Recevant les hommages de l'Ufcojep: Simone Gbagbo donne des consignes fermes depuis Odienné

Mardi 11 Mars 2014 - 09:25


Le Baron de Yopougon a été des plus animés le samedi 8 mars 2014, à l'occasion de la Journée internationale de la femme. Célébrée de la façon la plus festivalesque par l'Union des femmes du Cojep (Ufcojep), en partenariat avec le Collectif des femmes des détenus de la crise pos- télectorale (Cofed). Deux organisations qui ont communié et exulté dans une ambiance électrique,  avec de nombreuses militantes qui se sont distinguées par une mobilisation sans précédent. Le jeu en valait la chandelle pour ce grand rendez-vous qui a vu la participation de plusieurs mouvements et la présence effective d'illustres personnalités, telles que Michel Gbagbo, le fils du père, Tapé Kipré et Téïdé Jean- Gervais, de la direction du Fpi, Diabaté Bêh, président du mouvement la Voix du Nord, des représentants du Cnrd et bien d'autres. La singularité qui a frappé cette occasion est que cette journée a été spécialement dédiée à Simone Gbagbo, l'héroïne et l'intrépide femme combattante des libertés, arbitrairement détenue loin des siens dans les geôles du pouvoir.  À qui hommage et honneur ont été dûment rendus par tous ceux qui se sont alternés devant le pupitre. À commencer par Mme Beugré Honnorate, enseignante de son état,   qui a animé une conférence autour du thème «Une femme de valeur injustement détenue : Simone Ehivet Gbagbo».     Honneur à Simone gbagbo, femme de valeur Il est 11 heures 24 minutes, lorsqu'Antoinette Gbizié, présidente des amazones de l'Ufcojep en tête, Bly Roselin, président  du Cojep font leur entrée dans la salle sous une salve d'ovations, avec en leur compagnie, leurs illustres invités. L'hymne national et une prière signent  le départ d'une cérémonie  ponctuée d'entrée par l'intervention de la présidente de l'Ufcojep. «Nous avons choisi ce jour pour saluer toutes les femmes combattantes de Côte d'Ivoire à travers un hommage appuyé à Simone Ehivet Gbagbo, une femme injustement détenue. Camarade Simone, de là où tu es, saches que tous les Ivoiriens et toutes les Ivoiriennes ne t'abandonneront jamais»,a- t-elle marqué.  Quant à Bly Roselin, président du comité de crise du Cojep, il a salué cette initiative. «Oui, nous devons saluer cette femme de valeur, parce que Simone, c'est l'amour,  l'engagement, la paix. C'est pourquoi, de là où elle est aujourd'hui, nous considérons que c'est une parenthèse, nous ne sommes plus loin de la victoire», assure-t-il.   Même écho pour Seri Zamblé Nina Angeline, représentant la marraine de la cérémonie, Ago Marthe. Qui après avoir  prononcé des mots forts à son endroit, déclinera les raisons profondes d'un acharnement contre la combat- tante. «Simone Gbagbo, 40 ans durant mène,  inlassablement sans transiger aux côtés de son mari Laurent Gbagbo, la lutte pour la libération des Ivoiriens de la dictature du parti unique, du joug  colonial. C'est parce que son combat gêne la spoliation de nos richesses au profit de leurs intérêts que les impérialistes occidentaux l'ont emprisonnée injustement au Nord de la Côte d'Ivoire», a-t-elle dénoncé. Idem pour celui qui  a circons- crit un tableau qui reflète l'ex- Première dame qu'il ne croit pas si bien dépeindre, à savoir Michel Gbagbo, qui dit être là en tant que fils de la mère. Un digne fils qui,  à ce  titre,  va remercier les femmes pour leur solidarité agissante envers sa maman Simone Ehivet, avant de  vanter les mérites et les qualités de la prisonnière politique d'Odienné. Qui se résument, à l'en croire, en une femme de tous les horizons. Une femme d'honneur qui a même  vendu de l'attiéké pour résister à l'adversité, qui a soutenu son mari, qui a dirigé l'aile clandestine du Fpi dans les  années 80, qui travaillait en même qu'elle poursuivait ses études. Une femme qui a élevé seule mais vaillamment ses enfants pendant que son mari était  contraint à l'exil par le régime Houphouët. «C'est de cette femme vertueuse dont il s'agit et à qui nous devons rendre honneur»,traduit-il.   Une dépeinte au millimètre  près que ne fera que confirmer la conférencière du jour.  Qui va magistralement s'approprier et reprendre dans les moindres détails la  biographie de Simone, faire le portrait de cette femme, retracer son  riche cursus scolaire et universitaire (doctorat 3e cycle en littérature orale, chercheur en Linguistique appliquée), égrener les temps forts de son militantisme  syndical et son combat politique pour une Côte d'Ivoire libre et démocratique. Distinctions qu'elle a synthétisées  en des termes ne souffrant d'aucune contestation. «Simone Gbagbo est bel et bien une femme de valeur qui est injustement détenue. Elle présente toutes les qualités de la femme. C'est une femme battante, elle a du caractère, elle est imperturbable. C'est une militante convaincue, elle aime sa famille, les Ivoiriens ; elle s'est battue et continue de se battre pour tous. Elle  se dresse contre l'imposture, l'injustice et contre les  complots des forces coalisées qui ont déstabilisé la Côte d'Ivoire. En vraie résistante, elle est digne dans la souffrance exhortant chaque Ivoirien à rester debout et à continuer la lutte», a épilogué la conférencière. Non sans s’offusquer du choix de Grand-Bassam par le régime pour célébrer officiellement cette journée, arguant que cette ville est  le vestige témoin  de la lutte pour la libération des prisonniers politiques. Ce qui contraste, selon elle, de façon tranchée avec les réalités locales étant donné que plus 200 prisonniers politiques sont  encore détenus. «Grand-Bassam nous rappelle la marche héroïque des femmes pour la libération des détenus politiques du régime colonial en 1949. Une ville qui a refusé la détention politique ne peut  être  choi- sie par un pouvoir qui en fait un programme de gouvernement», a-t-elle martelé, avant d'inviter ceux qui sont encore timorés de se départir de la torpeur et engager le combat de la libération du pays. Ses  consignes aux Ivoiriens ... La cerise sur cette rencontre festive, ce sont les consignes que Simone Gbagbo a lancées par la voix de son représentant, Tapé Kipré. Qui a dit  aux militants avoir échangé avec elle, les minutes qui ont précédé son intervention. «Je  suis rentré en contact avec la Première dame. Elle me charge de vous laisser ces consignes et je la cite : Restez mobilisés. Tenez bon car je te tiens bon ici à Odienné. Je serai parmi vous bientôt. Je confie à ces vaillantes dames  la mission de  redorer notre image qui a été ternie par le régime et ses suppôts internationaux. Je les engage à faire triompher la vérité pour confondre les faiseurs et colporteurs de mensonges», a-t- elle sonné le combat de la résistance. Avec en apothéose, quelques dons de 10 sacs de riz et un complet de pagne pour Simone Gbagbo,  faits  par la marraine. Un geste pour lequel le porte-parole des bénéficiaires, Yavo Martial du Cojep et Mlle Douaty du Cofed vont traduire leur gratitude pour cet acte de solidarité. Des dons qui meublent ainsi la fin d'une cérémonie qui a décrété à l'unisson l'assaut final pour la libération de Laurent Gbagbo, Blé Goudé et de tous les autres prisonniers toujours arbitrairement en détention.

Marcel Dezogno

Source: LG infos  N°681 DU LUNDI 10 MARS 2014




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