Recensement général de la population et de l’habitat Hamed Bakayoko confirme les implications politiques de l’opération

Vendredi 21 Mars 2014 - 07:36


Le 4ème recensement général de la population et de l’habitat (Rgph) va-t-il  servir de prétexte au régime Ouattara pour prolonger sa politique de naturalisation en masse des étrangers vivant en Côte d’Ivoire ? On peut répondre par l’affirmative à la lumière des propos tenus, lundi dernier, par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité qui indique clairement que le Rgph permettra de savoir le nombre d’Ivoiriens et d’étrangers vivant sur le territoire ivoirien. «Ça fait longtemps que nous n’avons pas eu ce recensement. Depuis 1988. Ça veut dire qu’aujourd’hui, nous pourrons dire combien d’Ivoiriens nous sommes, combien de non-Ivoiriens. Nous pourrons avoir des sta- tistiques fiables», a confié Hamed Bakayoko à la presse après son enrôlement (voir Soir Info du 18 mars 2014). Cet autre objectif fixé au Rgph ressuscite automatiquement le très sensible débat sur la nationalité et ne manquera pas d’alimenter les réserves légitimes formulées par l’opposition autour de l’opération. En effet, s’il est indéniable que le Rgph permet de connaître le nombre d’habitants du pays, il est moins évident que l’opéra- tion donne des informations fiables sur la nationalité des personnes recensées. Dès lors que, selon le mode opératoire, l’agent recenseur se contente simplement de recueillir les informations fournies par la personne recensée. En clair, non ivoirien peut sans sourciller déclarer aux agents d’enrôlement qu’il est Ivoirien. Doit- on considérer comme Ivoiriens tous ceux qui se seront présentés comme tels au cours du recensement ? Sur quelle base le ministre de l’Intérieur estime que le Rgph donnera des informations fiables sur le nombre d’Ivoiriens ou d’étrangers vivant en Côte d’Ivoire ? Même si les initiateurs du recensement s’évertuent vainement à faire croire que l’opération n’a rien de politique, qu’est- ce qui pourrait empêcher des étrangers recensés comme Ivoiriens de s’inscrire sur la liste électorale ? Les propos du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité trahissent les dessous poli- tiques de ce Rgph qui intervient au moment où la structure démographique de la Côte d’Ivoire a été perturbée par la guerre postélectorale de 2011. Cette guerre née du refus du candidat Alassane Dramane Ouattara de reconnaître la victoire de Laurent Gbagbo proclamée par le Conseil constitutionnel a fait des milliers de réfugiés, d’exilés ou de déplacés internes. Traqués par les combattants du camp Ouattara, des milliers de partisans du président Gbagbo croupissent en prison ou vivent dans la clandestinité, loin de leur lieu d’habitation habituel. Le régime issu du Rdr dont la collusion avec les étrangers est de notoriété voudrait profiter de ce désordre pour régler ses comptes politiques à ses adversaires qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

Jean Khalil Sella

Source: Notre Voie N°4671 du jeudi 20 mars 2014





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