RESOUDRE LE PROBLEME DES INDEPENDANCES AFRICAINES ( Par BÉDI HOLY Enseignant )

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Samedi 26 Août 2017 - 18:24


« POUR LE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE, IL FAUT RÉSOUDRE LE PROBLÈME DE L’INDÉPENDANCE BLOQUÉE PAR LA QUESTION DE LA DÉFENSE ET CELLE DE LA MONNAIE » DIXIT LAURENT GBAGBO !

À la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, l’état du monde intégrait de nouvelles réalités parmi lesquelles la Déclaration Universelle des Droits de l’homme de 1948 et l’Organisation des Nations Unis (ONU) en remplacement de la Société des Nation (SDN). Le général De Gaulle, héros français de la résistance contre l’offensive nazi, est maître dans son pays. Ce soldat, habitué au « droit de la force », plutôt qu’à la force du droit, n’est pas prêt au respect de la nouvelle donne mondiale. Il voit d’un mauvais œil le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes», une disposition qui fait partie de ce que l’ONU se doitde promouvoir. C’est dans cet état d’esprit que De Gaulle taxe l’ONU de « machin », bien avant que cette institution ne se retrouve corrompue aux intérêts des oligarchies occidentales. Sachant que son pays, la France, ne vaut pas lourd sans les colonies, le général De Gaulle est farouchement opposé à l’indépendance des colonies françaises. C’est pourquoi, son pays se lance dans la guerre coloniale en Indochine, puis en Algérie. La France perdra ces guerres, tandis que là où la lutte contre la colonisation ne prend pas l’allure d’une véritable guerre, les français n’ontpas l’assurance de la victoire. La France changedès lors de tactique : De Gaulle, avec l’idée de « la Communauté Française » en 1958, décide de recruter dans les colonies des hommes de main, qui seront utilisés à tromper les peuples, en les amenant à une indépendance factice, truffée de pièges.Les plus pernicieux de ces piègesse trouvent dans l’organisation de la faiblesse des systèmes de défense et dans l’imposition d’une monnaie de servitude, le Franc des Colonies Françaises d’Afrique(FCFA)!Aujourd’hui,il faut agir pour le développement. Or, la clé de voûte du développementreste pour les États, la jouissance effective de leur droit à disposer d’eux-mêmes : l’indépendance !Car aucun État ne peut rien faire pour son développement, s’il ne peut décider de lui-même. C’est donc à juste titre que le président Laurent Gbagbo, depuis la prison de la CPI, a déclaré, selon la journaliste française Fanny Pigeaud, dans un article publié le 7 juin 2017, sur Mediapart.fr,  que pour qu’il y ait développement en Afrique, « il faut résoudre le problème de l’indépendance des États africains francophones » ; et Laurent Gbagbo ajoute que « deux points fondamentaux bloquent aujourd’hui cette indépendance : la défense et la monnaie… ».Le fait est que la France, à la suite du général De Gaulle, est restée dans le déni de souveraineté ou d’indépendance à ses ex-colonies. Alors,à travers un système d’organisation du crime d’État, « la Françafrique »,l’État français pose en Afrique des actes dignes des criminels les plus résolus. La France sèmela désolation avec des crimes crapuleux, comme l’élimination de leaders indépendantistes, dont le camerounais Ruben Um Niobé et le marocain Ben Barka,l’assassinat de chefs d’État souverainistes depuis le Togolais Sylvanus Olympio, jusqu’au au colonel Kadhafi, en passant par le capitaine Sankara, les déstabilisations perpétuelles auxquelles aucun État ex-colonie française n’échappe…Le président Laurent Gbagbo, en déclarant la défense et la monnaie comme obstacle à l’indépendance des États africains francophones, a énoncé une vérité indiscutable.La France abuse de tout dans ces États africains, surtoutaux plans de la défense et de l’économie, les deux piliers du développement.

L’organisation de la faiblesse des systèmes de défense, obstacle majeur au développement :

L’État français,au début des années 1960, a profité du fait que tout dépendait de lui,au moment de la décolonisation,pour amener ses ex-colonies d’Afrique, alors dépourvues de cadres,à rester faibles au plan de la défense.À travers des accords de dupes, la France a mis sur pied une coopération à son seul avantage, Ces accords enlèvent toute capacité de constituer des armées viables et performantes aux États africains. Tous les États africains francophones ne disposent que d’armées naines, à tout point de vue. Des termes de ces accords astreignent les États africains à abriter des bases militaires françaises sur leurs territoires ; et l’histoire de ces bases montre qu’elles constituent des armées d’occupation, d’exploitation économique et des menaces permanentes sur la souveraineté des États. Toutes choses qui bloquent le développement. Ces accords limitent fortement la coopération militaire des États africains à la seule France ;et c’est la France qui décide de quelle formation donner, comment et où former les élites militaire des États africains. L’armement est prioritairement si non exclusivement français, et là aussi, la France choisit quelles armes donner, quand et comment les donner. Si bien que lorsque le pays doit faire face à une agression armée, où la France peut être partie prenante, comme ce fut le cas de la Côte d’Ivoire de 2002 à 2011, non seulement les Français ont un total contrôle sur l’armement du pays, maisen plus,le pays se trouve à la merci de la France, pour les besoins en équipement. Les programmations militaires ne sont pas faites de façon souveraine, la France s’invitant dans tous les choix des dispositifs de défense des États africains. L’indépendance se trouve ainsi vidée de son sens, le pilier essentiel qu’est l’outil de défense n’existant quasiment pas. Le développent ne peut être de mise tant que les armées africaines seront tenues en laisse par la France. C’est pourquoi il faut libérer les armées africaines de l’étau français. Ce d’autant plus que les soldats français ont été pris la main dans le sac dans leur comportements nuisibles en Afrique :par exemple, en Côte d’Ivoire où on sait aujourd’hui que les militaires français et ceux de l’ONU étaient de mèche avec les rebelles ; et en Centrafrique où, en plus d’être pédophiles, les soldats françaisétaient devenus des orpailleurs.La France ne peut apporter que la nuisance au plan militaire. Ajouté à cela, le fait que la France refused’appliquer les accords qu’elle a signés avec les États africains, lorsqu’elle veut nuire à ceux-ci, comme on l’a vu dans la crise de 2002 à 2011 en Côte d’Ivoire. Rien ne doit aujourd’hui empêcher la dénonciation des accords de défense entre les États africains et la France !

La question de la monnaieest un élément de blocage du développement en Afrique :

En instituant le Franc des Colonies Françaises d’Afrique (FCFA), la France n’a pas fait une œuvre de philanthropie. Ce n’était qu’un mécanisme de plus grand profit dans ses territoires coloniaux. Le Franc CFA est carrément une monnaie de servitude. Le maintien de cette monnaie de servitude, près de sept décennies après l’époque coloniale, constitue une hérésie économique qui doit être corrigée. La France, du haut de son arrogance de puissance mondiale, s’affichant comme « la patrie de droits de l’homme », ne devrait pas continuer de faire le dos rond, en jouissant abusivement du labeur des peuples africains, par la confiscation des revenus des pays africains francophones dans le Trésor français, sous quelque prétexte que ce soit. Le Franc CFA, qui est le socle de cette autre duperie de la France n’a plus aucune raison d’exister. Il faut abolir cette monnaie de servitude, à laquelle nombre de spécialistes nient la qualité de monnaie. Elle constitue un blocage du développement, en permettant à la France de contrôler, décider et orienter l’économie des États africains francophones.

Le président Laurent Gbagbo a raison de dire que pour résoudre les problèmes de développement en Afrique, il faut régler la question de l’indépendance des États francophones du continent. Et que les blocages principaux de cette indépendance sont la faiblesse instituée et entretenue des systèmes de défense et l’imposition de la monnaie de servitude, le Franc CFA. Il est donc temps de dénoncer les accords de dupes qui lient ces pays à la France, en commençant par les accords de défense, et de mettre fin à l’existence du Franc CFA, pour mettre en place une ou des monnaies de souveraineté.

BÉDI HOLY

Enseignant

 




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