Qui sauvera Alassane Dramane Ouattara ?

Samedi 11 Août 2012 - 04:00


Dramane Ouattara pleurant à chaudes larmes
Dramane Ouattara pleurant à chaudes larmes
Alassane Dramane Ouattara : voilà un homme qui, selon le président Laurent Gbagbo, a été obsédé par le titre de chef d’Etat. Cet homme, Alassane Dramane Ouattara, imposé à coups de bombes et de génocides par des armées étrangères, est depuis le 11 avril 2011 à la tête de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, plus d’un an après son accession violente au pouvoir, il peine non seulement à régler les véritables problèmes des Ivoiriens au nombre desquels : la sécurité, la cherté de la vie, le chômage, la réconciliation nationale… En plus de ses difficultés propres, il n’arrive même pas à satisfaire les attentes de ses propres partisans. Gbagbo nous avait pourtant tous prévenu : «Les plus enchantés de son camp commenceront bientôt à se poser des questions sur ses prétendues relations qui feraient pleuvoir des milliards sur le pays. Et puis, cela m’étonnerait qu’on l’ait installé pour le bonheur du peuple ivoirien…»
Alassane Ouattara est un bien étrange chef d’Etat. D’un genre unique donc exceptionnel. On se souvient encore que c’est grâce à un décret spécial du président Laurent Gbagbo qu’il avait pu se présenter à la présidentielle d’octobre-novembre 2010 en tant que « candidat exceptionnel ». Alassane Ouattara, chef d’Etat exceptionnel, est arrivé au pouvoir après une véritable guerre notamment après ce que certains ont appelé la « bataille d’Abidjan ». Arrivé donc au pouvoir grâce à une intervention militaire et surtout grâce aux armées françaises et onusiennes en plus de mercénaires de la CEDEAO, Ouattara est aujourd’hui face à un dilemme : comment gérer son manque de légitimité et après celui de respecter ses nombreuses promesses faites à la population ivoirienne qui commence à s’impatienter. Surtout que les supplétifs ou associés des Frci auxquels il a promis une maison et 5 millions se sentent trahi et ne sont pas prêts à se laisser faire. La question mérite donc d’être posée : qui sauvera Alassane Dramane Ouattara ? Cette question est d’autant plus légitime surtout après les multiples attaques éclatées des derniers jours où quelques individus, non encore identifiés, ont selon le Nouveau Courrier, « humilié Ouattara » en montrant la fragilité criarde du régime. Comment un camp militaire comme celui d’Akouédo peut-il être occupé si facilement au point que ce nouveau « commando invisible » aille se servir dans la poudrière dudit camp sans être inquiété ? Comment le régime Ouattara, sur lequel la France et l’ONU, veuille comme du lait sur le feu, a-t-il pu ignorer qu’une attaque de cette envergure était en préparation ? Les questions semblent infinies devant une telle réalité. Car il faut bien reconnaître qu’au-delà des apparences le régime d’Abidjan est plus fragile qu’il en a l’air. Michel Galy, éminent politologue français l’avait bien dit.

Parrains en faillite


 
L’actuel chef de l’Etat ivoirien s’est toujours affublé du titre « de brillant économiste », d’ « hommes aux richissimes amis » bref de celui dont chercher l’argent est le travail. Devant ses difficultés actuels à remettre l’économie du pays en marche, on se demande bien sur quoi comptait-il pour jouer, selon encore le président Gbagbo, au « Douk Saga politique ». Allusion faite ici à sa propension à distribuer des milliards dans les villes pendant la campagne présidentielle passée. Sur qui pourra-t-il compter pour lui donner les quelques 13 milliards d’euros dont il a besoin pour exécuter son utopique programme de gouvernement. Surtout que ses parrains occidentaux sont tous en faillite économique accumulant sommet sur sommet sans pouvoir résoudre la grave crise de la dette qui les empêche tous de dormir. Les Européens sont incapables de sauver la Grèce membre de l’Union européenne. Il y a l’Espagne et l’Italie qui sont très fragiles actuellement économiquement. Même la France est encore dans la zone rouge. Les plus sceptiques des économistes européens prédisent même la disparition de l’euro. On assiste non seulement à la désertification industrielle de l’Europe mais aussi, conséquence logique, à une hausse du taux de chômage sans précédent. Il faut ajouter à cela la difficulté des occidentaux à tenir le niveau de la concurrence chinoise et son offensive en Afrique. Les Etats occidentaux eux aussi se plaignent de concurrence déloyale. Ah bon ? Ces mêmes occidentaux ne trouvent rien d’injuste lorsqu’ils renversent des régimes pour garantir leur approvisionnement bon marché en matières premières, lorsqu’ils pratiquent des dumpings agricoles (Etats-Unis en tête et Union européenne) … La Chine vient de doubler sa ligne de crédit aux pays africains d’un montant de 20 milliards de dollars. On se rappelle bien que les pays membres du G8 n’avaient pu tenir leur promesse d’augmenter leur « aide au développement » entre 2005 et 2009. Où va-t-il donner de la tête notre « rattrapeur-solutionneur en chef » ?

Une armée inexistante : dozos et Frci acteur de l’insécurité rapprochée


Quant on arrive au pouvoir comme Alassane Dramane Ouattara, on a une unique obsession : la sécurité de son régime. Si on devrait donner une note au régime dramaniste à propos de la sécurité, les derniers événements achèveront de nous convaincre que nous vivons sur une poudrière à ciel ouvert. Car dans un pays où des dozos s’érigent en juge de la république organisant des procès, procédant à des expéditions punitives avec la complicité de ceux sur qui compte la population pour assurer sa sécurité, un pays où le ministre de l’intérieur s’auto-proclame procureur de la république faisant preuve de devin en donnant les résultats d’une enquête en cours, un pays où de simples soldats défient le chef de l’Etat lui-même, en rejetant du revers de la main plusieurs ultimatums présidentiels, quelle sécurité peut-il régner ? C’est simplement une république bananière qui se construit sous nos yeux ! Une république wouya-wouya. Comment comprendre que les affrontements entre Frci deviennent si récurrents ? C’est peu de le dire, il y a de gros nuages à l’horizon si rien n’est fait de façon concrète pour juguler le mal qui s’aggrave !
Dans ces conditions il faut reposer la question : qui sauvera Alassane Dramane Ouattara ? Dur dur de gérer ce pays devenu simplement ingouvernable ! Surtout qu’on avait qu’à recompter simplement les voix comme dans toute démocratie mature et sérieuse. A la place l’on a préféré bombarder le pays et distribuer des armes d’assaut à tous venus prisonniers de droit commun y compris avec plus de 3000 morts et un génocide à la clé ! Juste pour le pouvoir !
Ce qui est certain un mandat présidentiel dure seulement 5 ans. Nous sommes en août 2012 et il reste moins de 3 ans. 2015 n’est plus loin. L’heure des bilans arrivera bientôt ! Le temps est un autre nom de Dieu ! A dit un visionnaire !
Que Dieu nous garde dans ce pays où la vie humaine ne vaut plus un clou !
Imhotep MAÂT

imhotep_ouhem.mesout@yahoo.fr
 




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