Réconciliation, dialogue républicain: La grande hypocrisie ivoirienne en marche!

Lundi 30 Avril 2012 - 07:15


Réconciliation, dialogue républicain: La grande hypocrisie ivoirienne en marche!
L’hypocrisie est de plus en plus la chose la mieux partagée par certains politiques ivoiriens. C’est le constat qui se dégage quand on se réfère aux agissements des uns et des autres, en matière de réconciliation et de dialogue dit républicain. Avant de questionner le présent, remontons à 1995 pour comprendre ce dont il s’agit. Le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) a été contraint en 1990 par la détermination de l’opposition ivoirienne de mettre fin au parti unique dont il jouissaient depuis des décennies. Le vieux parti finalement autorisé le multipartisme sans pour autant dire oui à la démocratie et à ses règles justes pour la conquête du pouvoir. Le FPI, parti essentiel de l’opposition, exigeait, avant la présidentielle de 1995, la mise en place des conditions d’une élection démocratique, libre et transparente. A ce sujet, le parti de Laurent Gbagbo (FPI), marqué par la leçon de la présidentielle et des législatives de 1990, exigeait du PDCI, parti au pouvoir, l’instauration de règles justes pour la conquête du pouvoir. Il s’agissait notamment l’instauration d’une Commission électorale indépendante, des urnes transparentes, du bulletin unique de vote, des procès-verbaux multiples, et du vote à 18 ans. Ces différentes exigences étaient évidemment de nature à déstabiliser et réduire, à défaut d’éradiquer, tout le système de fraudes mis en place par le vieux parti, qui tenait à se maintenir au pouvoir par tous les moyens. Dans le secret, le PDCI ne voulait pas de l’instauration de toutes ces conditions. Cependant le vieux parti a donné l’impression de vouloir céder à quelques unes de ces revendications de l’opposition. Il a donc organisé un dialogue avec le FPI dans le but de trouver un « consensus » sur les règles du jeu électoral. Dans le fond, ce dialogue initié, et qui a duré sur plusieurs mois, n’était qu’une stratégie pour gagner du temps, une ruse bien politique pour empêcher que le FPI n’embrase le front sociopolitique. L’on lui reconnaissait cet art en la matière. Pour ne pas perturber les activités économiques, l’ancien régime devait maintenir l’accalmie du front social jusqu’à la présidentielle. Durant ces mois de dialogue, le PDCI, parti au pouvoir, et l’Opposition (FPI) ont pu trouvé ont pu conclure certains accords pour une transparence du jeu électoral. Cependant, le PDCI n’a pu s’empêcher de sortir le grand jeu à quelques jours du scrutin présidentiel. Le parti d’Henri Konan Bédié, a rejeté en bloc tous les accords conclus avec l’opposition. Face à cette ruse, caractéristique de la trahison, de l’hypocrisie, le FPI, soutenu par le RDR (Rassemblement des Républicain), a appelé au boycott actif de la présidentielle. En 1999 le PDCI espérait encore réaliser le même exploit, celui de la ruse et de l’hypocrisie. Le vieux parti prévoyait encore se retrouver avec l’opposition autour d’une table pour négocier des conditions d’élections démocratiques, libres et transparentes en 2000. Cette fois-là, le vieux parti n’eut pas le temps de réaliser son exploit, quand il fut balayé pour les militaires le 24 décembre 1999.
Dans le troisième trimestre 2001, Laurent Gbagbo, suite à son élection à la présidentielle d’octobre 2000, a voulu créer un climat politique et social apaisé. Il initia à cette fin le Forum pour la Réconciliation nationale, présidé par Seydou Diarra. Tous (politique, responsables de la société civile, notables du monde rural, etc..) ont défilé à la tribune pour dire leur part de vérité et prôner la réconciliation de tous les fils et filles de la Côte d’Ivoire. Pendant qu’ils étaient au forum, des politiciens, membres du RHDP, préparaient dans le secret la rébellion du 19 septembre 2002. Ils ne voulaient pas de la réconciliation. Ils ont pourtant participé au Forum, en y ont prônant la paix et la réconciliation du bout des lèvres.
Encore une fois, en 2012, les ivoiriens font face au même schéma d’hypocrisie qui caractérise depuis des décennies les hommes politiques. Quelle réconciliation et quel dialogue le RHDP veut-il, quand des membres de l’opposition, des partisans de Laurent Gbagbo, des ivoiriens dans leur grande majorité sont encore victimes de graves violations des droits de l’homme? Quelle réconciliation le RDHP veut-il quand il continue de maintenir illégalement, arbitrairement en prison des responsables politiques membres du FPI? Le FPI et les victimes du régime d’Alassane Ouattara pourront-ils dire oui à la réconciliation sans faire preuve d’hypocrisie, si rien n’est fait pour leur rendre justice, pour que leurs droits essentiels soit respectés? Ouattara ruse avec les mots «réconciliation, dialogue républicain». Pendant qu’il est de plus en plus question d’une possible déstabilisation de son régime, selon les propos de son propre camp, il tente de calmer le jeu, d’endormir les uns et les autres, sans toutefois donner les signes forts de sa sincérité à travailler efficacement pour la réconciliation, à créer un dialogue républicain efficace, productif et non stérile, dans l‘intérêt supérieur de la nation.
 
Christophe Nèguê.
 




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