Recensement discriminatoire de la population : Vers des données fausses et biaisées

Procéder au dénombrement de la population en ignorant des milliers d’Ivoiriens. C’est l’impasse dans laquelle Alassane Dramane Ouattara engage le pays.

Jeudi 20 Mars 2014 - 07:08


Il a pris le pouvoir suite au renversement de Laurent Gbagbo ; organisé les députations de façon unilatérale ; mis en place les collectivités décentralisées sans l’opposition. Alassane Dramane Ouattara est passé maître dans l’art des passages en force. Et c’est cette gouvernance aux antipodes de la démocratie qu’il tente d’appliquer à l’opération de Recensement général de la population et de l’habitat (Rgph). Depuis le 17 mars 2014, l’opération a commencé, malgré les interpellations des partis de l’opposition, particulièrement le Front populaire ivoirien (Fpi). Les réserves sont en rapport avec plusieurs facteurs, mais, essentiellement, une partie de la population. En effet, le régime Ouattara a décidé de mener, de façon cavalière, le Rgph. En voyant la fiche méthodologique, on se rend compte que l’opération de Rgph en Côte d’Ivoire va se passer en ignorant une grande partie de la population. Il s’agit de milliers d’Ivoiriens en exil et d’autres réfugiés dans d’autres régions. Outre les manquements se rapportant aux Ivoiriens exilés et déplacés, l’appel lancé par le Fpi, risque d’accroître les possibilités d’une plus grande abstention des Ivoiriens. Ainsi, en considérant les objectifs de développement du recensement général de la population, on peut dire que l’opération, qui a démarré le 17 mars, a les plombs dans l’aile et jette les bases d’un développement déséquilibré, fondés sur des données a priori fausses. Pour les concepteurs du Rgph, en dehors de l’effectif, de la structure et de la répartition de la population, l’opération vise à connaître la situation de l’accès à l’éducation de base, l’état des infrastructures socioéconomiques, l’impact de la crise sur la population, l’impact des flux migratoires. Bref, le Rgph 2014 s’inscrit dans la vocation traditionnelle des recensements généraux des populations. Concrètement, elle se veut «un outil de cadrage de la planification du développement». C’est pourquoi le Rgph devrait se nourrir de données précises et correctes. Or l’opération que mène unilatéralement le pouvoir Ouattara part sur des bases fausses. C’est pourquoi elle induit, pour le pays, le risque d’un développement planifié à partir de données erronées. En d’autres termes, si l’on prend l’exemple de la région de l’ouest, on peut dire que l’effectif et la structure de la population ne permettront pas sa bonne répartition dans l’espace géographique, concernant les infrastructures socioéconomiques et l’accès à l’éducation de base. Ces données biaisées ne permettront pas non plus d’évaluer de façon efficiente l’impact de la crise militaropolitique sur la po0pulation ; comme elles ne permettront pas d’appréhender avec justesse l’impact du flux migratoire, ni d’apprécier la situation réelle de la mortalité dans la région. Cette défaillance a forcément des implications sur l’avenir de notre pays.

Koulibaly Doucy koulibalydoucy@yahoo.fr

Source: Notre Voie N°4670 des mercredi 19 mars 2014




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