Recasement des Burkinabè du Mont-Péko/ Ouattara lance une opération d’expropriation des Wê

Une mission de repérage et de délimitation de forêt, conduite par un officier des Eaux et Forêts, sillonne en ce moment les villages riverains du Mont-Péko. Elle suscité des grincements de dents chez les propriétaires terriens.

Mercredi 20 Novembre 2013 - 04:00


Le gouvernement ivoirien, après avoir capturé le chef milicien pro-Ouattara Amadé Ouérémi qu’il a placé en «résidence protégée», s’affaire à sortir de la forêt du Mont- Péko ses compatriotes qui continuent d’y vivre. Au nombre de plusieurs centaines, Alassane Ouattara avait le choix entre rapatrier ces clan - destins burkinabè dans leurs pays d’où ils sont venus par convois ou leur trouver de nouvelles terres d’asile en Côte d’Ivoire. L’actuel numéro un ivoirien a opté pour le second choix. Non seulement, il a entrepris de déguerpir les allogènes qui pullulent dans la forêt du Mont- Péko, mais il a admis de les recaser à proximité de la réserve qu’ils habitaient frauduleusement. A cet effet, selon des témoignages recoupés par Le Nouveau Courrier à l’ouest, une opération de repérage et de nouvelle délimitation a été entreprise par un officier des Eaux et Forêts détaché auprès de l’Office ivoirien des parcs et réserves (Oipr) à Duékoué. Mandaté par ses supérieurs hiérarchiques, le capitaine Kolo, poursuivent nos sources, a confié aux populations des 13 villages riverains du Mont-Péko de refaire le tracé de la forêt du Mont-Péko. Celui-ci partira de la limite connue du Mont-Péko et progressera sur un kilomètre dans les parcelles qui reviennent – coutumièrement de droit – aux riverains des 13 villages, entre autres Bléniminhouin, Tahably, Dahably, Gézon, Goénié et Djiébly, dans le canton Tahouaké à Bangolo. C’est vraisemblablement dans cette surface longue d’un kilomètre que seront recasés les occupants illégaux de la forêt classée du Mont-Péko. Dans le village de Djiébly où l’officier des Eaux et Forêts s’est rendu la semaine dernière avec un renfort d’éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), les populations qui ont eu vent de cette nouvelle, ont manifesté leur mécontentement.

Hospitalité suicidaire !

 A l’occasion de la crise post-électorale, il y a eu une forte pression sur ce qui reste encore comme forêts dans les régions du Guémon et du Moyen-Cavally. Le peuple Wê est envahi par des hôtes venues non seulement d’autres contrées de la Côte d’Ivoire, mais majoritairement de la sous-région, notamment du Burkina Faso, du Mali, etc. pour s’accaparer les terres de gré ou de force, quelquefois sous la menace des armes. Etant donné que de nombreux Wê sont réfugiés au Liberia, leurs plantations, leurs terres sont passées aux mains des nouveaux arrivants. De 2003 jusqu’à la signature de l’accord de Ouagadougou, certaines populations, notamment de Zou lançaient des cris de détresse que personne n’entendait. A Kouibly, Facobly, Bangolo, Duékoué, Guiglo, Taï, Blolequin et Toulepleu, le scénario était le même. Des Wê sont chassés et leurs terres systématiquement occupées par des étrangers qui viennent en masse s’installer illégalement pour, non seulement exploiter les plantations abandonnées, mais créer aussi leurs plantations soit dans les forêts villageoises soit dans les forêts classées. S’est ainsi développée une colonie de peuplement. Les nouveaux arrivants sont accompagnés dans leur opération d’annexion des terres par leurs frères qui ont combattu dans la région et qui sont aujourd’hui en armes. Ils s’empressent de le faire – dans un délai bref – pour mettre l’opinion devant le fait accompli.  

Par Gilles Naismon

Le Nouveau Courrier N° 929 Du Mardi 19 Novembre 2013




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