RHDP: La vraie histoire de l’appel de Daoukro

Samedi 18 Octobre 2014 - 20:32


Henri Konan Bédié, président du PDCI, auteur de l'appel de Daoukro
Henri Konan Bédié, président du PDCI, auteur de l'appel de Daoukro
Contexte:
 
Un mois plus tard, l’appel de Daoukro continue toujours de livrer ses secrets, mais cette fois avec  des informations frappées jusque-là du sceau de la grande confidentialité.

Enjeu:

 Alors qu’il s’attendait à être célébré par les siens comme un visionnaire hors-pair, Henri Konan Bédié se rend compte de plus en plus que l’hostilité à son appel grandit chaque jour auprès des  militants et qu’il lui faudra sortir le grand jeu pour gagner une partie déjà mal engagée.

Au parti démocratique de Côte d’Ivoire, depuis un mois, on ne parle plus que de cela ; de l’appel de Daoukro,  ou l’in - jonction faite par le président Henri Konan Bédié à ses militants de se mettre à la disposition du président Alassane Ouattara, désigné par la seule volonté du prince de Daoukro, candidat unique de la coalition RHDP à la prochaine présidentielle d’octobre 2015. Et depuis lors, c’est la guéguerre entre partisans et adversaires farouches dudit appel. Si les premiers, en « bon militants », applaudissent des deux mains, convaincus que le chef ne se trompe jamais, les seconds eux, crient à la trahison, arguant que ce n’est pas le schéma tracé par le dernier congrès du parti. Et les frondeurs n’ont pas vraiment tort de prendre les choses ainsi car si on en croit des indiscrétions en provenance de la famille Bédié, avant la visite du chef de l’Etat, dans la région de l’Iffou, à la mi- septembre 2014, rien ne laissait présager un tel changement de cap. Nos sources indiquent que jusque-là, le président Henri Konan Bédié,- qui nourrissait toujours des envies de retour au pouvoir-, pour prendre sa revanche sur les putschistes qui l’ont évincé du palais présidentiel en Noël 1999, était dans la droite ligne du 12ème congrès du vieux parti. Dans cette projection, l’homme se ferait désigner candidat du PDCI par la prochaine convention du parti pour ensuite s’engager  pour la course d’octobre 2015. Aussi, pour se donner toutes les chances de succès, Henri Konan Bédié comptait se servir de l’électorat pro-Gbagbo que devait mobiliser Pascal Affi N’guessan. D’où la proximité observée ces derniers mois entre les deux personnalités, qui dit- on, se parlent régulièrement au téléphone. Malheureusement pour le prince des Nambê, la crise au FPI viendra quelque peu, brouiller les plans de ce dernier, les partisans du président Laurent Gbagbo se montrant de plus en plus, réfractaires à l’idée de participer aux prochaines élections générales. Un écueil certes mais pas encore suffisant pour faire abandonner le projet à « N’zuéba », le FPI pouvant revenir à de meilleurs sentiments d’ici octobre 2015, car en politique c’est connu, les vérités d’hier, ne sont pas forcément celles du len - demain. Aussi conscient que ce « dernier combat politique » nécessite la mobilisation de fonds importants,- qu’il n’est bien évidemment pas certain d’obtenir de la présidence ivoirienne, une fois ses intentions clairement affichées-, le président Henri Konan Bédié entreprend alors de contourner la difficulté en allant voir son vieil ami, Théodoro Obiang N’guema Mbasongo, le président de la Guinée Equatoriale, crédité d’une large surface financière. Après un séjour 5 étoiles, le  président du PDCI rentre quelques jours plus tard, de Malabo, avec de bonnes nouvelles. L’affaire est pratiquement bouclée, reste désormais l’onction de la famille Bédié pour mettre la machine en marche pour octobre 2015, surtout que la date de la convention du PDCI,- prévue initialement pour octobre 2014-, avance. C’est ici, note la source, que les choses se gâteront pour l’ancien président de la République. Car au cours du petit comité familial que convoque Bédié sur son projet de vouloir conquérir à nouveau, le graal, il butte sur le refus de femme et enfants qui trouvent l’action fort risquée. L’épouse et la fratrie expliquent qu’en cas d’adversité ouverte avec Alassane Ouattara, ils pourraient perdre tous les avantages princiers dont ils jouissent depuis trois ans et qu’en cas de défaite, les choses pourraient mal se corser davantage pour la famille. Une situation que maman Henriette Bédié dit ne pas être prête à revivre surtout après le grand traumatisme de décembre 1999. Ainsi refroidi par ceux qu’il a de plus cher ici- bas, le président Henri Konan Bédié, se résoudra alors à enterrer son rêve de reconquérir  le palais dès l’année prochaine. Mais en vieux singe, il prend le soin de présenter à Ouattara, cette infortune comme un  coup de génie politique, plutôt soucieux de la paix et de la stabilité du pays. Un choix qui n’a pas de prix et qui offre en retour, à Bédié et sa famille, un chèque en blanc aux frais de la princesse. C’est de là, soutient  la source, qu’est né l’appel de Daoukro. C’est d’ailleurs pourquoi, poursuit notre interlocuteur, mêmes les proches collaborateurs  du patron du PDCI,- en dehors de quelques fidèles parmi les fidèles-, n’étaient pas dans la confidence du discours du 17 septembre 2014, à Daoukro. Ainsi donc, jusqu’en 2020 au moins, les Bédié pourront bénéficier du traitement princier dont ils jouissent actuellement. Ce qui n’est pas fait pour déplaire à Henriette Bédié, elle dont l’ONG, « Servir », est aujourd’hui revenue à la lumière après plus d’une dizaine d’années de léthargie. Et qu’elle peut, à nouveau, aller d’un bout à l’autre, de la planète, à bord de l’avion présidentiel gracieusement mis à disposition par Alassane Ouattara.  Et les cadres PDCI, toujours au chômage, victimes de la politique du rattrapage ethnique ? Ça peut attendre les réglages promis. Et dans l’intervalle, le roi Henri peut boire tranquillement un grand vin.

Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui / N°748 du 16 octobre 2014
 




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