Réconciliation nationale sous Ouattara: Un processus voué à l’échec

Charles Konan Banny a remis, début octobre, son rapport de fin d’activités à Alassane Dramane Ouattara qui tarde à le recevoir pour reconduire ou non son mandat. En attendant, l’opinion est persuadée que le processus de réconciliation nationale tel que rêvé n’a jamais démarré.

Vendredi 15 Novembre 2013 - 17:38


La Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr) avait, entre autres missions, l’élaboration d’une typologie appropriée des violations des droits de l’homme susceptibles d’être l’objet de ses délibérations. Elle était aussi chargée de rechercher la vérité et situer les responsabilités sur les évènements sociopolitiques nationaux passés et récents. Dans cette veine, elle devait également entendre les victimes et obtenir la reconnaissance des faits par les auteurs des violations incriminées et le pardon consécutif. Au terme de ces tâches, Charles Konan Banny devrait être parvenu à réconcilier les Ivoiriens.
Selon nos sources,  Charles Konana Banny a transmis, début octobre, son rapport de fin de mandat.  Mais son mandataire, Alassane Dramane Ouattara, n’est pas pressé de le recevoir. Soit pour le reconduire soit pour le libérer. En attendant, l’opinion nationale et internationale est unanime pour faire le constat de l’échec de l’ancien gouverneur de la Bceao car le processus de réconciliation nationale a avorté dans l’œuf. Le processus de réconcilation nationale a péché à trois niveaux. D’abord par son initiateur. Ensuite par celui qui était chargé de le mettre en œuvre. Et enfin par le manque de principes fondamentaux. Celui qui a initié le processus de réconciliation nationale s’appelle Alassane Dramane Ouattara. Il venait de participer à la présidentielle de 2010. Mais suite à un contentieux électoral entre son adversaire et lui, il a pris les armes. Ayant gagné la guerre, il s’est adjugé le gain de la présidentielle aussi.
Cette façon de faire, d’accéder au pouvoir par la force et demander tout de suite aux populations de se réconcilier a pésé, de toute évidence, dans la balance. Cela pose un problème de confiance, de sincérité.  C’est comme si les Ivoiriens n’avaient pas cru ni adhéré aux discours de réconciliation d’Alassane Dramane Ouattara. La personnalité commise pour conduire le processus n’est pas non plus exempte de reproches. Charles Konan Banny, ancien Premier ministre du président Laurent Gbagbo, n’est pas une personnalité très consensuelle. Ses prises de position connues montrent qu’il n’est pas neutre. A cause de ce défaut, il n’a pu écouter  tous les Ivoiriens, regarder et considérer leurs attentes. Donc, il n’a pas travaillé en tenant compte de leurs problèmes. Il s’est muré dans l’orgueil de quelqu’un qui n’avait pas besoin des autres pour agir. Il était dans la logique des vainqueurs. Mais le n°1 de la Cdvr a surtout échoué par la faute de son propre camp, le Rhdp. Il se racontait que Banny était soupçonné par son propre camp d’être candidat contre le gré de Bédié contre Ouattara. Et une large opinion en Côte d’Ivoire soutenait que Banny avait été envoyé en mission pour ne pas empêcher Alassane Dramane Ouattara de tourner en rond.

Ouattara ne veut pas recevoir Banny

 Le 28 septembre dernier, le mandat de Charles Konan Banny, président de la Cdvr, est arrivé à terme. Comme le prévoit la procédure de travail, le n°1 du processus de réconciliation nationale a déposé son rapport à son mandant.  « Le président a transmis son rapport de fin d’activités au début du mois d’octobre » , indique une source bien introduite. Et toujours selon ce qui est prévu, le chef d’Etat, Alassane Ouattara devrait recevoir le président de la Cdvr pour une transmission officielle.  « Depuis, le président de la Cdvr devrait être reçu par le chef de l’Etat.  Mais jusqu’ici, il n’a pas de retour » , déplore un membre de la Cdvr. A la Cdvr, on se demande pourquoi la présidence met autant de temps à recevoir officiellement le rapport  d’une personnalité qu’il a mise en mission. Car pour certains, recevoir le patron de la réconciliation est d’autant important qu’il doit continuer la mission. Pour d’autres, si le président du Rdr ne veut pas reconduire Banny, ni le recevoir, c’est parce que la mission s’est soldée par un échec cuisant. En tout état de cause, Alassane Dramane Ouattara qui voit en Banny son potentiel adversaire en 2015 n’est plus prêt de lui faire confiance.

A.B.

La paix, otage de Ouattara et ses miliciens

Quel sens revêt la célébration en Côte d’Ivoire d’une journée consacrée à la paix,  alors même que le pays est pris en otage par un régime sanguinaire dont les bandes armées tuent les pauvres citoyens à longueur de journée ? La question préoccupe sans nul doute les Ivoiriens engluées dans l’insécurité et la terreur depuis la prise du pouvoir d’Alassane Ouattara dans les con - ditions que le monde entier sait.  A la vérité, la Côte d’Ivoire, sous le régime Ouattara, a perdu la paix présentée jadis comme sa religion. L’Ivoirien vit quotidiennement la peur au ventre. Peur de se voir loger une balle dans la tête par les miliciens du régime disséminés à travers le pays, et qui semblent avoir un permis de tuer en toute impunité. Peur de prendre une balle perdue en pleine rue dans un contexte d’insécurité ambiante fait d’échanges de tirs nourris entre factions Frci. Peur d’être braqué en plein jour par des ex- combattants affamés du régime dont le principal moyen de subsistance reste les braquages et les vols. Peur d’être pris à partie par des dozos mués en force de l’ordre et dotés d’armes de guerre. Peur d’être violeé par de sales crapules aux senteurs nauséabondes. Peur de perdre son emploi au nom de la politique de rattrapage instaurée par le nouveau pouvoir qui a érigé le tribalisme et l’ethnocentrisme en règle de gouvernance. Peur  d’être arrêté et exécuté sans jugement pour ses opinions ou sa collaboration politique. Bref, la paix est devenue sous Ouattara une denrée rare. La célébration de la journée de la paix constitue pour le pouvoir d’Abidjan un bon prétexte pour chanter la paix qui constitue pour lui un simple mot avec lequel il embobine la communauté internationale. Mais, la réalité, c’est que les Ivoiriens ne connaissent plus la paix depuis le tristement 11 avril 2011 qui a vu le renversement du président Gbagbo.

Jean Khalil Sella  

Source: Notre Voie N°4568 des jeudi 14, vendredi 15, samedi 16 & dimanche 17 novembre 2013




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