« Qui ne dit mot consent »

Vendredi 24 Janvier 2014 - 05:58


Soro Guillaume
Soro Guillaume
« SILENCE IS CONSENT » Monsieur Guillaume SORO, le président de notre Assemblée Nationale, s’est invité dans la crise politique burkinabé. Pourquoi ? Pourquoi s’est-il senti concerné ? Pourquoi s’est-il senti obligé de s’y impliquer? « Qui ne dit mot consent » La réponse à cette interrogation nous a été donnée par Mme Saran Sérémé Séré, Présidente du Parti pour le Développement et le Changement (PDC), en ces termes : "Nous ne saurions vous rappeler, Monsieur Guillaume SORO, en tant que président de l’Assemblée Nationale de la Côte d’Ivoire, pays frère, les textes qui régissent les relations internationales. Si votre réaction est motivée par le fait que vous êtes un burkinabé d’un village du Yatenga ou tout autre village, affirmez-le clairement, le cas échéant, taisez vous en attendant d’être sonné et mandaté comme médiateur régional dans les affaires burkinabé". En tout cas, Monsieur Guillaume Soro n’a jusque-là pas parlé, ni réagi aux propos de Mme Saran Sérémé Séré, présidente du Parti pour le Développement et le Changement (PDC), pour y apporter le moindre démenti. Or, comme disent les Anglais, « silence is consent », ce qui se traduit en français par « qui ne dit mot consent », c’est-à-dire que si une personne ne se manifeste pas, du moins reste silencieuse face à une déclaration ou à une accusation, cette personne donne implicitement son accord ou son adhésion ; autrement dit, cette personne ne nie rien. Ceci justifierait-il cela ? Mais, ceci justifierait-il le fait que Monsieur Guillaume Soro soit insensible et indifférent au sort des IVOIRIENS qui sont morts, en prison et en exil ? Ceci justifierait-il le fait que Monsieur Guillaume SORO participe, sans état d’âme, à l’entreprise diabolique de destruction de la Côte d’Ivoire ? Ceci justifierait-il le fait que Monsieur Guillaume Soro préside, avec fierté et sans pudeur, aux votes de lois absurdes, liberticides et antisociales qui défient tout bon sens ? Ceci expliquerait-il le fait que Monsieur Guillaume Soro avalise la politique de "rattrapage ethnique » qui permet à Alassane Ouattara de placer, à des postes-clés de notre état, des médiocres, des pseudo-intellectuels, des cancres et des incultes qui veulent masquer leurs insuffisances, nullités et carences en incriminant, pourchassant et déportant les vrais fils et filles de notre pays ? Ceci justifierait-il le fait que Monsieur Guillaume Soro soit devenu ennemi de notre pays, « rebelle » et chef de guerre des rebelles du Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) ? Etc. «La Côte d'Ivoire au bord du gouffre» Tout le monde sait que les rebelles sont des individus hors-la-loi, en armes, sans civisme, sans foi, sans éducation, pour la plupart analphabètes ou demi-lettrés, manquant de bon sens et d'«esprit des lois» (Montesquieu), et prétendant imposer leur volonté et leurs caprices, tels des cow-boys dans les films westerns d'antan. Tout le monde sait que les rebelles n’étaient intéressés que par leur enrichissement personnel et que leur objectif, en vérité, était la prise du pouvoir par Alassane Ouattara auquel Soro Guillaume, par affinité, s’est rallié. Tout le monde sait que les rebelles ont semé la misère au nord et dans l’ensemble des régions qu’ils ont assiégées et pillées depuis plus de dix ans. Tout le monde sait que, en Côte d’Ivoire, les rebelles ont pillé toutes les richesses et toutes les ressources minières du Nord de notre pays, notamment l’or et le diamant, devenues les biens personnels des chefs de guerre. Tout le monde sait que les rebelles ont démantelé les banques, les entreprises publiques et privées, les micro-finances, les services administratifs de l’Etat, les coopératives agricoles et même les domiciles privés, etc. Tout le monde sait que, sous la menace de leurs armes, les rebelles ont arraché les vies et les biens des pauvres populations sans défense, détruit systématiquement toutes nos infrastructures et structures de santé, de communication et d’éducation. Tout le monde sait que les rebelles avaient leur caisse noire appelée «La Centrale» dans laquelle ils recueillaient l’argent extorqué aux citoyens à travers des impôts et les taxes parallèles qu’ils ont institués. Tout le monde sait que les casses des agences de la BCEAO, tout comme les recettes du café, du cacao, du coton, de l’anacarde…, ont rapporté plus de 1.000 milliards aux rebelles. Et, tout cet argent tiré des trafics et du pillage de l’économie notre pays était investi dans les pays complices de la rébellion, singulièrement au Burkina-Faso où la plupart des chefs rebelles possèdent des racines, des soutiens et des domaines pour une retraite dorée, sans conscience, après les tueries perpétrées depuis 2002, ainsi que leurs exactions et leurs barbaries que nous gardons en mémoire et qui sont consignées dans les journaux, dans les livres d’histoire, et dans le livre de Guillaume SORO intitulé «Pourquoi je suis devenu un rebelle» et sous-titré «La Côte d'Ivoire au bord du gouffre» (Editions Hachette, Paris, 2005). Mais attention, ne nous y méprenons pas ! Les leçons de l’Histoire L’Histoire retient le cas Maurice Papon. Celui-ci était impliqué dans l'arrestation et la déportation des Juifs de la région bordelaise, entre 1942 et 1944. Quoiqu’il eût occupé de très hautes fonctions, il a été inculpé, plus de 40 ans après, notamment en 1983, à la suite de plaintes déposées en 1981, a été jugé à partir d'octobre 1997 et condamné le 2 avril 1998. L’Histoire retient aussi que le leader de l’UNITA, M. Jonas Savimbi, avait résisté longtemps, très longtemps, de 1962 à 2002, et qu’il avait été à la fois un chef charismatique d’un « Mouvement patriotique », un stratège, un «nationaliste» intransigeant et obstiné avec un parcours exceptionnel, un rebelle jusqu’au bout, du moins jusqu’à la mort. Certes, la mort l’a, finalement, rattrapé et emporté pour nous rappeler ce célèbre dicton : “On ne récolte que ce que l'on sème”, ou encore pour instruire que, sur cette terre des hommes, tout se paye (sous-entendu, -un jour ou l'autre-), tel que dans sa chanson « Au-delà de mes Limites » le dit Rohff, en ces termes : « T'as fait du bien, tu seras payé T'as fait du mal, tu le paieras Ici-bas Faut pas croire Ici bas Tout se paye Tous tes actes, tes pensées, ton oseille Tôt ou tard, Ici bas Tout se sait Vu qu'les corps et les murs ont des oreilles On vivra c'qu'on mérite Tout se paye Tout se paye, tout se paye… »… Ainsi va la vie.


Léandre Sahiri, (Docteur ès Lettres, professeur, écrivain).




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