Réconciliation nationale : Ado peut-il libérer Gbagbo ?

Jeudi 10 Janvier 2013 - 07:21


Réconciliation nationale : Ado peut-il libérer Gbagbo ?
Les militants Lmp (l’ex-majorité présidentielle au pouvoir) ont de bonnes raisons de croire que leur champion, Laurent Gbagbo, pourra, retrouver, un jour, la liberté provisoire. Dans les coulisses, le président ivoirien, Alassane Ouattara et des lobbyistes, manœuvreraient pour que la Cpi accepte la requête de ses avocats.
Selon des sources bien introduites, après l’arrestation de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2010, le nouvel homme fort de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, n’aurait pas souhaité que l’ancien chef de l’État soit transféré à la prison de la Cour pénale internationale (Cpi), à La Haye. Le président élu était conscient qu’après le dénouement de la crise postélectorale, la tâche la plus difficile de son quinquennat serait de réussir à réconcilier les Ivoiriens.
Comment se réconcilier avec les 2,1 millions d’Ivoiriens pro-Gbagbo, soit 45,90 % de l’électorat de 2011 ?
Comment se réconcilier avec les 2,1 millions d’Ivoiriens pro-Gbagbo
D’autant plus que l’équation qui s’impose à lui est de se faire accepter par les 2,1 millions d’Ivoiriens (45,90 % de l’électorat contre 54,10 %) qui ont voté pour son adversaire et qui ne jurent que par son nom.Le dilemme du choix entre livrer son adversaire à la justice internationale au péril de la réconciliation ou le mettre à la disposition de la justice ivoirienne a été le tournant de la crise postélectorale.
Sous la pression de ceux qui l’ont aidé à gagner la guerre et à chasser Laurent Gbagbo du pouvoir, au final, c’est l’option de la Cpi qui a été privilégiée. L’ancien président français, Nicolas Sarkozy, qui avait de bonnes raisons de profiter de la situation pour régler ses comptes avec le camp de l’ancien régime ivoirien, aurait pesé de tout son poids pour qu’il en soit ainsi.
Processus de réconciliation en panne.
Aujourd’hui, l’on se résout à reconnaître que le processus de réconciliation est viscéralement en panne. La Commission dialogue vérité et réconciliation (Cdvr), présidée par l’ancien Premier ministre, Charles Konan Banny, n’a pas pu, à ce jour, réussir à prendre véritablement langue avec le Front populaire ivoirien (Fpi), le parti de Laurent Gbagbo, qui d’ailleurs, rappelons-le, avait boycotté les élections législatives du 11 décembre 2011.
Certaines Ong comme le Centre Carter présent sur le terrain en Côte d’Ivoire depuis des années, avaient regretté le faible taux de participation (36 %) et l’absence de l’opposition significative à ce scrutin. « Des raisons imputables au boycott de plusieurs partis politiques, particulièrement du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo), au désintérêt des électeurs pour ce scrutin, à la crise postélectorale, et qu’au manque de sensibilisation des médias », avaient relevé dans son rapport l’Ong américaine fondée par l’ancien président Jimmy Carter.
Cela fait 21 mois que Laurent Gbagbo est détenu par la Cpi, et au regard des nombreux blocages dans le processus de réconciliation, la situation donne raison à ceux qui avaient déconseillé à Ouattara de signer son transfèrement à La Haye.
Grandes manœuvres pour sortir Gbagbo de la Cpi.
Le président Ouattara peut-il encore faire marche arrière pendant que l’affaire suit son cours judiciaire ? Quelles sont les marges de manœuvre du président ivoirien ?
La Cpi va-t-elle suivre les politiques pour sauver la réconciliation en Côte d’Ivoire ?
La Cpi, dont l’indépendance n’a jamais été remise en cause, va-t-elle suivre l’injonction des politiques pour sauver la réconciliation en Côte d’Ivoire?
Selon des sources concordantes, le président Ouattara ne cacherait pas, en privé qu’il est encore possible de rattraper les choses pour changer la donne. Il travaillerait avec l’aide de certains lobbyistes connus, à l’instar de l’ancien ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Jean-Marc Simon aujourd’hui à la retraite, pour obtenir gain de cause. Le cabinet de ce dernier, Eurafrique Stratégie, aurait été, mis à contribution.
Mais force est de constater que l’action des lobbys ne suffira pas à déminer le terrain. D’où la sollicitation de son homologue français pour amener la Cpi à fléchir sous la demande de mise en liberté provisoire des avocats de la défense. De toutes les façons, la détention de Gbagbo à La Haye n’avait jamais été du goût des Socialistes français. Au 10, rue Solférino à Paris (siège du PS), certains, n’avaient pas manqué de dénoncer une justice des vainqueurs en Côte d’Ivoire.
Les dessous du refus de Ouattara de livrer Simone Gbagbo à la Cpi
Autre acte important à souligner, c’est le refus de Alassane Ouattara de livrer Simone Gbagbo à la Cpi en dépit d’une demande expresse de la Cour, au grand dam des pro-Gbagbo. Prétextant que la justice ivoirienne est compétente pour la juger sur place. Le numéro un Ivoirien a, une fois de plus, démontré sa bonne foi à Paris de jouer pleinement la carte de la réconciliation.
Cependant, il y a un os dans la chaîne de la médiation. L’on reproche à Abidjan un manque de réalisme et des maladresses dans la conduite du dossier. Selon encore des sources concordantes, lors de l’audience accordée par Hollande à Ouattara le mardi 4 décembre dernier à l’Élysée, les deux chefs d’État auraient discuté amplement de la question.

T. Guy
(Source N. Jésus)
Publié le jeudi 10 janvier 2013  |  Le Democrate




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