel rebelle est, on ne peut plus, mal - adroitement montée, car grotesque est le scénario servi à certains naïfs. En effet, avant cette insipide mise en scène, les observateurs de la vie politique ont suivi la visite éclaire effectuée de Blaise Compaoré, le Président  Burkinabé qui depuis 10 ans, a fait de Duékoué, son royaume. Pourquoi est-ce seulement maintenant que la France et le régime ivoirien  décident de mettre fin à leur deal avec ce tristement célèbre criminel ? Est-ce seulement aujourd’hui que ce groupe  prend suffisamment conscience des actions néfastes de cet individu sur l’économie ivoirienne ? A la vérité, la mission de Ouérémi a été pleinement remplie et est arrivée à son terme. D’où vient que, quelques jours après cette visite qui fut un fiasco au niveau de la mobilisation des populations ne se reconnaissant pas en celui qui a toujours gardé le silence devant le massacre et les expropriation subis par les Wè, on rebat les oreilles des ivoiriens par cette information qui n’est ni plus ni moins, qu’un arrangement ? L’objectif principal de cette mise en scène est le maintien de Gbagbo à la prison de La Haye. En effet, il s’agit pour les parrains du régime ivoirien, de transférer Ouérémi à La Haye. Une manière maladroite de faire   remarquer qu’à la Cpi, il y a la pratique de la justice, en arguant que les deux camps, accusés de violences postélectorales, ont chacun, un élément transféré à La Haye. Une véritable au peuple ivoirien. Ce criminel ne peut, en aucun cas, être comparable au Président Gbagbo. S’il est transféré à La Haye, ce sera là encore, une occasion pour ne plus faire juger par la Cpi, les ex-chefs de guerre promus par Ouattara aux hautes fonctions de l’administration de ce pays. Quel sacrilège ! Il est utile de rappeler que Ouattara, dans le cas de Simone Gbagbo, refuse le transfèrement, sans aucun doute, pour ne pas envoyer ses hommes, lui- même se sentant en danger, car persuadé qu’il terminera ses vieux jours dans la cellule de Gbagbo à La Haye. L’autre raison de la reddition du «boucher» de Duékoué réside dans le fait que dans le Mont Péko, le burkinabè Ourémi a menacé des intérêts français en freinant un tant soit peu, le pillage des richesses de la région par les seuls français. Ceux-ci ne bénéficiaient peut-être que de quelques miettes du gâteau. Il est vrai que la destination des richesses demeure la France via le Burkina Faso qui s’est toujours servi royalement. Les français ne pouvaient qu’intimer au pouvoir, l’ordre de convaincre Ourémi pour qu’il se rende; faute de quoi, le régime serait menacé, si l’exportation des riches, ressources de l’Ouest demeurait du ressort exclusif du criminel de Duékoué. Comme on l’aperçoit, la principale raison de ce scénario est le maintien en prison de Gbagbo dont le verdict de l’audience du mois de Février dernier, initialement prévu à fin avril, a été une fois, repoussée au 10 mai et maintenant probablement au 28 de ce mois. Toute cette gymnastique prouve suffisamment que ce procès injuste fait à Gbagbo n’est que politique. Voilà qu’avec cette mise en scène grotesque de reddition de Ouérémi et fort probablement son transfèrement prochain à La Haye, un autre maillon du vaste complot de l’emprisonnement de Gbagbo se met en place. Il peut s’agir aussi, au plan local, de montrer que cette justice (??) de Ouattara n’est pas celle du rattrapage. Il est en plus question de donner l’illusion au monde qu’elle s’applique équitablement aux deux camps. Car la pression est de plus en plus, forte pour la libération des pro-Gbagbo injustement incarcérés. Au cas où ce criminel ne sera pas transféré à la Cpi, la libération de certains cadres pro-Gbagbo pourrait se faire avec celle d’Ouérémi qui retournera alors dans son fief de Duékoué, pour continuer de terroriser les populations et permettre ainsi à Ouattara de s’imposer, une fois de plus, par la force des armes aux élections de 2015. Le jugement de Gbagbo est bel et bien politique. La France et ses amis ont décidé d’en découdre avec le Président patriote Gbagbo, pour décourager toute initiative de faire valoir dans les pays africains, les idées souverainistes. Mais que les membres du Club des impérialistes sachent qu’un jour, viendra où les africains se déferont de leurs chaînes d’embrigadement, d’exploitation et de leur joug trop pesant.

Nanwoulet G. Simone

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