RDC: plusieurs morts dans des heurts entre soldats et rebelles démobilisés

CIVOX.NET
Vendredi 17 Juin 2016 - 12:46



Plusieurs personnes ont été tuées mercredi dans le sud-est de la République démocratique du Congo lors d'affrontements entre militaires congolais et anciens rebelles démobilisés, a-t-on appris de sources concordantes.

Les heurts mortels ont éclaté dans la matinée à l'occasion d'une manifestation non autorisée d'ex-rebelles cantonnés dans la base militaire de Kamina, dans la province du Haut-Lomani, et de sa répression par l'armée, selon des sources locales.

"Il y a eu des morts", a indiqué à l'AFP une source requérant l'anonymat à l'hôpital militaire local, refusant de donner un nombre précis. Des inhumations nocturnes sont prévues au sein de la base, a ajouté cette source, jointe par téléphone de Lubumbashi, la grande ville du sud-est de la RDC.

"Il y a eu des morts, c'est une certitude, mais personne ne sait exactement combien et on ne le saura peut-être jamais, très probablement une dizaine au minimum selon les informations disponibles", a déclaré à l'AFP un spécialiste des groupes armés congolais tenu à un devoir de réserve.

Selon une source militaire occidentale, "il y aurait une bonne vingtaine de morts parmi les rendus (les ex-rebelles, ndlr) selon des informations non encore totalement recoupées". Sollicitée par l'AFP à propos de ces affrontements, l'armée congolaise n'a pas donné suite.

Contacté par l'AFP, le gouverneur du Haut-Lomani, Célestin Mbuyu, a reconnu un mort, "un lieutenant des Forces armées de la RDC (...) tué à la machette par des démobilisés (...) ayant cherché à envahir le centre de la ville pour piller".

Selon M. Mbuyu, la tension couvait depuis une quinzaine de jours à la base de Kamina, où sont cantonnés 2.300 anciens rebelles venus de divers groupes armés de l'est du Congo, ex-membres de milices maï-maï (groupes d'autodéfense généralement constitués selon des critères ethniques) ou anciens du Mouvement du 23-Mars (M23), rébellion soutenue par le Rwanda vaincue en novembre 2013.

- 'Conditions difficiles' -

Les rebelles démobilisés avaient exprimé le souhait de rejoindre leur milieu d'origine et d'"échapper aux conditions de vie difficiles" de la base, a-t-il dit.

Après la défaite du M23, le gouvernement a lancé fin 2013 un programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR3) censé ramener à la vie civile plus de 12.000 miliciens congolais encore en activité.

Le programme, qui accumule les retards, ne touche aujourd'hui que quelques milliers d'anciens combattants rebelles.

La RDC demande avec insistance à la communauté internationale des fonds, mais hormis un petit financement débloqué par l'ONU, les principaux bailleurs refusent de mettre la main au portefeuille pour un programme qu'ils jugent globalement flou.

Organisés après la deuxième guerre du Congo (1998-2003), les deux premiers DDR n'ont pas mis fin à la violence dans l'est du pays et la réussite du DDR3 apparaît comme un élément crucial en vue de de l'aboutissement des efforts internationaux pour la stabilisation de la RDC.

Kamina avait déjà été le théâtre d'une mutinerie d'ex-rebelles mécontents de leur sort et de leurs conditions de vie, tout comme la base de Kitona, autre centre du DDR3, à l'extrême ouest du pays.

De source militaire occidentale, on craint que les affrontements de mercredi, signe patent des limites du programme, ne dissuade encore un peu plus les rebelles de déposer les armes, ou ne freine davantage le rapatriement des anciens du M23 réfugiés au Rwanda ou en Ouganda.
TV5 MONDE




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