Reconquête du pouvoir d’Etat: La stratégie du FPI pour faire tomber Ouattara

Malgré l’environnement de terreur qui est toujours en vigueur en Côte d’Ivoire et les calculs des hommes forts d’Abidjan pour se maintenir à la tête de l’Etat par tous les moyens, le Front populaire ivoirien a sa petite

Samedi 11 Janvier 2014 - 06:49


«A Bouna, j’ai vu la victoire du FPI. Et ce rêve nous ne l’avons pas tout seul. Donc cette année doit être pour nous et pour nos compatriotes, l’année des actions concrètes, l’année décisive qui doit annoncer notre victoire prochaine», avait déclaré Affi N’Guessan mardi dernier. Pour le président du Front populaire ivoirien, ses tournées et visites à l’intérieur du pays depuis sa sortie de prison le 6 août dernier lui ont permis de faire un constat implacable : le parti du président Laurent Gbagbo représente une bonne majorité des ivoiriens. Ces derniers s’étaient mobilisés à chaque étape pour démontrer leur attachement au président Gbagbo et au FPI à cet effet. Le FPI est donc confiant de faire tomber Ouattara – qui peine à gérer le pays aux  élections présidentielles de 2015. Mais comment y parvenir dans un contexte où le régime d’Abidjan tente de tout ver- rouiller ? Le parti de Gbagbo a sa straté- gie pour faire tomber Ouattara.


Le dialogue politique et les états généraux


Lors de la cérémonie de présentation de vœux mardi dernier, Pascal Affi N’Guessan a insisté sur les négociations avec le pouvoir. Son objectif est donc de contraindre le régime Ouattara à accep- ter de mener le dialogue politique (dialogue direct entre le FPI et le gouvernement) à terme. Cela sous-entend bien évidement des réponses concrètes apportées aux préoccupations soulevées au lieu de s’éterniser dans les discussions insidieusement entretenues par le pouvoir pour gagner du temps. Puisque, a-t-il déclaré,  «le gouvernement sait, le chef de l’Etat sait dans les moindres détails quelles sont nos attentes, quelles sont nos préoccupations, quelles sont les revendications consignées par écrit dans différents documents que nous avons déjà transmis. Et les termes de références des états généraux ont repris ces propositions, ces revendications, ont justifié ces revendications. Donc aujourd’hui, ce que nous attendons, ce sont des réponses». Ce dialogue direct permettra de «prépa- rer» les états généraux de la république, cadre plus large incluant les populations de toutes les régions du pays. «Il faut donc qu’après avoir soldé le contentieux politique qui existe entre nous et le gouvernement, qu’ensemble nous préparions le deuxième pas, c’est-à-dire comment organiser les états généraux de la république. Pour cela nous devons adopter ensemble les termes de référence des états généraux de la république. Nous devons adopter ensemble les textes por- tant mission, composition et organisa- tion du directoire des états généraux de la république», avait fait remarquer Affi N’Guessan. L’ancien Premier ministre de Gbagbo estime que les états généraux sont indispensables puisqu’ils permettront de régler les causes profondes des crises qui ont plombé le pays depuis une vingtaine d’années. L’objectif est noble. Ce cadre de concertation permettra d’ailleurs de régler les questions d’éligibilité
qui ont toujours cristallisé les tensions. Raison de plus normal d’être ravi au Rdr et de l’avaliser. Mais la proposition venant du Fpi, on fait du négationnisme zélé et inutile. En tout cas, au Front populaire ivoirien, on entend batailler pour faire accepter les états généraux - l’avenir de la nation en dépend – au point de le signifier bruyamment à François Hollande à son arrivée annoncée à Abidjan en février.  L’ex-parti au pouvoir espère emmener le chef de l’Etat français à mettre la pression sur Ouattara (le chef de l’Etat n’accordant qu’une oreille attentive à ses parrains de la communauté internationale) afin qu’il accepte la tenue des EGR, qu’il considère d’ores et déjà comme du « bavardage » inutile. « Nous allons travailler à faire en sorte que ces états généraux s’imposent. Il faut qu’il l’accepte », souligne le président du FPI avant d’ajouter : «la réconciliation ce n’est pas facultatif ; ou on décide de faire ou de ne pas faire. C’est obligatoire. Et celui qui ne peut pas faire qu’il ramasse ses bagages pour partir. On n’est pas obligé d’être là. Quand on est là où se trouve l’Etat, on est là pour servir le peuple ».
Boulevard pour le Fpi Une fois la sécurité aura été rétablie avec le désarmement des ex-combattants et des milices du pouvoir (supplétifs Frci et dozos), l’état de droit en marche avec la libération de tous prisonniers politiques, le retour de tous les exilés, le dégel des avoirs, le financement des partis politiques et la possibilité pour l’opposition de mener ses activités (tournées et meetings) sans être attaquée dans la violence par les partisans du régime, les réformes électorales achevées (recomposition de la CEI, inscription sur les listes électorales, etc.), etc., le boulevard sera donc ouvert pour le parti de Gbagbo. Le Fpi va faire la démonstration de sa majorité sur le ter- rain pour arracher le pouvoir en 2015 à «des dirigeants incompétents qui sont incapables de mettre fin à une crise, qui maintiennent la population dans la souffrance» et la pauvreté et qui ont fait du rattrapage ethnique leur axe de gouvernance. «Il faut composer avec eux. Et on va composer avec eux jusqu’à les chasser du pouvoir. On va les chasser démo- cratiquement», révèle Affi N’Guessa. Le compte à rebours a donc commencé…

Par Anderson Diédri

Source: Le Nouveau Courrier  N° 971 Du Vendredi 10 Janvier 2014




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !